‹ La lutte électorale en 1863Chapitre 61 sur 91 · COLAS · texte numérisé non relu

COLAS

Lucien Jean, —

Le Journal de la Vienne, journal gouvernemental, a publié, le 4 avril, la note suivante :

c( Hier, M. de Soubeyran a fait parvenir à monsieur le maire de Poitiers une dépêche annonçant que le conseil d'État vient de voter l'emprunt de la ville de Poitiers.

a C'est une très -grosse et très-bonne nouvelle que nous donnons à nos concitoyens, en leur faisant con-

naître cette précieuse dépêche. Elle porte sur ses ailes du travail pour dix ans^ et du bien-être dans une proportion considérable.

a M. de Soubeyran, à qui nous devons beaucoup de gratitude, s^est empressé de communiquer à monsieur le maire le vote si désiré. C^est une attention dont les électeurs lui saurorU gré sans doute,

a Maintenant^ il faut résolument se mettre à Tœuvre^ et penser que le premier coup de pioche va retentir dans tous les cosurs. — Â. Piogbard^ »

Extrait du Journal de la Vienne (du 30 mai 1863).

Poitiers, 30 mai.

M. de Soubeyran y qui est un candidat nouveau^ nous est favorablement connu. 11 a pris^ avec ses deux collègues du conseil général^ une part active au vote qui a décidé Tachèvement immédiat des chemins vicinaux^ si utiles aux habitants de nos campagnes.

Le Crédit foncier de France^ dont il est sous-gouverneur^ est un établissement auquel les communes rurales ont souvent recours pour leurs emprunts. M. de Soubeyran, dans ses hautes fonctions ^ nous rendra d'importants services.

Nous nous bornerons à signaler son active

intervention dans les questions relatives à rétablissement d'une succursale de la Banque de France à Poitiers^ au chemin de fer de Poitiers à Limoges^ aux autres lignes intéressant le département^ aux emprunts communaux et départementaux à Toccasion des grands travaux qui vont assurer pour longtemps Taisance des classes ouvrières non-seulement dans le chef-lieu du département de la Vienne^ mais encore dans de nom-

breuses et importantôs communes, notamment dans celles de Loudun, Neuville, Lencloitre, Chasseneuil, etc.

Extrait du Mémorial du Poitou (numéro du

17 mai 1863).

« A monsieur de Soubeyran! » par M. Léon Guellerin, adjoint au maire de Lencloître.

M. Guellerin a commencé par remercier M. le maire de lui avoir laissé le soin d'être auprès de M. de Soubeyran Tinterprète de la reconnaissance publique pour tout le bien qu'il a déjà fait à Lencloître, ^ C'est ici le lieu de dire que, depuis assez longtemps^ le maire de Lencloître avait préparé, avec la collaboration successive de M. Rancné, dont la mémoire est chère au pays, et de M. Guellerin, qui l'a dignement remplacé comme adjoint|Un projet de construction qui devra, comme on Va. mentionné plus haut, former le complément de la place et réunir plusieurs services publics, 11 s'agira d une dépense d'environ 80,000 fr. M. le sous-préfet de Chatellerault, M. le préfet de la Vienne avaient contribué de tous leurs moyens à la maturité du projet. Mais par une activité digne des plus grands éloges, M. de Soubeyran est parvenu à faire rendre le décret et à assurer les moyens d'exécution. C'était, quant à présent, le comble des vœux de Lencloître.

Qu'on juge des applaudissements qui ont couvert la voix vibrante de M. Guellerin quand il a appris à toute la population cette nouvelle, qui n'avait pas encore transpire.

il a eu à peine besoin de rappeler que Lencloître était rattaché à la circonscription électorale dans la-

quelle se produit la candidature de M. de Soubeyran.

Les cris répétés de : Vive M. de Soubeyran ! ont dû lui révéler les sentiments de gratitude et les dispositions des bons habitants du pays.

f Le succès de l'allocution de H. Guellerin a été complet.

