PRÉFECTURE DE LA GIRONDE
Bordeaux, le 29 mai 4863.
Le SéneUeur chargé de V administration du départe» ment de la Gironde au rédacteur en chef du Cîoiirrier de la Gironde :
Monsieur^
Vous m'avez adressé par la voie de votre journal une lettre dans laquelle vous me demandez pourquoi l^administration traite en suspects, mieux qne cela, en ennemis, des hommes tels que M. Dufaure^et pourquoi elle parait tant redouter son entrée à la Chambre • . •
liorsque M. Dufaure annonce dans sa prochmation que priver les écrivains de la liberté d'écrire, c'est enlever à la nation la faculté de savoir, que gêner la parole de ses représentants, c'est la priver elle-même du droit de se faire entendre, il émet deux faits faux.
Je ne discute pas la loyauté de son caractère, mais je le combats précisément parce qu'il peut être à ce point aveuglé, qu'il croit qu'il n'y a en France ni liberté de presse, ni liberté de parole et de tribune.
L'admmistration le combat encore, parce que M. Dufaure déclare que les événements dont il a été le témoin attentif depuis douze ans, au lieu d'ébranler ses convictions, les ont fortifiées. Eh bien! si M. Dufaïu'e ne sait pas reconnaître ce que Tempire a donné à la France de grandeur, de force, de gloire et de prospérité, ce qu'il a fait pour les classes ouvrières ; s'il ne sait pas voir que, devançant l'opinion publique, l'Empereur a pris çt prendra Pinitiative de toutes les réformes libë-
raies, et que lui seul peut couronner son œuvre par la liberté dont les factions coalisées relarderont Tavènement, M. Dufaure est suspect ou ennemi!
Agréez, Monsieur, Tasburance de ma considération très-distinguée.
Le Sénateur chargé de V administration du département de la Gironde^
PlÉTRl.
(Communiqué,)
Nous reproduisons, comme type, la collection des circulaires confidentieltes adressées par M. le préfet d'IUe-et- Vilaine aux maires du département. On peut y suivre pas à pas toutes les phases de la lutte électorale si vive et si caractéristique en
Bretagne .
PRÉFECTURE D ILLE-ET-VILAlNfi^
CABINET DU PRÉFET
{Confidentielle,)
Rennes, \î mai 4863.
Monsieur le maire^
11 résulte de tous les renseignements qui me parviennent, qu'une lutte électorale très-vive se prépare dans plusieurs circonscriptions du département.
Je suis informé, en effet, que tous les ennemis de
V Empire et de mon administration , sans distinction d'origine ou d'opinion, 8e proposent de combattre de concert les candidats du Gouvernement de l'Empereur. Une association aussi anormale, monsieur le maire^ entre des partis qui Jusqu'à ce jour^ n'ont pas cessé de lutter les uns contre les autres, nous indique jusqu'à quelles extrémités se laissent entraîner les ennemis de l'Empire dans la voie de Thoslilité et de l'ingratitude t
Les populations ferontjustice, j'en ai le ferme espoir, d'une manœuvre si peu conforme au caractère et aux sentiments du pays breton.
Les populations apprécient^ je le sais, les bienfaits qu'elles ont reçus de l'Empire, et elles ne se tromperont pas sur le but que se proposent d'atteindie les partisans de la coalition qui m'est annoncée entre des membres du parti légitimiste, du clergé et du parti républicain.
Le pays, depuis cinq ans, monsieur le maire, dans toutes les élections, a condamné, en donnant au Gouvernement de l'Empereur de loyaux, auxiliaires, les prétentions et les attaques de tous les partis hostiles à TEmpire.
Le pays ne se démentira pas.
Il est, toutefois, dès à présent incontestable^ monsieur le maire, qu'une lutte électorale, organi^^^ée par les partis hostiles dans de pareilles conditions, nous autorise h prendre toutes les dispositions en notre pouvoir, pour garantir contre toute atteinte la liberté des élections, au moment du vote et aux abords du scrutin.
