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INSPECTION DE LA COTE-D'OR

AGABSUIB DE PIJON.

Dijon, le 43 mai 4863.

Avec un corps de fonctionnaires capables et dévoués.

radmintitratien eik U«i simpU : elle se réduit à des eenrioef fontaines rendus d une part, de Tautre à des récompenses plus volontiers aceordëes. Cet échange est depuis longtemps établi entre les membres de rinatrac tion primaire et le Gouvernement de l'Empereur, M. le Ministre^ M. le Préfet^ le Conseil général, le Conseil départemental , veillent sur vos légitimes intérêts j vos traitements sont augmentés, vos écoles améliorées, vos demeures renouvelées, votre position consolidée. Chaque devoir bien accompli vous crée un droit soigneusement ménagé et à Tocoasion prot^é et défendu. Le gouvernement impérial se propose pour unique but de mériter la sympathie, la confiance et le dévouement de tous les citoyens. Cette noble et patriotique ambition^ si grande qu'elle soit, depuis quinze ans, n'a pourtant pas été trompée ; mais s'il est un ordre de citoyens où il soit assuré de trouver tous ces sentiments^ c'est celui des instituteurs, trop éclairés et trop honnêtes pour n'être pas reconnaissants. Vous allez avoir, monsieur l'instituteur, ainsi que tous vos collègues, l'occasion d'en fournir une nouvelle preuve. L'Empereur a convoqué les assises électorales; suivant ses franches habitudes, il vous désigne les candidats qu'il propose. La question en ce qui concerne votre conduite à regard de ees candidatures est bien simple.

En effet, combattre ces candidatures, c* est combattre pour ainsi dire l'Empereur lui-même^ qui les propose; en adopter et en patronner d'autres, c'est également servir et recruter contre lui.

Ne pas les combattre^ mais aussi ne pas les soutenir, c'est Yabandonner, c'est rester l'arme au pied dans la bataille. Les soutenir, c'est voter pour l'Empereur luimême et déclarer qu'il est et demeure notre élu, qu'il représente toujours vos idées, vos sentiments et vos intérêts.

/epos<; ainsi la question, monsieur l'instituteur, parce que e'est ainsi queje Vmknds. Votre bon senS; avec un

peu de réflexion , n'aura pas de peine à la comprendre et à la résoudre comme moi. J'ai cru qu'il ne vous serait pas peut-être indifférent de connaître ma pensée et je vous rexprime sans détour. Je m'attends à trouver en vous un effectif dévouement, votre indifférence me causerait de la surprise et du regret; votre hostilité serait à mes yeux une erreur coupable et sans eoccuse.

Tel est le sentiment universel en France, que les élections générales ne sauraient aboutir qu'à un éclatant triomphe. Ceux qui se seraient séparés d'une cause si jtAstement, si nécessairement^ si CfYmplétement victorieuse , n'auraient fait que manifester leur mauvais sens et LEUR INGRATITUDE comme citoyens et commf instituteurs. En ce qui vous regarde, vous et vos collègues de la Gôte-d'Or, le plus léger doute ne m'est pas permis. Vos sentiments plus d'une fois et si utilement manifestés éclataient récemment encore dans cette grande réunion^ où quatre cent cinquante instituteurs acclamaient avec une chaleureuse unanimité la société du Prince Impérial. J'aime à terminer ma lettre en vous parlant de cette journée où les instituteurs rassemblés pour la première fois ont senti que, pour être disséminés sur le sol^ ils n'en avaient pas moins les mêmes pensées, les mêmes besoins et le même esprit, et qu'avant de former une société de secours mutuels ils avaient déjà la communauté secrète des idées morales et des sentiments politiques.

Vous n'oubliez pas y monsieur l'instituteur, les engagements solidaires qui ont été pris alors ; votre zèle saura les remplir et ne me laissera pas ignorer ce qu'il aura pu faire.

Recevez, monsieur l'instituteur, l'assurance de ma considération.