M. de Soubeyran a paru profondément touché des marques de sympathie dont il est Tobjet^ et il en a expnmé tout son bonheur dans quelques paroles qui ont été recueillies avec soin, quand il a porté un toast à la prospérité de la ville de Lencloitre.

Lencloître peut donc prendre le titre de ville, M. de Soubeyran le lui a décerné.

Lencloître. — - M. le préfet vient de transmettre à M. le sous-préfet de Châtellerault, pour qu^il soit notifié à M. le maire de Lencloître : !<> le décret du 20 mai 1863, qui déclare d'utilité publique la construction d'une mairie, d'une justice de paix, d'une halle et d'une salle d'asile ; 2" l'autorisation d'emprunter la somme de 75.000 fr., nécessaire à la construction des nouveaux édifices.

Extrait de la protestation de M. de Montesquiou, contre l'élection de la 2* circonscription de la Vienne.

<x ,,. Des habitants de Lencloître, les mieux placés pour connaître les affaires communales, ont dit et ré-

pètenl encore CjHe Temprunt de 75,000 fr., remboursable en trente ans, a été contracté moyennant une annuité qui repr\' nte, oulie Tintérêi à 5 p. 7o^ juste ramortissement «it iâ somme prêtée, sans aucune commission pour le cr^^dit foncier, à la condition toutefois qu'une somme égale à celle de 1 emprunt serait souscrite par des tiers en obligations communales de Temprunt de la commune de Lencloitre. Et en quoi cette souscription, fût-elle faite pardes habitants de la localité, pourrait-elle justifier la suppression de toute commission, c'est-à-dire du seul bénéfice réservé à la société? Les obligations communales se placent par les receveurs généraux et par les notaires : elles sont même quelquefois souscrites avec prime, et les communes qui empruntent n'en paient pas moins une commission.

N. 60 (bis).

Saiut-Léger-lès-Gharnay, le 4*' juin 4863.

Monsieur,

Je ne veux pas terminer une journée ennuyeuse sans vous communiquer le résultat du scrutin que nous venons de dépouiller en ce moment dans ma commune.

Sur 522 électeurs inscrits, iSS se sont prononcés pour M. de Barbantane, candidat patroné, comme disent les circulaires administratives; 160 ont voté pour vous cl 179 se sont abstenus.

Pour arriver à ce résultat.... je ne vous dirai pas toutes les promesses et tous les moyens d'intimidation qui ont été employés, mais je ne veux pas passer sous silence un fait qui ne serait pas croyable s'il n'était pas vrai. Je veux parler de Faffichage, quinze jours avant les élections, et de la publication le matin même des

élections d'un chemin de fer qui est remis sur le tapis pour la troisième fois dans les mêmes circonstances. Je puis vous en parler sciemment^ car j*ai été réveillé à cinq heures du matin par le son de la caisse, au milieu de mon domaine qui ne renferme pas d'autres habitations aue celles de mes vignerons. La circulaire administrative annonçait seulement que le chemin de fer était mis à Fétude; mais le sous-secrétaire disait, par la bouche du crieur public : a Si vous ae votez pas pour Tadministration, vous n'aurez pas votre chemm. »

Dii meliora parent! c'est le souhait de votre tout dévoué serviteur.

Signé : Bàllard.

Extrait du journal le Corrizien (jeudi 21 mai).

TOTAGE DE S. £XC. M. ROUHRR, MINISTRE DE l'aCRIGUL- TURB^ DO COMMERCE ET DES TRAVaUI PUBLICS, DANS LA CORRÈZE.

Arrivée de S. Exe, M. le Ministre à Brives.

Lundi dernier, iS mai, M. Rouher, ministre de ^agriculture, du commerce et des travaux publics, est arrivé à Brives.

Son Excellence était attendue à la gare de cette ville par M. le préfet de la Corrèze, M. le baron de Clamecy, sous-préfet de Brives, M. Meynard, conseiller de préfecture, M. Bareau, ingénieur en chef des ponts-etchaussées et M. Mathieu, avocat à la cour impériale de Paris, candidat du Gouvernement de TËniplereur aux prochaines élections pour l'arrondissement de Brives.

