QUE VA FAIRE LE CLERGÉ DE FRANGE
catholiques, on nous déclare une guerre à mort. Ni les cruelles leçons de l'expérience, ni les conseils avisés de Léon XIII, qui recommandait aux catholiques français de ne pas s'isoler et de travailler loyalement au bonheur de la société civile en union avec tous les honnêtes gens, rien n'a réussi à ouvrir les yeux de ces malencontreux défenseurs de TÉglise dont 1 intransigeance est surtout faite d'étroitesse d'esprit.
Plus l'Église est combattue, plus il semble que le vent de l'impiété l'ait déracinée du sol de notre pays, plus ces catholiques cléricaux se replient dans une attitude de défense hargneuse, plus ils parlent de boycotter tous ceux qui les entourent, plus ils font appel, malgré Tordre formel du Pape, à la sédition et à la violence, plus ils se rendent haïssables à la masse du pays.
Heureusement que dans son ensemble le clergé de France n'a pas encore écouté les dangereux conseils qui lui sont donnés par ces bruyants agités pour qui la guerre religieuse serait comme le suprême espoir de voir aboutir leurs desseins politiques. Malgré les excitations quotidiennes de la presse de l'opposition, malgré
130 LA LUTTE POUR LA OÉMOGRATie
les dures conditions imposées trop souvent, hélas, par ceux dont les aumônes abondantes semblent la condition même du culte et des œuvres, notre clergé a un sens chrétien suffisamment robuste, une âme sacerdotale assez vivace pour être capable des plus durs sacrifices et pour faire passer avant toute autre préoccupation le souci de Fhonneur de l'Église et du salut des fidèles.
Aussi, espérons-nous fermement que les prêtres catholiques ne tarderont pas à se rendre compte du piège très délicat qui leur est tendu.
Si TÉglise de France, à peine libérée du joug odieux et persécuteur, retombe aussitôt sous celui des partis les plus impopulaires, les plus hostiles à toutes les aspirations contemporaines, lés plus incapables de progrès et d'action positive, elle verra encore baisser son crédit et perdra jusqu'au profit moral des injustices et des vexations dont elle aura été victime en face même du pays.
Que le bon cardinal Richard ait dû accepter rhospitalité d'un député royaliste et que l'assemblée générale de tous les évêques de France