13 mai, 1863.

L'Inspecteur de l'Académie,

Signé : G. de Barnsval.

■ODB-

PREFECTURU de Falidie.

cABiNir Falaise, 23 mai 4863.

da sous-préfet

Monsieur le débitant y

Les fréquents rapports que vous avez nécessairement avec Tadministration m^autorisent à penser que vous êtes tout disposé à appuyer^ dans les élections qui vont avoir lieu dimanche et lundi prochain^ le candidat recommandé par le Gouvernement de PEmpereur.

Je viens donc vous engager, comme votre conscience Ta certainement déjà fait, à vous servir de votre position pour faire voter le plus grand nombre possible d'électeurs et pour assurer ainsi, dans la limite de vos moyens, un éclatant succès à la candidature de M. Bertrand, maire de Caen, officier de la Légion d'honneur et membre du Conseil général.

Recevez^ Monsieur^ Tassurance de mes sentiments distingués.

Le sous-préfet de Falaise,

GOURBINB.

RBCBTTE de L'Iile.

ÀTertisgemeat

à M. Colomb. L'Isle, Î8 mai 4863.

lionsieup,

le reçois à TiBStant la lettre suivaiite de M. le direct teur de Vaucluse :

a L'autorité préfectconle eti ioforméy Manûeur, qim

• M. Colomb, débitant de tabaes àSauiaaiies, a'asaocie « aetivemeat à des menées ayant pour bot de coAtxaa rier^ ^i» la commune de Vauduae^ T^Gtioa du

• candidat du Gouvernement. Jîe vous charge d'ay^rtir « trèfKsévèPHaent ee préposé que^ s'il ooffiitiiiiiail à a Ao m i e » Kea h des plaintes sous ce i«pp«rt^ J0 tmxa rais compte de sa conduite à radoûnistratio».

• Reeeres, etc»

« Le directeur de Vaucluse^ (xN. Kaffain.»

A TOUS, H. Colomb^ à faire profit de cet avis bien* yeillant, et d'autant plus bienveillant que j'y mets la plus grande sévérité possible^ comme il m est commandé.

Le receveur de l'Isle,

Signé : A. Fouamia.

MENAGES AUX AUBERGISTES.

Le maire provisoire a menacé madame Charbonnier, aubergiste^ ^ui signe ceto déclaration, faite spontanément^ de faire fermer son auberge, si son fils et son gendre ne votaient pas pour M. Barrot^ candidat du gouvernement.

M. de Fébeyre^ préfet da k Loière, en tournée électorale avec MM* Barrot père et SISa à Nasbinals, a fait, le 11 mai) les mêmes menaces à la dame Charbonnier.

Ici signé : A» GaâiiBOiiHiiR.

De plus, M. Breschet, maire provisoire^ a menacé toujours la même madame Charbonnier de lui faire

{lerdre ou retirer le bureau de tabac dont elle est titu« aire 9 dans le cad oùelle ne travaillerait pas pour H. Batrot.

Signé: Ai CtoAUiONmiR.

Nasbinals est Un pays souverainement agricole» Tous les propriétaires ont l'habitude de garder dans leur basse-cour et au devant da la maison leurs fumiers^ qu'ils n'emploient qu'au moment des semailles. Indépendamment de l'usage, les habitants sont obligés d'agir ainsi pendant la mauvaise saison, par suite de Tintempérie du climat et des neiges qui encombrent les chemins une partie de l'année. — M. Breschet, maire provisoire, a menacé personnellement et fait menacer par la gendarmerie tous les habitants de faire ôler les fumiers de ceux qui voteraient pour M. de Chambrun, donnant au contraire ^ à ceux qui voteraient pour M. Barrot la permission de les laisser. Tous les

habitants de Nasbinals attesteraient ce fait au besoin. Nasbinals a donc été menacé d'avoir ses fumiers amis et ennemis du gouvernement. — Affirmé par les soussignés que ce3 menaces sont notoires ici.

