ACTE QUATRIÈME
J>AUL ASTIER
• Est-ce qu'on est maître de maison quand on reçoit une cohue pareille et que les fauteuils se payent deux louis... Vous êtes soufifrante?
MARIA-ANTONIA, g'ôvenlanU
Oh! peu de chose, un malaise... Cette lecture... Témotion de ces- scènes cruelles... si saisissants l'histoire de co crime, le supplice de ces deux jeunes bandits... Ouvrez la fenêtre, voulez-vous?
PAUL ASTIER, allant rers la fenêtre à droite.
Quelle idée aussi!...
Il ouvre.
MARIA-ANTONIA
Ah! c'est bon.
Elle 8'évenle à grands coups.
PAUL ASTIER, revenant.
Faire lire chez vous de telles horreurs!
MARIA-ANTONIA
Des horreurs, qu'en savez-vous? Vous n'avez pas lu... (souriant.) et je vois que vous n'écoutez guère.
PAUL ASTIER
Merci! je n'aime pas ce genre de littérature pour dames... (Entre ses demi.) uue histoire d'assassins.
MARIA-ANTONIA
On connaît vos goûts littéraires. Tous les hommes d'action sont ainsi... Vous préférez madame de Genlis : les Veillées du Château^ par exemple.
PAUL ASTIER
Le livre de ce monsieur, ce sont les veillées du bagne.
Je vous trouve difficile, mon ami... Sonnez donc, je vous prie et faites-moi donner un verre d'eau... (un temps.). Eh bien?
PAUL ASTIERy immobile, comme terriflé.
Vous dites?...
MARIA-ANTONIA
Un verre d'eau glacée. Cela achèvera de me remettre. Sonnez donc, le timbre est près de vous.
PAUL ASTIER
Non, y y vais...
Il sort précipitamment par la droite. — Un temps.
MARIA-ANTONIA, qui se penche sur la table et le guette par la porte entr*ouTerte.
(a part, la voix navrée.) Oh ! la pauvro mère de Caïn...
( Haut, arec un bon sourire à Paul qui rerient portant le verre d'eau.) VoUS
me servez vous-même, c'est gentil. (Montrant la tawe.) Posez ça là... mais vous tremblez, mon ami... comme vous êtes pâle !... Cette croisée, peut-être?...
Mouvement pour se lever.
PAUL ASTIER, bas.
Non, merci.
MARIA-ANTONIA, toujours assise.
Ainsi, ce livre d'Herscher ne vous intéresse pas ? (Applaudissements au lointain.) Il y a pourtant là dedans cer* taines pages comme le chapitre du piège, celte prise de possession de l'homme par le crime... On sent que ce doit être vrai. Vous ne trouvez pas? (euo prend le verre. Paai