La grande avenue de la gare et les boulevards jusqu'à la sous-préfecture avaient été ornés de mkii vénitiens et de drapeaux tricolores : toutes les maisons étaient pavoisées.

Vers le milieu de l'avenue^ un arc de triomphe garni de feuillages et d'écussons^ et portant au fronton les inscriptions : Vive l'Empereur ! à Son Excellence M. Rouher, ministre 1 avait été élevé sous la direction de M. Dumas, architecte de la ville de Brives. C'est là que le maire de Brives et ses adjoints, le conseil municipal^ les membres de la légion-d'honneur, les médaillés de Sainte- Hélène^ les fonctionnaires et les notabilités de la ville, devaient se réunir pour recevoir et complimenter Son Excellence; la compagnie des sapeurs-pompiers servait d'escorte; le corps de musique organisé par M. Darnet a bien voulu, sur l'invitation de M. le maire, prêter sotl concours à cette solennité.

M. le Ministre était accompagné par M. Bohat^ préfet de la Conèze, M. de Franqueville, directeur général des chemins de fer, et M. Bareau, ingénieur en chef. M. Mathieu était aussi arrivé dans la voilure de Son Excellence.

Lorsqu'on s'est trouvé réuni dans le grand salon d'honneur de THôtel-de-Ville. M. le maire de Brives a prononcé le discours suivant :

Son Excellence M. Rouher a répondu à cette allocution de bien-venue sur un ton parfait d'urbanité et de bienveillance : il a dit qu'il n'était pas seulement venu dans la Gorrèze pour satisfaire à des sentiments bien précieux d'affection de famille, mais qu'il avait eu aussi en vue d'interroger et de vérifier par lui-même les besoins du pays ; qu'il tenait surtout à concilier, dans l'intérêt de toutes les parties du département, le débat auquel donnait lieu rétablissement du réseau de chemin de fer. Dans un langage élevé, digne de

rhomme d^état éminent qui a inauguré en France le régime de la liberté commerciale. Son Excellence a montré la merveilleuse influence qu'étaient appelés à exercer sur la richesse de notre pays ces instruments rapides de circulation et d'échange, véritables auxiliaires de la liberté inaugurée dans les traités récents.

Les paroles de M. le Ministre ont été plusieurs fois couvertes par les acclamations de l'auditoire. Son Excelletice a ensuite interrogé M. le maire de Brives sur les besoins de la localité, écoutant avec beaucoup d'attention et d'intérêt soit à l'Hôtel-de- Ville, soit plus tard dans les salons de la sous-préfecture , tous les renseignements qui lui ont été donnés sut* les grands travaux projetés par la ville de Brives, sur la question relative à la principale avenue de la gare, en un mot sur les améliorations nombreuses depuis longtemps désirées dans la localité.

Réception faite à Son Excellence par les communes de

Chameyrac H de CorniL

Sur la limite des communes de Chameyrac et de Cornil, au lieu dit Chez Bttssière, étaient réunis deux mille cultivateurs parés de leurs habits des dimanches; échelonnés sur les accotements de la route impériale, ils attendaient avec une vive impatience le passage de Son Exe. M. Rouher; — ils venaient de nouveau acclamer TEmpereur, et saluer dans M. le ministre le Colbert du xix® siècle. Grands et petits, riches propriétaires, modestes cultivateurs, tous spontanément avaient couru au rendez- vous.

M. Hugo, maire de Chameyrac; M. Estorges, maire de Cornil; les honorables desservants de ces deux communes marchaient en tête de cette grande manifestation, dont le souvenir (nous aimons à le croire) sera toujours agréable à Son Exe. M. le ministre.

Un arc de triomphe avait été préparé ; aux guirlandes de fleurs et de feuillages étaient joints de nombreux instruments d^agricuUure.

Sur le fronton on lisait l'inscription suivante ; Les habitants des communes de Cornil et Chameyrac au Ministre de l'agriculture. Vive V Empereur!