Signé: Rocher^ Andribux et Ginistt.

N. 94 (bis).

Monsieur Joubert^

Je viens de recevoir de Auguste Armand^ mon locataire, cafetier à Die, ces quelques mots que voici :

M. le sous-préfet m'a fait appeler ce matin par M. le commissaire de police. Je me suis rendu près de lui; il m'a chargé de vous dire de venir lui parler aujourd'hui ou demain au plus tard^ ou bien il faisaitTermer votre café immédiatement .

Injonction menaçante dans le seul but de neutraliser ma liberté d'électeur et le peu dMnfluence que je puis avoir auprès de quelques électeurs. Je vous avoue que, le remède que veut employer M. le sous-préfet vis-à-vis de moi n'est pas du tout celui qui convient à mon état^ et qu'au lieu de me soulager, il ne fait et ne fera que m'irriter. J'irai donc demain pour voir M. le sous-préfet^ si^ après avoir causé avec vous^ nous le jugeons urgent.

Motte-Saint-Roman^ le 26 mai 1863.

Signé : Motte.

A M. Joubert, avoués à Die.

Je fais ici la déclaration suivante : si j'y étais appelé^ je la renouvellerais sous serment devant la justice et où que ce soit^ et devant qui que ce soit.

Le dimanche 31 mai^ vers midi, j'étais à la porte de la mairie. Le brigadier de gendarmerie, sortant du café^ aperçut plusieurs jeunes soldats soit en congés soit dans la réserve; dans Vxine ou l'autre de ces positions se trouvaient entre autres les jeunes

en congé renouvelable,

de la réserve de 1859, etc. Il leur fit signe d'approcher : a Ah çà, leur dit le brigadier, voilà plusieurs fois (jue a je vous le dis, je vous le répète encore une lois : a Allez voter, et votez tous pour M. Barrot. » — L'un de ces jeunes soldats lui répondit : a Mais enfin, nous a voterons comme bon nous semblera; si j'ai encore a trois ans à faire, vous ne m'en ferez pas faire quatre, a — Non, répliqua le brigadier, mais je vous les ferai a faire dans les compagnies de discipline. »

Je crus devoir m'approcher et me joindre à ces jeunés gens qu'on tentait ainsi d'intimider, a Halte-là, a dis -je au brigadier, vous allez trop vite; vous n'avez a le droit ni de menacer, ni d'intimider.» Il répliqua: « J'ai la loi chez moi, je la connais. — Eh bien ! si vous « l'avez chez vous, ou vous l'avez mal lue, ou vous a l'avez mal comprise, car chacun sait que le vote est a secret, et qu'il n'est permis à personne de cher- « cher ni à le pénétrer, ni de l'influencer. — J'ai, in- « sista-t-il sur cette réponse, des ordonnances minia stérielles. — Ou de votre capitaine. — J'ai même le a droit de requérir ces soldats. — Si cela est vrai, réa pondis-je, requérez -les, mais ne vous attribuez pas

a celui de les faire voter pour qui il ne leur conyîent c pas de voter. »

A la Canourgue^ le 23 septembre 1863.

Signé : PfUDEiLLi^ cultivateur.

iJtaAaMMHk^kw.

VÎI

ROLe ÉLECTORAL

BBl ktAlRtS, éàKntS eilAMPÉf Mil CdMMIftSAlRtB M P9kUÉ CékUUnkXtkÊÛ t>É IIAMKX, AaB]rVI^T«T«tl8.

Elirait $tune UUr$.

Eapierre de Romandotiei 9 eowbr^ 4161.

