‹ La lutte électorale en 1863Chapitre 80 sur 91 · DEUXIÈME PROCLAMATION DU PRÉFET DE LA · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PROCLAMATION DU PRÉFET DE LA

HAUTE-SAONE.

Alecteurs db l'arrondissement db vesoul.

Un placard outrageant pour le caractère officiel et l'autonté du représentant de l'Empereur dans le département est affiché sur tous les murs par M. d'Andelarre, le candidat des oppositions réactionnaires.

Que Ceiut-il voir dans cette publication qui constate

la liberté absolue laissée à toutes les candidatures ? que faut-il voir dans cette prétendue plainte en diffamation qui ne repose sur aucun fondement sérieux, et dont la lecture fait sourire les hommes de loi ?

Une petite comédie électorale, plus audacieuse qu'habile. Tous les hommes éclairés feront aisément justice de cette mise en scène^ mais les ignorants

Pourraient se laisser tromper par l'étalage des formes e procédure, auxquelles ils ne comprennent rien ; et^ afin de rendre la situation nette et claire à tous les yeux, le gouvernement de l'Empereur m^autorise à poursuivre en police correctionnelle M. le marquis d'Àndeiarre, pour outrages publics au préfet jde la Haute-Saône.

Extrait du Journal de la Vienne du 31 mai.

Neuville. — Monsieur Benoist, médecin à Neuville, est cité par mandat de comparution devant M. le juge d'instruction de Poitiers, pour outrage envers un maire, à l'occasion des élections.

Nous saisissons cette occasion pour rappeler à MH. les maires qu'ils ne doivent tolérer aucune atteinte à leur autorité, et que leur premier devoir est d'informer la justice de toutes les démarches qui auraient pour but de les intimider ou d'entraver leur légitime action.

Plusieurs candidats leur ont écrit directement pour réclamer d'eux des dépôts de j^uiletins sur les ta}iles de l'élection, se fondant sur un droit qui n'existe pas, et les menaçant, en cas de refus, de protestations. Le r^fus opposé pai* MH. les maires, en celte circonstance, est un droit qui leur appartient, et les pro* testations dont on les menace Xin peuvent avoir aucun effet. Que les maires ne s^ laissent ni intimider ni outrager.

^SflS —

Extrait tTune lettre de M. Roche, soldat

au 77* de ligne,

Guéret, 99 mai 4863.

Monsieur Bétoulle,

Je suis détenu à Guéret pendant quelques jours; je ne sais pas ce que Ton veut faire de moi.

Je vous prie de me répondre de suite et de me dire quel est le délit que je puis avoir commis en distribuant quelques bulletins portant votre nom.

J'ai l'honneur de vous saluer,

Signé : Roche.

— Je suis sans argent. Ils ne m'ont pas donné le temps de m'en procurer.

Extrait (tune lettre.

Âubusson, 28 mai 4863.

Monsieur et cher Confrère^

11 vient de se produire un fait inouï que je vous indique en quelques mots avant le départ du courrier.

Le nommé Baptiste Rocbe^ soldat au 77* de ligne^ en congé comme soutien de famille et libérable le 31 décembre 1863^ c'est-à-dire dans six à sept mois, vient d'être rappelé sous les drapeaux, parce qu'il vous a accompagné pendant votre séjour à Aubasson.

Ce Roche est le jeune homme dont je vous ai |)arië.

J'espère que vous ferez tous vos efforts pour que ce jeune nomme ne soit pas victime de la mauvaise action qu'on commet à son encontre, et que vous agirez au ministère de la guerre pour que cette mesure soit rapportée.

Une dépèche télégraphique , arrivée ce matin à six heures à AuhusaoDi enjoignait à Roche de partir à trois heures.

Roche a dû obéir.

Je vous laisse le soin de qualifier un pareil acte. .

Votre tout dévoué confrère, Beby.

Cachetés vos lettres avec pains à cacheter et cire.

MM. lei maires sont priés, à la réception du présent placard, de le faire afficher immédiatement h son de trompe ou de tambour dans les endroits accoutumés.)

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