GÉNÉRALES
■"TTUM»
La Grande Guerre, de 1914-1917, a révélé à la France le formidable danger de la Tuberculose : Ce fléau qui décime, de préférence, les jeunes gens, les jeunes filles et même les enfants, menace la Race dans ses sources vives. Avant la guerre, plus de 60.000 personnes, de tout âge et de toutes les conditions, succombaient, chaque année, en France, à la Phtisie pulmonaire. Les vingt premiers mois de guerre ont soustrait à l’Armée française 85 .ooo combattants, atteints de Tuberculose, et les ont rejetés loin du front. Ces « blessés de la Tuberculose » sont dignes d’intérêt : Ils ont souffert pour la Patrie et sont tombés malades, en la défendant contre l’Allemagne ; de plus,
Professeur Maurice LETULLE
iis sont contagieux, non pas à la façon des malades atteints de scarlatine ou de variole, mais leur mal risque d’être transmis, par eux, dansj leur entourage, s’ils ne sont pas bien « éduqués » en même temps que bien soignés. j
Au surplus, parmi ces milliers'de : vietiines, il en est un très grand nombre qui, reconnus curables et envoie de guérison déjà! ajvàncée, ou même guéris, ne demandent qu’à vivre aux champs, au grand air — qui les a sauvés — et à y entreprendre, avec
existence normale, un labeur salutaire. 1
La plupart de ces « mutilés du poumon »
ne sont que des demi-infirmes ; ils sont même susceptibles de retrouver, en quelques mois, une santé robuste, avec la force indispensable au métier d’agriculteur ; beaucoup, d’ailleurs, sont, déjà, chefs d’une famille nombreuse.
Ramener à la terre ces récupérables et leurs descendants, n’est-ce pas coopérer, d’une façon pratique, à la sauvegarde de la Race française?
Les Alpes , en Hiver. N’est-ce pas lutter, aussi, contre la dépopulation ?
Que manque-t-il donc à ces braves gens, prêts à reprendre goût au travail et qui voudraient élever leur petite famille, l’accroître même, s’ils étaient sûrs du lendemain ? Ceci, tout simplement : ‘ Fort de Quèyras.
t° Posséder quelques ressources, pour compléter la guérison du père, « ancien militaire, réformé » ; or, la famille n’a plus un sôu d’avance. S’il trouvait des subsides, le malade arriverait à subvenir, petit à petite à ses besoins : il nourrirait sa couvée, proportionnellement à la reprise de ses forces.
2° Trouver une Œuvre protectrice , pour assister toute la famille (tant que le père sera valétudinaire), pour les loger, tous ensemble,
Professeur Maurice LETULLE : LA LUTTE NATIONALE CONTRE LA TUBERCULOSE
d’une façon hygiénique, enfin, pour apprendre à la maisonnée entière le noble et dur métier de travailleurs des champs, de petits fermiers, jusqu’au jour où les enfants pourront se suffire à eux-mêmes.
Bref, ce qu’il faudrait, avant tout, à ces serait de découvrir le moyen de ne pas mourir la famille.
Ces desiderata, trop bien connus, n’ont jusqu'à l’évidence même, l’urgente nécessité de ces « Colonies Sanitaires Agricoles » dont on nous, encore totalement défaut.
Etablissements, à la fois, d’éducation diététique », placés à proximité, voire au flanc nouveaux, à réaliser en France, rendent des ramenant à la terre d'innombrables familles de la « Ville » et de la « Fabrique ».
Sur toute son étendue, le territoire de lutter contre la Tuberculose. Aucune des provinces ni de nos colonies ne sera innaccessible
« Donnons un peu de la terre nourricière de France à nos famille nombreuse. »
pauvres compatriotes, victimes de la guerre, de faim , en attendant la guérison du chef de
Route dans les Alpes.
point besoin de développements. Ils démontrent, la création de ces « Villages Sanitaires », de parle tant, en tous pays, mais qui nous font, à
professionnelle agricole et de « cure hygiénode « Sanatoriums » proprement dits, ces centres services extraordinaires, quand ce ne serait qu’en décimées par la vie, atrophiante et douloureuse,
français se prête admirablement à cette manière régions de notre douce Patrie, aucune de nos à cette belle et touchante formule :
Réformés tuberculeux de la Guerre, chefs d une
Aiguilles