Monsieur^

Vous Youles co&naitre les protestations souleyéei dans notre conttée^ durant l^s dernières élections, par les pressions administratives? Ah I monsieur, que Pénergique passé de mon pays natal tous illusionne sur son présent I Certes, la main de ^autorité s'est fail sentir ici, trop sentir à Tavis de bien des gens^^ et néanmoins ils se' sont docilement courbés sous elle. — Or^ quand ils n'ont pas eu la facile bravoure de ré-

sîster à des abus d'influence^ comment montreraient-ils assez de courage pour les dénoncer au Corps législatif, au gouvernement, au pays ?

Savez-Yous ce qui m est arrivé vingt fois à moi-même? On venait se plaindre^ à tort ou à raison^ d'obsessions et de menaces ; — mais pour condition de la confidence, on commençait invariablement par m'imposer le secret I Et maintenant, vous pouvez le tenir pour incontestable : ni le menuisier terrorisé par l'éloquence de son maire, jusqu'à lui laisser jeter au feu mes bulletins de vote qu'il s'était chargé de distribuer; ni l'aubergiste virant debord^ parce qu'un supérieur (c* est son expression) l'avertissait que sa maison pourrait être fermée à cause de moi ; m l'adjoint, mon ex-ami, s'excusant de ne pas m 'accompagner jusqu*à sa porte, parce que de la place publique il pourrait être vu en ma compagnie, ce qui le compromettrait ; ni le notaire oflQcieusement invité à cesser son patronage au candidat de l'opposition ; ni l'instituteur suspendu peu après avoircopié à mon intention une liste électorale (était-ce la cause de sa disgrâce ?)^ ne sont près de signer une seule ligne qui ne leur paraisse flatteuse pour l'autorité et ses agents de toute sorte ! Expérience faite des timidités politiques de ce peuple si brave devant la mort, une seule chose m'étonne : c'est qu'il se soit trouvé 4^500 électeurs assez hardis pour déposer dans l'urne des suffrages à mon nom !

En tout cela, le régime parlementaire eût vu peutêtre l'occasion d'une enquête. Malheureusement, il semble que le suffrage universel tende à se placer aujourd'hui au-dessus de ces susceptibilités, et que le poids d'une grosse majorité lui paraisse trop souvent répondre à tout. Voilà pourquoi j'ai cru inutile de saisir la future Chambre de toutes ces questions.

Veuillez agréez^ monsieur^ l'assurance de ma sympathie et de mes meilleurs sentiments.

ancien maire de Mllicon.

Nous, soussignés, habitants de la ville d^nsisheim^ déclarons avoir entendu faire la publication suivante, le 28 mai dernier^ à sept heures et demie du soir, au son de la caisse^ par le sergent de ville :

a M. le maire fait savoir aux électeurs que les bul- (( letins c[u'ils ont reçus par la poste ne sont pas vala* « les^ mais que ceux que lui distribuera sont les bons. »

{Suivent les signatures.)

En&isheim, le 28 juin 1863.

Monsieur Tachard^

Les soussignés se voient forcés de vous annoncer qa^on vous a pris les suffrages à Taide de fousses nou« velles, en votant les députés au Cords législatif dans la commune de Ruestennart. La plupart des électeurs étaient décidés de voter pour vous; mais on a exposé à la maison communale une lettre, que l'appariteur de Hirtzfelden a apportée^ contenant que M. Albert Ta« chard refusera tous les suffrages y qu il ne veut absolument pas être voté. Un nommé MuUer (François) a entendu faire lecture de cette lettre par les nommés Kupferlé (Florent), Vonan (Barthélémy), et d'autres encore, en l'expliquant aux électeurs ; plus encore, le président, avec les autres assesseiirs, ont ouvert les

BuffrigM dei eitoytns, et ont refusé ceux pour M. Tachard^ en disant : a On mouchera le nez avec ces billets, car ils voulaient que toutes (les voix) les seriont pour M. Gros (Aimé). Enfin ce n'était pas la liberté du vote. (Pénalité deTart. 35 et 40 de la loi du 2 février 1852.) Le sieur Kuhn (Jean), de Ruestenhart, l'a déjà déclaré, el nous le prouverons aussi.