On voyait aussi des écussons sur lesquels était gravé le chiffre de Son Excellence.

Son Excellence M. Rouher veut bien dire à M. Hugo qu'il savait tout le dévouement de ces populations, honnêtes et laborieuses^ au gouvernement de l'Empereur; que les travaux du chemin de fer, si nécessaire au débouché des produits agricoles de la Corrèze, commenceront immédiatement.

M. Hugo a eu Thonneur d^exposer h M. le ministre que, dans le projet du chemin de fer dressé par les ingénieurs^ l'établissement d'une station avait été fixée au pont de Cornil.

a — Vous devez l'avoir, votre population est assez importante, vous Taurez. »

Arrivée de Son Exe. M. Rouher dans la ville de Tulle»

L'arrivée de Son Exe. M. le ministre de l'agriculture, du commerce et des travaux publics, avait d'abord été annoncée pour dimanche.

Notre ville de Tulle, heureuse et fière de recevoir un tel hôte, s'était parée de son mieux aûu de lui témoigner sa reconnaissance. L'expression de sa joie fut arrêtée par une dépêche annonçant que Son Excellence n'arriverait que lundi.

Parvenu à l'arc de triomphe, Son Excellence est descendue de voiture. M. Lafond de Saint-Mûr s'est avancé à sa rencontre et lui a adressé l'allocution suivante que nous sommes heureux de pouvoir reproduire ,:

a Monsieur le ministre^

« lie conseil municipal delà ville de Tulle, ses habitanlSy mes collègues des cantons voisins sont fiers et profondément heureux de Thonneur qu'ils reçoivent en ce moment. La France doit à vos facultés d^initiative la réforme des douanes, la suppression de l'échelle mobile, le régime des traités de commerce et le développement de nos grandes voies de communication. Sa gratitude est grande pour le ministre qui sert TEmpereur d'un dévouement aussi fécond.

a Le souvenir de la visite de Votre Excellence,que nous devons à notre habile et bien-aimé préfet, sera impérissable dans nos annales; il y a quelques jours, elle nous dotait d^un chemin de fer; il n'est que le prélude de voies nouvelles dont nous poursuivons la création de tous nos efforts, et nous vous remettons avec une entière conBance le soin de cet avenir, sur lequel nous avons bien des fois appelé toute la sollicitude de Votre Excellence. Je ne saurais assez^ M. le ministre^ me féliciter d'être l'interprète fidèle des sentiments de toute une population auprès de Téminent homme d'État qui a conquis un nom a jamais illustre, et qui personine si bien le rang juslific par Téclatdu mérite: 1 entourer de nos hommages, c'est nous honorer nous-mêmes. »

M. le ministre a répondu à M. Lafond de Saint-Mûr qu'il venait, au nom de l'Empereur, étudier les besoins de la Corrèze, rechercher les moyens pour donner le plus grand essor à son agriculture par la création de nouvelles voies de communication.

Son Excellence, par des paroles saisissantes, a fait ressortir tous les bienfaits que la France doit au gouvernement de FEmpereur, tou»les progrès réalisés par l'industrie et par l'agriculture.

M. le mmistre a dit que les populations delà Corrèze, qui avaient donné les preuves d'un dévouement sans borne à Napoléon III, accepteraient avec confiance et

sans réserve les candidats présentes par le gouvernement dans les prochaines élections, --i II à terminé en adressant à M. Lafond de Saint-Mûr des paroles trèsflatleuses : — M. le ministre a dit qu'il avait su apprécier la position prise au Corps législatif par notre honorable député^ ses succès à la tribune^ et qu'il le comptait au nombre des amis dévoués du gouvernement.

Les cris répétés par la foule de vive M. le ministre! vive M. le préfet! ont répondu aux dernières paroles de Son Excellence.

Mardi Son Exe. M. Rouherabien voulu accorder une audience aux députations venues de Tarrondissement d'Ussel et du canton d'Uzerche.

