‹ La lutte électorale en 1863Chapitre 69 sur 91 · EMPIRE FRANÇAIS · texte numérisé non relu

EMPIRE FRANÇAIS

Monsieur ^instituteur,

J^âi l^honneur de vous communiquer la circulaire adressée par M. le préfet à MM. les maires, à Toccasion des prochaines élections au Corps législatif, et je recommande à votre attention les considérations qui y sont exprimées avec autant de patriotisme que de modération.

Le Gouvernement a le droit de compter sur le concours de tous les fonctionnaires pour soutenir les candidats qui lui inspirent le plus de confiance. Nous comptons sur le vôtre, car nous connaissons votre attachement à l'Empereur et à la dynastie impériale.

Je vous engage à éclairer la bonne foi des populations qui vous entourent, à combattre Tabstention, à signaler aux familles combien il importe à la sécurité et à l'honneur] de la France que les élections de 1863 se fassent avec le même ordre, le même ensemble et la même unanimité que celles de 1848, de 185^ et de 1857

Caen, 28 mai 4863.

« Monsieur,

a Si je suis bien informé, vous faites d'activés démarches en faveur de Tun des concurrents du candidat présenté par le Gouvernement. Veuillez de suite me donner des explications nettes à ce sujet.

a Recevez, monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.

a L'inspecteur primaire,

c( De Thoury. »

Circulaire de Pinspecteur d'Académie aux

instituteurs.

Épinal, le 30 mai 4863.

Monsieur l'instituteur,

J'apprends à l'instant que certaines personnes, plus ou moms honorables, qui patronnent la candidature de M. Buffet, n'ont pas craint, dans un but qu'il est facile de comprendre, de semer le bruit que j'étais l'ami, le parent même de M. Buffet, et que si vous receviez de moi des instructions ou verbales ou écrites, pour vous tracer la ligne de conduite que vous devez tenir dans les élections, je le ferais forcément, par position, mais de manière à ne pas lui être hostile, parce que personnellement je serais heureux de voir les instituteurs voter et faire voter pour lui.

Je connais M. Bufiet^ mais je n'ai Thonneur d'être ni son ami^ ni son parent^ et je repousse^ avec toute l'indignation dont un honnête homme est capable^ cette insinuation audacieuse, . cette rouerie électorale d'un nouveau genre, comme une calomnie, comme une injure. C'est une calomnie, vous l'attesteriez tous, c'est une injure sanglante, parce que, pour servir les besoins d'un parti, on me suppose capable de jouer un rôle hypocrite, et de contracter une alliance [secrèle avec les mécontents de loute nuance, au moment où ils se réveillent pour combattre avec des armes si déloyales. Non, vous ne croirez pas à un indigne mensonge, vous déjouerez toutes ces manœuvres frauduleuses ; vous userez de votre influence avec loyauté, dans la mesure de votre conviction, et vous voterez en homme libres, en bons citoyens.

Votre vote, j'en suis convaincu, sera acquis à M, le comte de Bourcier, candidat agréé par le Gouvernement de l'Empereur , qui a donné un mouvement si généreux et si libéral à Tinstruction publique, qui a tout fait pour la prospérité du pays et qui a porté si haut et si loin le nom et la gloire de la France..

Recevez, monsieur l'instituteur, Tassurance de ma considération très-distinguée,

L'inspecteur d'académie, H. Malgkàs.

Page 1