(Suivent les signatures^) f Ruestenhart, le 40 juin 4 863.

Affiche posée à BouH.

Le maire de Boult prévient ses administrés :

lo Que tout fonctionnaire public, conseiller municipal ou autre, qui sera convamcu d'avoir, par propa gande, cabale ou autre intrigue, cherché à mfluencer les électeurs en faveur du candidat que le Gouvernement repousse, sera destitué, sans pr^udice de peines plus graves;

S® Que tout individu convaincu d'avoir soustrait un ou plusieurs bulletins retnis aux électeurs, en même temps que les cartes, pour y substituer d'autres portant le nom du candidat de l'opposition^ sera^ sans retard, déféré aux tribunaux.

Boult, ce 30 mai 1863.

Leinsdré^

Ghablat.

Nous, Mossignis^ renseignés à sources certaines^ affirmons ce ^ui suit^ encore que nous n'en ayons point été les témoins. Des considérations faciles à compren* dre, et sur lesquelles nous ne voulons pas insister^ n'ont pas permis aux engagés directs dans raffaire de signer ces &it0, sur lesquels d'ailleurs on peut les interroger par voie de justice^ et que l'indépendance des soussignés leur permet comme elle leur fait un devoir de signaler.

Le samedi 30 mai, veille de Télection, M. Gâches^ maire provisoire de Saint-Chély-d'Apcher, chef-lieu de canton de la Lozère^ se rendit à Thospice, auprès de madame ia supérieure; « C'est pour la première fois, a madame^ que je mets les pieds dans celte maison a à l'occasion des élections. Hais cette maison ap- « partient au gouvernement que je représente, et il a faut que les hommes qui s'y trouvent votent pour le ot gouvernement. — Nous n'avons ici, monsieur le maire, a que deux hommes intelligents; quant aux autres^ ils feront ce qu'on voudra. — Eh bien ! où sont ces hom- « mes?— Dans la cour. » M, Gâches s'y rendit et trouva là, en effet, ces hommes, tous vieillards ou infirmes^ au nombre de sept ou huit. 11 leur dit : a Voiis « devez tous voter pour le candidat du Gouvernement^ C'est pour vous en prévenir que je suis venu. »

M. Gâches demanda alors à tout le personnel mâle si on était muni de bulletins. Sur la réponse affirmative

2ui lui fut faite, il ordonna qu'on les lui remît, et l'un 'eux alla les quérir. M. Gâches les confisqua, et alors il leur dit en se retirant : a Demain , vous ne sortirez <jc pas^ jusqu'à ce que je vienne vous prendre, d II donna Tordre à madame la supérieure de veiller à ce qu'il en soit ainsi.

Le lendemain 9 après la grand'messe , le fils de M . Gâches se présenta à son tour à Thospice, au nom de son père, et demanda si les hommes avaient dîné. Il lui fut répondu qu'ils étaient à table, a Bien^ dit-il, « mon père viendra dans un instant chercher ces a hommes pour les conduire au vote ; ils doivent Tata tendre et ne point sortir. » Profondément froissée, madame la supérieure ne put s empêcher de i*épondre: « Mais enfin, monsieur, ces hommes ne sont point des a prisonniers ; ils iront bien au scrutin sans que mon- « sieur votre père prenne la peine de venir les chera cher. »

Ces hommes sortirent en effet, et^ à Tentrée de la salle, M . Gâches les apercevant se présenta à eux pour leur remettre des bulletins.— Ils remercièrent et répondirent qu'ils étaient pourvus.

De tels faits portent en eux leur enseignement et leur moralité.

Signé notaire.

.docteur en médecine.

À SaÎDt-Gbély, le 18 septembre 4863.

N. iOI.

Nous, soussignés, électeurs de la ccMumune 4e Domach (canton de Mulhouse), déclarons que M. Montavont, maire^ nous a dit qu'il signalerait à l'autonté

public.

Fait à Domach; le 17 juin 1863.