M. le ministre a écouté avec la plus grande bienveillance les demandes qui lui étaient adressées.

Les mandataires de rarrondissement d^Ussel et du canton d'Uzerche espèrent que les vœux par eux exprimés seront accueillis^ et qu'un jour viendra où ces contrées seront traversées par les lignes de fer de Tulle à Limoges^ et de Brives à Clermont par Ussel.

M. de Franqueville, conseiller d'Etat, directeur général des chemins de fer^ et M. Mathieu^ candidat du Gouvernement de l'Empereur pour la deuxième circonscription électorale de la Corrèze, se trouvaient auprès de M. le ministre^ pendant qu'a duré la réception officielle des autorités civiles et militaires de Tulle.

Extrait du journal le Corrézien (samedi 23 mai).

VOYAGE DE SON EXCELLENCE H. ROUHER, MINISTRE DE l'a- GRICULTtJREy DU COMMERCE ET DES TRAVAUX PUBLICS, DANS LA CORRÈZE.

Arrivée de Son Excellence M. Rouher dans la ville de

Tulle.

Mardis les membres de Tex-commission d'enquête

des chemins de fer ont eu Phonneur d'être reçus par M. le ministre de Tagriculture, du commerce et des travaux publics.

Par L'organe de leur président^ ils ont exprime à Son Excellence leurs sentiments de profonde gratitude pour Taccueil bienveillant qui a été fait aux observations consignées dans le procès-Verbal d'ehquêle.

M. le ministre a répondu à la commission de la manière la plus gracieuse^ avec cette hauteur de vues^ cette parole qui distinguent Tëminent homme d'Etat,

Son Excellence a dit les idées^ les projets du Gouvernement de TEmpercur en vue de substituer les chemins de fer aux routes départementales et même aux chemins vicinaux^ et a démontré^ par des chiffres^ que leur exécution ne grevait qu'en apparence le budget de TEtat; — qu'en ajoutant au bien-être général, ils contribuaient à accroître, dans une large mesure^ la fortune publique.

Voulant adopter Tordre chronologique dans notre récit, nous ne pouvons pas donner encore le compterendu des journées de mercredi et jeudi ; — Son Excellence a visité Beaulieu, Uzerche, Lubersac, Pompadour et Yigeois. Les correspondants particuliers du journal n'ont pas eu le temps de nous faire connaître les détails de ces voyages si heureux, si utiles pour les intérêts du département de la Corrèze.

Son Excellence M. Rouher étudie avec la plus grande sollicitude les besoins, les intérêts de tous les départe-* ments; il cherche les moyens d'introduire les lignes ferrées dans les pays déshérités jusqu'à ce jour de ces voies de communications. — Que Son Excellence daigne se rappeler son voyage en Limousin, et nous restons convaincus que le département sera traversé par des chemins de fer.

Extrait du journal le Corrézien (jeudi 28 mai).

votàgb de s. b. m. rouhbr^ ministrb db l'agrigulturb^ du comubrcb bt dbs travaux publics, dans la

CORRiZB.

Passage ds S. Ea)c. M. Rouher à Beaulieu.

A Beaulieu se trouvaient réunis tous les maires du canton^ ceux des cantons de Meyssac et de Beynat, un nombreux clergé et plusieurs membres du conseil général et du conseil d'arrondissement.

Son Excellence a accueilli avec la plus grande. bienveillance les demandes qui lui étaient adressées; — il a bien voulu dire que des études sérieuses se faisaient pour les tracés des chemins de fer corréziens .

Extrait du journal le Corrézien (mardi 26 mai).

Passage de S.Eœc» M. Rouher dans la ville d'Uzerche,

L'arrivée à Uzerche de M . le ministre de l'agriculture^ du commerce et des travaux publics, avait été annoncée le mercredi 20 pour le jeudi 21 courant.

Son Excellence était attendue par le conseil municipal, les autorités civiles et religieuses^ les corps constitués et les fonctionnaires de la ville^ sous un arc de triomphe dressé pour la recevoir.

