PRÉFECTURE DE SEINE-ET-OISE
CABIMBT DU PREFET.
{Confidenlielle.)
Versailles, le i5 mai 1863.
Monsieur le maire,
Vous avez pris connaissance de la circulaire adressée aux préfets par M. le ministre de Tlnlérieur au sujet
des prochaines élections. Elle aura eu de Tëcho dans vos sentiments. Le Gouvernement dit hautement Timportance qui s^attache à celte solennelle manifestation de l'opinion publique, quels sont les hommes qui lui inspirent le plus de confiance, ceux dont le dévouement lui paraît être le plus sûrement acquis à l'Empereur^ à sa dynastie et à nos institutions.
En les recommandant au choix des électeurs, le gouvernement rend, comme dit M. le ministre de rintérieur, « un hommage mérité à des hommes a honorables, d'un dévouement éprouvé, et qui, avant a de recevoir le patronage de l'administration, étaient a désignés par les sympathies de leurs concitoyens. »
Dans ma tournée pour le conseil de révision, j'ai déjà eu soin de vous faire connaître que M. le baron Caruel de Saint-Martin était le candidat sur lequel le gouvernement appelait les suffrages des bons citoyens, dans la circonscription dont votre commune fait partie. Je vous ai demandé, pour le succès de sa candidature, Tappui de votre active et honorable influence
Demandez-leur, je vous prie, d'assurer de nouveau le succès de sa candidature; faites appel, pour l'obtenir, au concours des citoyens les plus honorables de votre commune. Votre parole loyale et sincère aura de l'influence sur eux. Demandez Tappui des membres de votre conseil municipal; les sympathies d'hommes aussi honorables, qui se recommandent à la considération de tous par la légitime confiance qu'ils ont obtenue de leurs concitoyens, ne pourront qu'être très* profitables à la candidature que nous soutenons, et elles seront en même temps pour elle un honneur précieux. J'ai le plus ferme espoir qu'elles ne lui feront pas défaut.
Vous rappellerez aux électeurs de votre commune que c'est pour tous un devoir de se rendre aux élections, de répondre à l'appel loyal et sincère qui leur est fait.
Sans gêner la liberté des votes, vous emploierez la légitime et honorable influence que vous exercez autour de vous à éclairer vos concitoyens^ à rallier au candidat du Gouvernement le plus grand nombre possible de suffrages.
Si une candidature hoslile se présentait^ les sentiments de loyal dévouement à TEmpereur, que je vous connais, me donnent l'assurance que vous la combattriez résolument et sans hésitation; mais viendraitelle elle-même à s'annoncer sous une apparence de modération^ *vous la repousseriez aussi
Les amis du gouvernement comprendront qu^il ne faut pas laisser diviser leurs voix, qu'ils doivent les porter avec ensemble, avec union^ sur le candidat du Gouvernement ; que ce n'est pas tout que ce candidat soit élu, mais qu'il faut encore qu'il le soit par un nombre considérable de voix.
Le préfet de Seine-et-Oi.*'e,
Comte de Saint-Marsault.
P. S. — Ayez soin de faire placer à la porte de la mairie, et dans les lieux les plus apparents de votre commune^ l'affiche indiquant le nom aes candidats du Gouvernement de TEmpereur,
Vous voudrez bien aussi faire aflicher dans les mêmes endroits la circulaire du candidat du Gouvernement, que vous allez bientôt recevoir.
Vous voudrez bien donner des ordres pour que ces diverses affiches ne soient ni déchirées ni enlevées.
Si de nouvelles ai'tiches vous étaient nécessaires, veuillez les demander; elles vous seraient envoyées aussitôt.
Cette lettre vous est personnelle ; vous ne devez donc en donner copie à personne. Mais rien ne s'oppose à ce que, si vous le jugez convenable^ vous en fassiez la lecture aux membres de votre conseil municipal et aux divers fonctionnaires de votre commune.
Lettre de M. le préfet d'Indre-eHoire à Thonorable M. Gouin, député.
Tours, le 40 mai 4863.
Monsieur^
Son Excellence Monsieur le ministre de Tlntérieur me charge de vous prévenir que si vous voulez conserver Vattitude que vous m'avez annoncée dans l'élection de Ckinon, ii considérera voire conduite comme un acte d'iiostilité; qu'il proposera à TËmpereur un autre eandidat h votre place.
Je vous prie de vouloir bien me faire connaître exactement votre réponje, et de me )a faire parvenir par Tordonnance qui vous remettra ce pli.
Agréez..,.
Signé : le préfet,
PODEVIN.
La publication de cette lettre tut suivie du communiqué »uiTant :