Approuvé récriture.

(Suivent les signatures.)

I^s soussignés Philippe Frey et Joseph Reymann» les deux propriétaires^ demeurant à Mûnchhausen, électeurs de la deuxième circonscription électorale du Haut-Rhin^ déclarent et attestent où besoin sera que, les dernières élections pour le renouvellepient pour le Corps législatif, un sieur Joseph Reymann, accom* pagné de M. le commissaire cantonal et de M. l'adjoint, sont venus dans nos maisons pour nous intimider sur le vote qu'en notre âme et conscience nous étions décidés à voter, en nous faisant observer que Pon connaîtrait tous ceux qui voteraient contre le candidat du Gouvernement, attendu qu^ils avaient une fois à faire avec la justice ou avec Tadmiiitstration, qu'on leur fera payer bien cher leur action. Nous déclarons, en outre, que le 24 mai, dimanche, avant les opérations électorales, le maire a fait publier, au sortir de roffice, devant la porte de Téglise, que si Ton votait

unanimement pour le candidat proposé^ on aurait une nouvelle maison d'école.

Mûnchhausen, ce 14 juin 1863.

Signé : Fmt,

RKTIUNlf.

Nous soussi^nés^ électeurs et propriétaires de la commune de Viarmes^ canton de Luzarches^ certifions et attestons les faits violents qui ont eu lieu dans cette commune à Tefifet de supprimer la liberté des électeurs à l'avantage de M. Dambry, candidat du Gouvernement et au préjudice du candidat xM. Lefeyre-Pontalis. Nous citons les faits suivants, tels qu'ils se sont passés :

1® M. Libert, le maire, fait annoncer à son de caisse et afficher qu'il fallait voter pour M. Dambry, en disant (|ù*il avait t'ait avoir des secours et que s'il était nommée il en ferait encore avoir^ il le promettait;

^'* Un nommé Rohic offrait des bulletins de M. Lelëvre-Ponlalis^ et M. le maire en ayant eu connaissance lui a fait des menaces, en disant que s'il venait à avoir besoin du bureau de bienfaisance, il ne lui serait rien accordé, et de plus, que s'il continuait, il allait le faire arrêter et conduire en prison ;

do Le maire et l'instituteur se sont permis de coller des bulletins Dambry sur une grande partie des cartes des électeurs, afin de les priver de leur droit. Ceci n^est donc pas un vole libre, et a causé une émotion dans la commune, puisque, plusieurs personnes se sont présentées chez le maire pour lui faire €e repro* che;

\* Le garde champêtre, nommé Richard >»'«8t présenté dans plusieurs localités à domicile, où il d*a

troavëaue des femmes et des enfants et demandé s'il y avait aes bulletins pour Toter. 11 a saisi les circulaires et bulletins de M. Lefèvre-Pontalis et remplacé par ceux de M. Dambry, en disant que c'était pour celui-là qu'il fallait voter. Ainsi donc^ nous nous disons : Ouest notre liberté ?

5* Le même garde champêtre a amené par les mains des idiots et des vieillards pour voter» et toujours avec des bulletins Dambry ;

Qo L'instituteur nommé Davanne a aussi prononcé qu'il ne fallait pas voter pour H. Pontalis^ que c'était un homme toqué. Voilà donc la manière dont nos employés se sont comportés envers nous aux élections, et cependant nos vœux sopt le maintien de l'ordre et de notre liberté qai nous est due.

Signé : Meunier, Lbcohtk .

Monsieur le maire,

le voua prie de me signaler les personnes de votre commune soupçonnées d'avoir voté contre le candidat du Gouvernement.

Reeevei 9 monsieur le maire, Tassurance de ma haute considération.

L'agent veyer cantonal.

Signé : Fbllrath.

tel*' juin 4863.

Monsieur le maire de Hirtzfeîden.

Elirait du Mémorial des Deuœ-^Sèvres.