MM. les maires et adjoints du canton et des communes environnantes, au nombre de vingt au moins^ revêtus des insignes de leurs fonctions, toutes les notabilités de la ville et du canton, suivies de nombreux habitants de la campagne, s'étaient empressées de venir à l'avance de M. )e ministre et de se joindre aux autorités locales. Une foule compacte encombrait toutes les avenues .

A neuf heures du matin, Tarrivëe de H. le ministre a été annoncée par le bruit des bombes et des cloches qui sonnaient à toute volce.

Son Excellence était accompagnée par M. de Franqueville, directeur général des chemins de fer; par MM Bohat, préfet de la Gorrèze ; Boris, ingénieur en chef des ponts et chaussées de la Gorrèze ; Bareau et Doutres, ingénieurs.

La voilure de M. le ministre était précédée de quelques minutes par celle de M. le baron ae Glamecy, souspréfet de Brives^ oîi se trouvait aussi M. Mathieu, candidat du Gouvernement pour la deuxième circonscription.

M . Materre^ maire et membre du conseil général^ s'est avancé au-devant de Son Excellence et lui a adressé le discours suivant^ que nous sommes heureux de pouvoir reproduire :

a Monsieur le ministre^

« La ville d'Uzerche, heureuse de l'honneur inespéré que Voire Excellence veut bien lui faire de s'arrêter aujourd'hui, (|uelques instants, dans ses murs, s'empresse de venir saluer, en la personne de l'un de ses grands ministres dont s'honore la France, le représentant de l'Empereur • . .

a À ces sentiments permettez-nous de joindre aujourd'hui ceux de notre vive reconnaissance pour lesbonnes paroles que vous avez daigné nous faire entendre, paroles dont nous n'avons été que les échos inhabiles, mais qui ont comblé de joie nos populations. L'étude approfondie que vous avez faite depuis longtemps de la question des chemins de fer coi réziens, la peine que vous avez voulu prendre de venir chercher, sur les lieux, les moyens de concilier tous les intérêts engagés dans cette grave affaire, si importante pour notre département et pour la ville d'Uzerche en particulier, ne nous

permettent pas de douter de votre bienveillante sollicitude et nous ont fait concevoir les plus belles espérances^ pour une prompte réalisation de son vœu. b. .

H. le ministre a répondu en termes saisissants, que nous regrettons de ne pouvoir reproduire, combien il était touché de raccueif qu'il recevait à Uzerche ; que les populations avaient raison de se montrer dévouées et fidèles à TEmpereur, qui avait tant fait pour la gloire et la prospérité de la France; qu'il ne manquerait pas d'exposer à Sa Majesté les vœux de la ville d'Uzerche

Sour le rétablissement d'un quatrième arrondissement. [. le ministre a ajouté^ en réponse au désir exprimé en ce qui concerne le chemin de fer^ que cette affaire rentrait plus particulièrement dans ses attributions; qu'il avait reçu mission de l'Empereur de venir dans la Gorrèze étudier les moyens de doter ce département de voies de communication devant faire profiter bientôt le pays des avantages qu'elles procurent^ en donnant un plus grand essora Tagriculture et à Tindustrie; que cette question^ objet de toute sa sollicitude^ne pourrait tarder à obtenir une solution.

Une nouvelle explosion de cris de : Vive l'Empereur! Vive M. le ministre ! Vive M. de Franqueville! Vive M. le préfet! s'est fait entendre.

M. Materre, maire de Lonzac, M. Valette, maire de Chamboulive^ M. le juge de paix Lavialle de Lainaeil- 1ère, les adjomts et un grand nombre des habitants de ces deux communes, ayant appris que Son Excellence devait passer jeudi à Uzerche, avaient voulu venir présenter à l'émment ministre de Napoléon III Thommage de leur profond dévouement à l'Empereur.