Je vous invite, en conséquence, à vous mettre en mesure^ sans aucun retard d'organisation. Vous pourrez faire appel, à ce sujet, au concours des électeurs eux-mêmes, et, s'il y a lieu, au dévouement des membres de votre conseil municipal. — Je ne désire pas seulement, monsieur le maire, c^ue les électeurs se )irononcent dans chaque circonscription en faveur du candidat du Gouvernement de l'Empereur. Je suis ré-
stki à employer tou» les moyem en men pouvoir pour que la nianifestation de Topinton du pays se produise eu tonle liberté et de la manière la plus régulière.
Âgréi'z, monsieur le maire, Passtirance de ma considération la plus distinguée^
Le préfet d'Ille-et-Vilaine,
P. FÉART.
m . le maire de la commune de
PRÉFECTURE D'ILLE-ET-VILAINE
CABINET DU PREFET
(Confidentielle,)
Rennes^ le 45 mal 4 963.
Monsieur le maire,
Une lutte électorale est au moment de s'engager dans votre commune, entre M. de Daimas, candidat du Gouvernement de TEmpereur, et M. de Kerdrel, candidat de l'opposition.
Celte lutte, je Tespère, se produira, monsieur le maire, dans toutes les conditions de liberté et de légatué que la loi nous commande de maintenir pour tous les électeurs sans exception.
Je ne saurais, dès à présent, toutefois, me dissimuler, d'après les renseignements qui me parviennent, que les partis hostiles à l'empire ne se feront pas scruptile de répandre dans le pays, à Toccasion de cette lutte, les plus regrettables et même les plus odieuses calomnies contre le gouvernement, contre Vadministration préfcctoi'ale et contre le candidat qui, après le
YOfage d« r«gi|^rattr en BretagM^ a dKanu» êam ki arronditt^HMDtf de FiNigères et de Vitré, 99^000 màU frages «ir 30,000 voUnlt.
Je crois devoir, par ce motif^ montieur }e maire, et ea raison même des graves circonstances dans les* quelles nous nous trouvons, vous communiquer et vous prier de faire connaître à tous vos subordonnés les instructions du gouvernement aua fonctionnaires publics.
Le gouvernement demande à tous les fonctionnaires publics de se souvenir, conformément au serment qu ils ont prête, qu'ils doivent à Tempire le concours de toute leur influence.
Vous m'avez prouvé, monsieur le maire, que, sous ce rapport, je pois compter sur vous.
Je vous serai reconnaissant, toutefois, de profiter de toutes les occasions qui pourront vous être données de faire connaître Timportance que le Gouvernement de IMimpereur attache au succès de la candidature de M. doDialmas.
Je désire , en outre , qu'en toute circonstance , monsieur le. maire, vous n'hésities pas à indiquer à vos administrés, comme je le ferai moi-même, la différence qui existe entre un candidat comme M, de Dalmas et un candidat comme if. de Kerdrel,
M. de Dalmas a donné, en toute occasion^ le plus loyal concours à mon administration et au Gouvernement de l'Empereur.
M de Kerdrel a donné sa démission de député en 1852) d'après ses propres expressions, pour ne pas proclacner TEmpire, et aujourd'hui il s'associe tous les adversaires de TAUTORiTa pesprctoralc de ce pays.
M. de Dalmas m'a secondé dans l'exécution de toutes les mesures que j'ai adoptées pour la restauration des édifices religieux, pour l'amélioration et Tinstallation des écoles et des mairies.
Il . de Kerdrel, je me crois autorisé de le penser, mon-
sieur le maire, ne défendrait pas^ avec 4e même dévoûinent que M. de Dalmas, les intérêts de l'administration civile et de toutes les institutions impériales dans le département d'Ille-et-Vilaine.
Il est vrai que les amis de M. de Kerdrel prétendent que s'il était nommé, il défendrait plus utilement que M. de Dalmas les intérêts religieux.
Il me paraît difficile que les populations de Fougères et de Vitré puissent partager ces avis.
Le Gouvernement de l'Empereur, monsieur le maire, protège plus efficacement que les partis ne sauraient le faire les intérêts du Pape et da monde catholique.
Des partis , en effet , qui cherchent à ébranler TEmpire assument beaucoup trop facilement la responsabilité de priver , s'ils pouvaient réussir , la papauté de la seule puissance politique qui , après la protection divine^ soit actuellement en mesure de sauvegarder les intérêts du catholicisme.