Voici la lettre que nous adresse M. Bordillon :

Fage, canton deThouaroé, 93 mai 4863.

Monsieur,

Uadministration, qui proteste de son respect pour la liberté des suffrages, vous saura gré de porter à sa connaissance rincident électoral qui Tient de se produire

Le garde champêtre distribue les cartes d'élection ; mais, avec chacune d'elles, il remet un bulletin imprimé portant le nom de M. Louvet. Je dirai tout à l'heure ^uel commentaire accompagne sa remise.

Remarc^uez d'abord Theureux privilège de M. Lou* vet. Tandis qu'un candidat, son compétiteur, devrait à grand'peine, à grands frais peut-être, aviser aux moyens de fkire savoir sa candidature au fond de nos campagnes, M. Louvet n'a aucun soin à prendre, et, quatre ou cinq fois millionnaire, il n'a pas un centime à débourser pour faire parvenir son bulletin à domicile et parlant d, comme une notification de l'huissier.

Puis, en remettant son bulletin à la fermière qui me l'apporte, le garde-champêtre a pris soin d'ajouter : a C'est ce papier-là que votre man devra rapporter au maire le jour des élections. »

Or, voici l'effet produit par ces paroles sur la brave fermière, qui me les a répétées. Je cite textuellement :

a On n'est donc plus libre de mettre qui on veut ! c M. le maire aurait mieux fait de garder tout de suite « ce papier-là, puisqu'il faut que mon homme le lui a rapporte, x>

Or, ce qui porterait à penser que la recomman-

dation de H. le garde champêtre est stéréotypée sur les lèvres de nombre de ses collègues, c'est qu'elle est quasi mot pour mot celle qu'à de précédentes élections un d'entre eux avait la naïveté de répéter à un magistrat de la Cour d'Angers, alors membre du parquet dans ce ressort, en lui remettant aussi une carte d'électeur et un bulletin au nom du candidat officiel.

Adressée à un procureur impérial, cette naïveté n'est aue grotesque ; s'adressant à un paysan illettré^ ne aoit-elle pas lui sembler un ordre ?

Qu'au prestige financier de sa très- opulente maison de banque, M. Louvet joigne en outre le prestige administratif de la protection de MM. les gardes champêtres, du moins devrait-il inviter ses protecteurs à modérer mieux l'expression de l'ardent intérêt qu'ils portent, parait-il, è sa candidature .

Agréez, etc.

G. BORDILION.

Les sieurs Virollet et Ducartel déclarent que le sieur Sorillon, vétérinaire à Abzac, les a menacés, au nom et de la part du souspréfety d'être conduits en prison s'ils votaient pour le duc Decazes.

Déclaration que le commissaire de police de Gastillon a tenu, à Saint-Pey d'Armens, e langage suivant :

a Voter pour le duc Decazes, c'est voter pour la ré- « tolution, etc. »

Et en parlant du sieur Delmaa, conduit entre deux gendarmes, il a ajouté :

€ Voui ave« tu passer cet homme eseorlé de deut a gendarmes. Eh bien ! c^est un partisan du duc De- « cases. Voilà la manière dont on traite ses amis^ etc. »

Ont signé : Bbutbnot et Giuhbl.

Le commissaire de marine M. Burnel, à la porte du scrutin 9 au milieu d'un groupe nombreux^ dit à haute voix^ s'adressant à un marin :

a Je suis votre chef^ — je yeux et j'exige que vous a votiez pour l'Empereur et pour le candidat de TEma pereur. Sinon^ vous vous en repentirez \ j'aurai Fceil a sur vous et je vous ferai embarquer pour trois ans.

a Où sont vos. camarades! »

Et plongeant son regard dans la foule , cherchant d'autres marins^ il répéta :

a Je suis votre chef, vous dis-je, il faut m'obéir; « vous n'avez à obéir qu'à moi. »

Ont déclaré les faits ci-dessus :

Marsal^ Rolland,

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