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On écrit de jBréal (lUe-et-Vilaine), au JoWruU des Villes et des Campagnes : *
Monsieur le directeuri
Le 26 msd dernier, je reçus de M. le préfet la lettM
suivante :
« Rehnes, S16 mai 4863.
a Monsieur le maire,
« 11 résulte des renseignements qui me partienfièAt, que mon adminiàtratioh ne pourrait pas compttf lUf votre concours à l'occasion des élections.
« f < serais httureux^ nionsieur le maive, iê reoevoir
de vous l'assurance que ces renseignements sont sans fondement.
oc RecevBB^ monsieur le maire> l'assurance] de ma considération très^^distinguée.
(X Le préfet dM Ile-et-Vilaine,
« Signe : P. FeabI. »
le répondis immédiatement à M» le préfet :
€ Bréal,28maii863.
« Monsieur le préfet,
«( Par votre dépèche de ce jour^ vous me dites qu'il résulte des renseignements qm vous parviennent, que votre administration ne peut compter sur mon con** cours à Toccasion des élections, et que tous seriez heu-* reux de recevoir de moi l'assurance que ces renseigne-ments sont sans fondement.
a Monsieur le préfet, ne pouvant, dans une lettre, entrer dans des détails que je pourrais vous donner de vive voix, je renvoie ces bruits à leurs auteurs.
a Lorsque, il y a huit ans, l'administrai ion^ faisant appel à mon dévouement, vint m'ofifrir les pénibles fonctions de maire, j'acceptai difficilement^ parce que, outre ma qualité de notaire, que vous comprenez facilement, il convenait à la nature de mon caractère de rester indépendant de toute fonction politique. Toute»" fois, investi de ces fonctions et sous Tinfluence de mon serment, serment que je ne regarde point comme une vaine formule, j'ai cru devoir prêter, en toutes circonstances, mon concours à radministratioi) , parce qu'en effet elle n'a rien exigé de moi jusqu'ici et ne saurait exiger rien qui blessât ma dignité et ma conscience.
a Mais vous le savez, monsieur le préfet, c'est dans les
circonstances actuelles que s'assouvissent les petites rancunes.
a Quoi qu'il en soit^ malgré cette petite phalange d'ennemis^ je n'en resterai pas moins jusqu'au bout fidèle à mon devoir^ à mon honneur et à ma conscience d'homme et de citoyen. Je resterai calme au milieu des événements qui m'attendent, et j'aurai toujours pour consolation de n'avoir pas, par un zèle exagéré, compromis ni trahi personne.
« Agréez, monsieur le Préfet, l'hommage de mon profond respect, s
Ma suspension a été la réponse à cette lettre; or, je déclare et j'atteste que, si je n'ai pas adressé à M. le préfet, conformément à ses désirs, des rapports confidentiels sur les menées des partis légitimiste et républicains, comme aussi sur les démarches du clergé, je n'ai pas, néanmoins, distribué un seul bulletin de vote pour le triomphe de mon bien honorable et bien digne sonfrère Duclos, ni dit à qui que ce soit de ne point voter pour le candidat du Gouvernement. J'ai donc complètement obéi aux prescriptions de Son Excellence M. le ministre de l'Intérieur.
Loin de moi de faire remonter à TEmpereur ces actes arbitraires. Les flatteurs sont les pires ennemis des j^ouvernements.
On cherche aujourd'hui à rendre suspects les gens les plus honorables, les plus honnêtes, à susciter contre les classes élevées des haines et des rancunes, à exciter de la défiance contre le clergé... Cela s'appelle « émanciper les maires et le pouvoir municipal de rinfluence cléricale. ï> Mais Dieu sera pour nous !...
Agréez, monsieur le directeur, l'assurance de mes sentiments les plus distingués.
Mallet,