SCÈNE VIII PAUL ASTIER, CHEMINEAU
CHEMINEAU
Pourquoi es-tu entré ? Je me passais fort bien de toi...
PAUL ASTIER
J'étais curieux de voir...
CHEMINEAU
Le fiancé?... C'est du raffinement, (a rit.) Ah çà ! mais tu arrêtes donc les voitures de noces, maintenant? Il te les faut avec garçon d'honneur et bouquet d'oranger ?
PAUL ASTIER
Mon cher^ les femmes sont étonnantes... Il n*est pas mal, ce garçon... travailleur, intelligent.
CHEMINEAU
La parole un peu difficile... Le... le... enfin, n'est-ce pas?
PAUL ASTIER
Ouï, un timide, comme tous les fiers à enfance malheureuse, mais le mariage Taurait dégourdi. Tout était convenu entre les deux familles... les jeunes gens s'adoraient, et pourtant je n'ai eu qu'un signe à faire...
CHEMINEAU
Pourquoi l'as-tu fait? Elle le plaisait donc bien ?
PAUL ASTIER, souriant.
A ce moment-là, elle servait ma petite comhinazione, comme dit noire ami le comte Adriani, le garde-noble... une pierre pour ma fronde ; la femme n'a jamais été que cela entre mes mains.
CHEMINEAU
Alors, leur mariage ?
PAUL A8TIER
On n'en parle plus, tu penses !
CHEMINEAU
Et le... le... enfin, n'est-ce pas?
PAUL ASTIER
Eb bien, tu l'as vu. il n'a pas l'air content.