Les populations, au contraire, qui persévèrent dans leur dévouement à l'Empire font preuve, tout à la fois, et dans l'intérêt même du monde catholique, de reconnaissance et de prévoyance.
Je ne pense pas, par ces motifs, monsieur le maire, que les amis de M. de Kerdrel puissent revendiquer légitimement pour ce candidat le privilège exclusif de l'aptitude à bien défendre les intérêts religieux.
« M. de Dalmas a servi utilement les intérêts du catholicisme en votant, toutes les fois que l'occasion lui en a été donnée, sur la demande même du Gouvernement de r Empereur, les dépenses si nombreuses et si importantes qui ont pour principe et pour but la protection accordée au Saint-Père par le Gouvernement de l'Empereur.
M. de Dalmas s'est associé aux demandes du parti catholique toutes les fois qu'il a pu le faire sans ingratitude pour l'Empereur et sans danger pour l'Empire,
6t j'ai la ferme confiance que les amis du Gouvernement sauront gré au représentant qu'ils se sont donné d^avoir soutenu de son concours le Gouvernement qui protège le Saint-Père et garantit le repos de la France.
Je ne crois pas, d'ailleurs^ monsieur le maire, que les populations des arrondissements de Fougères et de Vitré appellent de leurs vœux un régime politique qui placerait toute l'organisation municipale et toute l'organisation politique dans les mains de Tatilorité religieuse. '
J'ai la conviction, à tous ces titres, monsieur le maire, qu'en i863 comme en 1859, les populations des arrondissements de Vitré et de Fougères sauront tout à la fois défendre leur indépendance contre les entreprises des partis et se montrer reconnaissantes des bienfaits qu'elles ont reçus de l'Empire.
La question que les électeurs sont appelés à résoudre dans la lutte ouverte entre M. de DaJmas et M. de Kerdrel est^ au reste, nettement posée au pays.
Les amis de VEmpire et du développpemerU des institutions impériales voteront pour M. de Dalmas.
Les adversaires de ces institutions voteront pour M. de Kerdrel.
Je vous invite, monsieur le maire , à contribuer, dans la mesure de votre position, à faire apprécier à ce double point de vue, à vos administrés, toute la portée du vote qui leur est demandé.
Nous devons, d'après les belles expressions de M. le ministre de l'Intérieur^ ne nous adresser, à l'occasion des élections, qu'à la raison et au cœur des populations.
Je vous serai très-obligé, monsieur le maire, de me seconder dans l'accomplissement de ce devoir.
Je suis heureux, d'ailleurs, de pouvoir vous informer que je reçois d'un grand nomibre de points de la circonscription électorale de Fougères et de Vitré les
— ISO —
ha pittf fitomU^ an «oeeès é% te ettididatore de M. de Daim».
Je receTni avec intérêt^ fno&meitr le «Hare , tontes les commiuiications ^pm vom jugereft epportun de m'adresser au sujet des prochaines élections.
J« vous prie de m^iecuser réc^tion de cette dép€eiie«
r le n'ai pasjiesotii d'ajouter^ d'aUtears^ que vous devez eoBsidërer la présente coinraunication comme tout à 4a«t personnelie et eonfiiêtUieUê,
Agréez^^ je vous prie , monsieur le maire, !an»tif elk Miorance de mk eomidératiefi la pk» disti^ngnëe^
Le préiet d'Ille-et-Vikine^
P. Haut.
Monsieur le maire de la conunune de <A»t«fra|^.)
WIÉFBCTURE D'HAl-ET-VILAWi;.
CABINET PU PKiFBT*
{l^ersonneHe.)
Rennes, fO mai 1S63.
Honneur le mure,
Les partis hostiles ont déjà répasidu et ils s'cflbrcenl de propager de nombreuses calomnies.
Je suis persuadé que ▼ous saurez mettre tos administrés à rabri de cette regrettable tactique de Toppositfon.
H est un bruit, toirtefois, qui me concerne personnellement et que je tiens à démentir immédiatement.
