VOIES ET MOYENS
Comment mettre sur pied une ŒuVre aussi considérable ?
Etablissons-en, d’abord, les données fondamentales. La « Colonie Sanitaire Agricole » peut se fonder, n’importe où, dans un endroit sain, à la montagne (PL J), dans une région maritime (PL III), aux champs même, à flanc de coteau, face au Sud (PI. II).
Quel que soit 1 emplacement visé et quelles que soient les ressources dont on dispose, il faut, en premier lieu, acquérir ou, au besoin, édifier le centre, le cœur de la Formation sanitaire. Selon les cas, ce centre sera une ferme, une maison de campagne ou un petit château, dont nos Provinces fourmillent, ou bien, enfin, une véritable « maison de cure », un Sanatorium.
Le choix, de 1 immeuble central, son adaptation ou sa construction répondent à des règles d’Hygiène aussi nécessaires que bien établies: bonne exposition ; ensoleillement parfait terrain perméable, avec pente choisie ; éloignement suffisant d’un cours d’eau $ situation, autant que possible, à 1 abri des mauvais vents régnants ; apport d’une eau potable, abondante et sûre ; moyens de communication faciles (avec un centre urbain ou, tout au moins, avec une gare de chemin de fer).
Professeur Maurice LETULLË : LA LUTTE NATIONALE CONTRE LA TUBERCULOSE
Ce foyer de la formation sanitaire une fois déterminé, le « Village », ou, pour mieux dire, peut-être, pour commencer, le « Bourg » va naître, tout à l’entour. A cet effet, la possession ou l’achat d’une assez vaste étendue de terrains cultivables s’impose aux fondateurs de l’Œuvre, comme une autre nécessité.
Cette première dépense est, en effet, obligatoire, quelles que soient les bienfaisantes intentions des promoteurs de l’Œuvre
à l’égard des familles, leurs « pupilles », seulement, leur fournir pendant un temps un enseignement agricole déterminé? ou « Colonie Agricole de familles tubercu- (dans des conditions particulières) la parcelle du terrain attenant, suffisante quasiment le même : l’Œuvre devra grande pour permettre l’extension de la successivement agréées par elle.
La ferme-modèle, la fermel’Œuvre naissante.
Les familles qui viendront à vous
dont ils prendront la charge. Veut-on, à fixer (un an, dix-huit mois, ou plus) a-t-on décidé de fonder une véritable leuses » à chacune desquelles on assurera propriété de leur « maison-type » et d'une pour nourrir la famille ? le principe sera disposer de terres, d’une étendue assez colonie et préserver l’avenir des familles
école, est une autre nécessité imposée à
La Ferme.
qe connaîtront pas ou connaîtront mal la culture de la terre : culture maraîchère, arboriculture, horticulture, agriculture, élevages, laiterie, fromagerie, grande culture, etc,., devront leur être enseignées, suivant les lieux ef suivant les conditions diverses dans lesquelles l’Œuvre se trouvera, elle-même, installée. Pour cet enseignement, un personnel spécial est indispensable; si bien, qu’à première vue, le choix d’un chef de culture apparaît aussi important et, si l’on peut dire, aussi précieux que celui du médecin spécialiste expérimenté.
Il ne suffit pas, pour le médecin, en effet, de bien juger et de prescrire les limites du « travail manuel » quotidien à imposer à chacun des colons tuberculeux curables : on exigera, en plus, la surveillance de l’employeur capable d’utiliser, au mieux, çes forces
E. La Plaine
Professeur Maurice LETULLE : LA LUTTE NATIONALE CONTRE LA TUBERCULOSE
renaissantes qui, autrement et malgré toute la bonne volonté des sujets, risqueraient d'être dépensées, sinon à faux, tout au moins mal à propos.
Ainsi, la possession de vastes terrains cultivables, une ferme-école, un médecin spécialiste dévoué, un bon chef de culture, conscients, l’un et l’autre, de leur apostolat, tels sont les premiers desiderata.
Une première mise de fonds (indispensable à la fondation d’une Colonie agricole) se doit donc constituer, en vue de : l’achat des terres, la misé eh état de là ferme, les appointements du médecin-directeur, ceux du chef de culture, ceux d’une infirmière en chef (attachée au service médical), ceux des garçons de ferme (pour le gros ouvrage). On peut prévoir,
aussi, pour la mise en marche de la ferme, une perte certaine, au cours de la première ou des deux premières années. Toutes ces dépenses ne sauraient être taxées d’une manière fixe.. Elles varieront, comme de juste, suivant les circonstances. On peut toutefois, faire remarquer que, même s’ils sont des
apôtres, le médecin, le chef de culture et l’infirmière-major doivent trouver, dans leurs fonctions, des ressources suffisantes pour leur permettre de vivre et d’élever leur famille, qu'il est désirable, à tous les points de vue, de souhaiter nombreuse.
Prévoir, de ce chef, un premier apport de 700.000 francs, comme capital, dont les revenus seront suffisants pour l’établissement du « budget de fondation », ne paraît pas une exagération.
Type de Maison.
LES COüOflS ET LEUR pfl]|MIÜDE
La seconde partie du problème de la fondation d’une Colonie sanitaire agricole a trait à la prise en charge des colons tuberculeux, avec leur famille.
Deux façons de procéder s’oftrent, ici. à l’initiative des fondateurs.