QUE VA FAIRB LE GLERQÉ DE FRANGE
n'ait pu trouver pour s'abriter d'autre demeure que le château de M. deFranqueville, qu'aucune maison du peuple ne lui eût ouvert ses salles, c'est déjà là sans doute un signe pénible des temps, et il est impossible que plus d'un évêque, parmi ceux-là surtout qui ont vraiment le sens des réalités démocratiques et des susceptibilités populaires, n'aient pas senti au fond de leur cœur quelque amertume et quelque regret, tandis qu'ils étaient reçus très aristocratiquement à la table du château de la Muette par une hôtesse qui n'appartenait môme pas à la religion catholique, en songeant à ce qui se passait en Allemagne au moment du Kulturkampf : c'est à Wurtzbourg que les évêques de la Confédération germanique, après s'être réunis dans une vieille église désaflfectée et avoir jeté entre eux les bases du grand travail de conquête apostolique, qui devait briser la force même du chancelier de fer, offrirent un banquet aux pauvres de la ville et, couvrant de tabliers blancs leurs soutanes violettes, se firent eux-mêmes les serviteurs de ces malheureux.
Loin de nous, certes, la pensée méchante et coupable de rien reprocher à nos pasteurs
qui souffrent assez de Tisolement où de déplorables circonstances, — que la haine des sectaires a préparées, mais aussi, il faut bien l'avouer, les fautes de trop de catholiques — les maintiennent malgré eux et d'où les plus jeunes et les plus énergiques sont résolus à sortir ! Nous supplierons seulement le clergé de France de ne pas se méfier des classes populaires et de ne pas suspecter tout effort libre, spontané, autonome de la Démocratie qui veut naître et s'organiser pour la vie.
Sans doute, voilà bien des années que les apôtres de la Démocratie et que les tribuns du peuple semblent avoir par-dessus tout à cœur d'arracher les foules à l'influence morale et religieuse de l'Église, et comment s'étonner dès lors que celle-ci accueille la Démocratie avec quelque défiance?
Mais ce n'est qu'une raison de plus pour que le clergé se réjouisse de découvrir enfin d'ardents républicains et de passionnés démocrates qui, rejetant du pied avec mépris les sottises anticléricales qui n'ont que trop longtemps énervé les énergies prolétariennes, rendent hommage aux forces morales et sociales du christia-