Il est aflirmé qu'après les élections je serai éloigna de ce pays.
Ce bruit^ monsieur le maire, est complètement faux^ et je vous autorise à le démentir.
J'ai demandé a TEmpereur lui-mêine, iatm la dernière audience que Sa Majesté a bien voulu m'accorder, de me maintenir dans ce pays.
Sa Majesté a bien voulu, monsieur le maire^ m'encourager dans ma persévérance.
Il est incontestable, en effet, que si, par un nouveau travail de plusieurs années, je ne complétais pas mon œuvre, tous les résultats que j'ai obtenus pourraient être considérablement amoindris. Le Gouvernement n'est pas disposé à favmser le retour des précédentes difKtcultés préfectorales.
Je suis rësoki, de mon côté, à ne pas abandonner frs fonctionnaires et les populations qui^ depuis cinq ans, se sont engagés^ rar ma demande, dans toutes les lottes que j'ai soutenues et que je tiens, par un nouveau travail de plusieurs années, à mener à bonne fin dans rintérèt du département et de l'Empire.
Agréez, monsieur le maire, l'assurance de ma considéntioQ la pl«s distinguée,
Le préfet d'Ille-et-Vilaiae, P. Fèaut.
H. le maire de la commune de
PRÉFECTURE D'ILLE-ET-VILAINE
CABINET DU PRÉFET
(Confidentielle.')
Rennes Je 2S mai 4863.
Monsieur le maire^
Je suis informé que les partis hostiles à TEoipire 8*efforcent par tous les moyens d'empêcher les électeurs de Toter en faveur de M. de Dalmas^ candidat du Gouvernement de l'Empereur.
Je signale particulièrement à votre attention le fait suivant : J'ai acquis la certitude que M. de Kerdrel, candidat de l'opposition et de la coalition des partis hostiles^ adresse aux curés et desservants tous les imprimés qu'il destine aux électeurs.
Aucune preuve plus complète ne pouvait nous être donnée^ monsieur le maire^ du rôle très-hostile et trèsanormal que se propose de prendre le clergé dans la prochaine lutte électorale.
Il est évident que les candidats de la coalition n'adresseraient pas leurs communications aux électeurs par l'intermédiaire des curés et des vicaires, et qu'ils ne feraient pas de chaque presbytère un dépôt de leurs imprimés électoraux^ si le clergé n'avait, dès à présent^ résolu de les seconder dans leurs attaques contre les candidats du Gouvernement de l'Empereur.
J'ai à ce sujet des informations très-précises.
Je vous invite par ce motif, monsieur le maire, à vous mettre dès à présent en mesure de me signaler et même de neutraliser, en temps utile, Tillégitime
pression que le clergé se propose d'exercer avant et pendant le scrutin sur les électeurs de votre commune. Agréez^ monsieur le maire» l'assurance de ma considération la plus distinguée,
Le préfet d*Ille-et-Vilaine,
FÉART.
Monsieur le maire de la commune de
PRÉFECTURE D'ILLE-ET-VILAINE
CABINET DU PRÉFET
(Confideniielle,)
Rennes, le 35 mai 4863.
Monsieur le maire^
La loi TOUS autorise à dresser procès-verbal de tous les abus qui pourront se produire dans votre commune à Toccasion des élections.
Je vous rappelle ce droit et ce devoir.
Il ne vous appartient pas seulement^ en effet» de prendre dans votre commune toutes les mesures nécessaires au maintien de Tordre et du repos publics.
Il est de votre devoir et de votre droit de constater^ en votre qualité d'officier de police judiciaire, tous les faits qui seraient de nature à justifier ultérieurement des poursuites devant les tribunaux.
Je vous autorise^ d'ailleurs, monsieur le maire^ dans le cas où les abus dont il s'agit ne vous paraîtraient pas comporter des poursuites judiciaires^ à m'adresser sur ces abus, à défaut de procès-verbaux, des rapports aàmmifilratifs.
Le Corps législatif, dans ces condilions^ pourra se prononcer en parfaite connaissance de cause sur tous les incidents qui pourront se produire à l'occasion des élections^ et^ de mon côté, je me trouverai en mesure soit d'assurer immédiatement rexéculion de la loi, soit de demander des instructions au Gouvernement.