Cette députation a exprimé, par l'organe de M, Materre, la reconnaissance des habitants de ces contrées^ par suite de la décision que Son Excellence avait prise le 19 mai courant, autorisant l'ouverture immédiate d'une enquête sur le projet de déviation de la route

impériale, n® 140^ de Figeac à Montargis par le Lonzac et Chamboulive. M. le ministre^ en répondant à cette députation, lui a fait concevoir de grandes espérances pour la réalisation d'un projet ardemment désiré.

M. le maire, après les présentations, a fait remar-

Îuer à Son Excellence la direction projetée du chemin e fer de Limoges à Brives, et lui a fourni tous les renseignements qu'elle a bien voulu lui demander sur les points qui nécessiteraient des travaux d^art, sur Fimportance de ces travaux et sur remplacement de la çare. M. le ministre s'est montré satisfait des indications qui lui ont été fournies.

Pendant que M. le ministre traversait le tunnel, H. le maire a cru devoir lui faire remarquer que les travaux d^étanchements, récemment exécutés, étaient incomplets ; que le crédit de 22,000 fr. alloué pour cette réparation n'avait pas permis d'appliquer jusqu'au fond des parties latérales le ciment Gariel, ce qui laissait subsister l'humidité sur les murs non recouverts et sur les trottoirs dangereux en toute saison, et surtout pendant Thiver. M. le ministre a fait appeler immédiatement M. Boris, ingénieur en chef, et lui a donné l'ordre de préparer sans retard un projet pour la continuation des travaux. Les cris de : Vive l'Empereur ! Vive M. le ministre ! ont de nouveau retenti sous les voûtes sonores du souterrain.

Un chant national entonné spontanément par une foule de jeunes gens a produit un effet merveilleux.

Arrivé sur le viaduc construit sur le Bradascou, M. le ministre s'est arrêté pour remarquer la vallée de ce ruisseau et la place où doit être établi, pour le chemin de fer, le viaduc destiné à franchir l'espace à traverser pour passer de la vallée du Bradascou dans celle de la Vezère,

Visite de Son Excellence M, Rouher au Conseil municipal

de la ville de Tulle,

Son Excellence M. le ministre a voulu exprimer lui* même aux représentants de la ville de Tulle ses remerciements de l'accueil chaleureux et sympathique qui lui avait été fait par la population.

Les membres du Conseil ont été appelés à l'hôtel de ville, vendredi, pour y recevoir la visite dont Son Excellence voulait bien l'honorer.

A neuf heures du matin, M. le ministi e, en habit de ville, portant le cordon de Grand-Croix de la Légion d'honneur, sortait à pied de l'hôtel de la préfecture, accompagné de M. le préfet et de M. de Franqueville, conseiller d'Etat, directeur général des chemins de fer et des ponts et chaussées, commandeur de la Légion d'honneur. Le son de la grande cloche, les salves d'artillerie, les tambours du poste de la mairie battant aux champs, ont annoncé son arrivée à l'hôtel de ville.

M. le ministre a dit ses impressions de voyage dans la Corrèze : « Ce département vaut mieux que sa répu- « tation; il est pittoresque, il charme les yeux; il n'est ce pas pauvre comme on le croit ailleurs. Un avenir « brillant lui est réservé, car sa production doit s'éa tendre beaucoup, surtout lorsque ses produits pourront « s'écouler plus facilement. Et à ce propos, a ajouté a Son Excellence, je puis vous dire (|ue les questions ce relatives aux chemins de fer Corréziens seront proa chainement résolues. »

Son Excellence a invité M. le maire et les membres du conseil à lui exprimer les vœux et les besoins de la ville de Tulle; daignant offrir d'en prendre note en ce

qui concernerait son département^ offrant gracieusement de transmettre à MM. les ministres^ ses collé* gués, ceux qui seraient en dehors de ses attributions.

M. le maire a été heureusement inspiré en adressant ]es félicitations du conseil à M. de Franqueville^ à Thabile et intelligent directeur général des chemins de fer et des ponts-et-chaussées^ qui depuis huit ans a concouru, par ses connaissances spéciales^ par Tapplicalion de ses grandes facultés administratives, à la réalisation des idées de TEmpereur et du ministre.

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