V. d-après la eollection des circulaires confidentielleg
Cherches maititeiiant des contre-poids à cette centralisation triomphante !
Les Journaux? Les uns ont péri de mort violente, les autres se sont faits thuriféraires. Quelques-uns demeurent debout^ pointant leur franc parler à travers toutes les épreutes : ils sont en trop petit nombre. Ceux qui suivent la presse départementale peuvent remarquer que dans les affaires d'État elle est assez libre^ beaucoup plus libre qu'on ne pourrait croire» L'indiscrétion^ Tironie, la critique même lui sont permises. Mais pour ce qui est du pouvoir local) des petits abus et des fonctionnaires^ ces c sentinelles avancées de Fopinion^ » e&mihe elles ë'itltittitent, abandonnent Topinion à les propreb lumières.
Les conseils généraux? S'ils eurent en un temps des velléités parlementaires^ ils ont prouvé depuis qu'on en revient, comme de toutes choses. Leurd àflMres se fotlt maintenant en quelques jours. Par une âne attention des bureaux^ jaloux du temps Aé ces notables, le travail est fait d'avance. Le pré^ fet parle, le conseil vote : de temps en temps, on
de M. le préfet d'IUe-et-Vilame, qui caractérisent si bien la intle dans «ette partie de li Frinee. Docum, , piê^;« et biH?.
fait fèuer, an irayers de rentretieD) le spectre des « dîscussioiM stériles»...
L'oiHDioa locale ? Combien de maisens en province accepteraient à cette heure que la ptifeoture les mit en int^it ?
RappeleE-vous ce grand érêque, mis au ban des fonctionnaîies. Demandez aax députés indo*cile8> transformés d'un coup de plume en députés hostiles^ s'ils reçurent beaucoup de saints dans leurs bourgs d'autrefois^ après que l'administration eut dénoncé^ sous leur fidélité apparente5 le pied fourchu parlementaire.
Ce n'est pas le gouTiernement^ c'est lacentrali* sation qne j'accuse ; non Théritier^ ouds l'héritage^ La politique n'a fait que bâter ce qui était dans la force des choses» A ce point de son déteiop-* pensent^ la centralisation porte des fruits étranges. Il lui arrive que tout doucement^ à son insu, elle se démembre. Le Pouvoir glisse aux mains des quatre-vingt-neuf préfets. Au centre, on ne voit que par leurs yeux; latérite est suspecte venant d'autre source. On préfet peccable, — s'il pouvait y en avoir, — serait jugé sur son rapport. Tout ce qui s'est fait, depuis dix ans, sous le nom pompeux de décentralisation administrative, s'est malbeureusement fait dans ce sens* Ni les com«
munes, ni les départements n'en sont plus libres : il n'y a que les préfets d'émancipés. On a mis dans leurs mains plus d'autorisations^ plus de nominations^ plus de faveurs ; et par une nécessité logique^ dont on ne s'est pas même rendu compte^ on a laissé à leur jugement^ à leur prudence^ à leurs caprices, le maniement de cet instrument politique qui est Tâme du système, et qui s'appelle les candidatures administratives.
M. Plichon disait, à ce propos^ cette année^ devant la Chambre, qui ne le démentait pas : a C'est dans la plupart des cas d'après les renseignements des préfets que le ministre se décide. i> Dans leurs moments d'épanchement^ les préfets n'en disconviennent pas ; ils s^en vantent même avec une aimable bonhomie. Haranguant l'an dernier les électeurs de Monasiier (Haute-Loire), M. le préfet leur tenait ce discours, qu'il faut citer, car c*est une page d'histoire :
Sous le dernier gouvernement, les électeurs, pour suppléer à la direction qui leur manquait y avaient imaginé les réunions préparatoires, où les candidats venaient exposer leurs principes et se soumettre à une' décision première d'admission ou de rejet. Souvent ils convenaient entre eux que le moins favorisé se retirerait et céderait ses voix ; mais ces réunions
étaient souvent tumultueuses et la plupart du temps inefficaces. L'administration remplit aujourd'hui^ pour ainsi dire, l'office des réunions prépaiatuiies. Nous autres administrateurs ^ désintéressés dans la question y et qui ne représentons en définitive que la collection de vos intérêts, nous examinons, nous apprécions^ nous jugeons les candidatures qui se produisent^ et après un mûr examen^ avec l'agrément du gouvernement, nous vous présentons celle qui nous paraît la meilleure et réunit le plus de sympathies, non pas comme le résultat de notre volonté et encore d'un caprice, mais comme l'eipression de vos propres suffrages et le résultat de vos sympathies*.
Ainsi parlent, ainsi pensent, ainsi font ces hauts fonctionnaires. Ils n^administrent plus seulement les populations^ ils les représentent. Vous croyiez peut-être que le Corps législatif avait été. Tannée dernière, pour quelque chose dans le retrait de rimpôt du sel ? Non ; le bienfait venait des préfectures. — Qu'on en renvoie tout Iç mérite à l'Empereur, rien de plus simple : tout pouvoir qui cède, en pareil cas, s'honore. — Mais ceci ne fait point l'affaire de M. le préfet de la Haute- Saône : il nous apprend que l'Empereur ne s'est