Vous saurez remplir, j'en suis convaincu, monsieur le maire, ta mission qui vous est confiée, dans les graves circonstances oîi nous nous trouvons, par la loi et par le Gouvernement, quels que puissent être le caractère ou la fonction des auteurs des abus que je signale à toute votre vigilance^
Je vous prie de m'accuser réception de la présente dépêche.
MlÉFECTUftE D1LLE-ET-V1LAINE.
CABINET DU PRÉFET
(Cenliiemielle,)
Rennes, le S5 mai 4863.
Monsieur le maire,
Je suis informé que dans un grand nombre de communes, le presbytère est devenu le centre et le foyer des manœuvres les plus actives et des attaques les plus vives contre les candidats du Gouvernement de TEmpereur.
J'ai le ferme espoir, monsieur le maire, que le pays saura résister aux entraînements et aux sollicitations de tous les partis hostiles à TEmpire.
Il me parait indispensable, toutefois, en présence de l'attitude très-anormale que vient de prendre le clergé, de vous indiquer les devoirs que nous avons à remplir.
Je TOUS invite^ fiar ces motifs^ monsieur le niaire^ à rappeler, en toute occasion, rattention de nos administrés sur les considérations siiÎYantes :
ii est faux de prétendre que la religion soit mise en danger ou en question^ et de soutenir que voter pour le candidat de l'opposition, c'est voter pour le pape.
11 est injuste de contester les services rendus à la religion par le Gouvernement.
Je ne saurais trop vous encourager, à tous ces titres, monsieur le maire, à recourir à tous les moyens de ]iersuasion en Totre pouvoir pour prévenir, sur ces graves questions, toute erreur de la part de vos administrés, et j'espère qu'il est temps encore de faire connaître à ce sujet, par votre intermédiaire, toute la vérité aux populations qui seront disposées à se laisser entraîner par les partis dans la voie de Toppositicn.
Les partis hostiles, monsieur le maire, en posant comme il le font la question religieuse^ à Toccasion de la question électorale, ne servent ni la papauté ni la religion.
Us les compromettent très-inopportunément dans une lutte politique.
Les partis, en etîet, sont si peu en mesure de sauvegarder les intérêts de la papauté et de la religion que, si TEmpire pouvait être sérieusement ébranlé, comme ils le désirent, les intérêts de la papauté, comme tant d^autrcs, seraient profondément menacés.
Les amis du Gouvernement de FEmpcreur, à tous CCS titres, monsieur le maire, représentent mieux et peuvent mieux servir que tous ses adversaires et ses ennemis les intérêts de la religion.
Je ne conteste pas qu'il soit dans le droit des électeurs de se préoccuper des intérêts de la papauté.
Je suis profondément convaincu que le moyen em* ployé par les partis hostiles est directement contraire au but qu'ils prétendent poursuivre.
Ces considérations, je l'espère, monsieur le maiie,
pourront vous permettre d'édifier vos adversaires sur la véritable portée du vote qui leur est demandé^ soit par les candidats de Topposition, soit par les candidats du Gouvernement de TEmpereur.
Il vous appartient, d'ailleurs^ d'apprécier dans quelle mesure il peut être opportun, dans votre commune^ d'appeler l'attention de vos administrés sur ces graves questions.
Je me borne à vous signaler qu'il est de notre devoir de faire tous nos efforts pom* détruire^ parla discussion et par la persuasion, tes erreurs, les malentendus ou les calomnies répandus depuis quelques jours dans le département.
Les partis hostiles, croyez-le bien , monsieur le miire, se préoccupent bien moins de défendre le pape que d'attaquer l'Empire.
PRÉFECTURE OMLLE-ET-VILALNE.
CABINET DU PRÉFET
{Confidentielle.)
Rennes, 29 mal 4863.
Monsieur le maire,
Je suis informé que des ecclésiastiques se proposeraient de se rendre en grand nombre dans la salle du scrutin au moment de l'élection.
Il est de votre devoir, daiisune semiilable situation, de prévenir de regrettables conflits et d'assurer la liberté du vote.
Je vous autorise par ce motif à appeler en mon nom tous les fonctionnaires et employés, en résidence dans votje commune ou dans votre canton, à vous prêter.
s'il y a Jieu^ leur concours personnel pour assurer la liberté du vote et la régularité des opérations électorales.
Je vous adresse ci -après une copie des instructions et des articles de la loi que vous pourrez avoir à appliquer.
N. 12 (bis).
PRÉFECTURE D1LLE ET-VILAINE
CABINET DU PRÉFET
{Confidentielle.)
Rennes, 29 mai 4863.
Monsieur le maire^
Je suis informé de toutes les menaces qui sont adressées en ce moment à tous les fonctionnaires par les partis hostiles à l'occasion des élections.
Ces menaces^ monsieur le maire ^ n'ont aucune valeur .
Le Gouvernement de T Empereur connaît aujourd'hui ses amis et ses ennemis.
Je vous donne de nouveau l'assurance, par ce motif, que vous serez soutenu et protégé dans Faccomplissement de tous vos devoirs de loyal fonctionnaire.
Je vous autorise en outre à afiirmer hautement que l'appui du Gouvernement ne fera défaut à aucun des amis de l'Empire.
Le temps est passé où les fonctionnaires dévoués à leur devoir pouvaient être exposés à la persécution des adversaires et des ennemis du Gouvernement.
Je suis personnellement plus que jamais résolu à demander au Gouvernement de TEmpereur de me permettre de continuer l'œuvre politique que j'ai comniencée dans le déparlement d'ille-et- Vilaine.
Circulaire du Préfet de l'Eure aux Pompiers.
Évreux, le 16 mai 4863.
Mon cher commandant^
Il n'est pas de concours que je puisse réclamer avec plus de certitude que le vôlre et celui des hommes que vous commandez.
liCs relations qui existent cuire vous^ les pompiers et musiciens du département et moi, me garantissent Tënergique dévouement que je rencontrerai toujours en eux.
Je ne rappellerai pas tout ce i^ue j ai pu faire pour leur organisation matérielle^ tn?tée de tous leurs camarades des autres départements; je n'ai eu d autre bat^ en agissant ainsi, que de les mettre mieux à même de porter à leurs concitoyens des secours effîcacesi que de domer plus d'éclat à toules vos fêtes communales. Je ne rappellerai pas l'empressement qu'ils ont^ dans toutes les occasions^ rencontré en moi pour leur être utile; je ne faisais qu acquitter ma dette de reconnaissance envers eux, qui n'avaient cessé de m'accuetilir avec tant de cordialité. Je me lK)rnerai à leur répéter que les témoignages de sympathie dont ils m'honoraient, toutes les fois qu'il m'était donné de me trouver parmi eux, étaient trop chaleureux pour laisser le moindre doute de leur sincérité. Je viens donc sans hésitation leur dire :
a Mes amis, le 31 mai et le i*' juin prochain^ vous « êtes appelés à nommer votre député. Je recom* c( mande à vos suffrages des hommes honorables, cr capables, dévoués à vos intérêts. La plupart d'entre
a vous les connaissent et savent combien ils sont ser* ce viables^ généreux; combien ils sont aimés des a ouvriers au milieu desquels deux d'entre eux ont u vécu.
« Les conseils que j ai pu vous donner ont toujours, a vous le savez, été dictés par une aifection, je le dis (( Imutemeut, par une reconnaissance que j'aime à (( proclamer; toujours vous m'avez trouvé le même (( après comme avant la victoire. Eh bien! aujourif d*liui encore^ écoutez ma voix : je suis dos vôtres; (f ayons Tesprit de corps^ et que chacun de vous c( marche au scrutin, ayant pour guides dans son coeur (( son Empereur, son Pays et son Préiet: et si quelce qucs jaloux viennent critiquer votre dévouement, c( faites risJcs de ces injures, dictées par la passion et (( le dépit. »
Voilà, mon cher commandant, ce que je vous prie de faire connaître à vos hommes : avec eux je dois tout espérer.
Agréez, mon cher commandant, Tassurance de mes sentiments les plus dévoués.
Le préfet de FEure.