‹ La lutte pour la vie; pièce en cinq actes, six tableauxChapitre 32 sur 119 · SCÈNE II Les Mêmes, HEURTEBIZE · texte numérisé non relu

SCÈNE II Les Mêmes, HEURTEBIZE

HEURTEBIZEy il entre furie ix, sa casquette galonnée d'une main, de l'autre une afQche chiffonnée^ arrachée.

Oui, madame, c'est moi. Voilà ce qu'ils avaient collé sur le mur de la grand*porle. (a nt.) « Vente, môme sur une enchère... »

MARIA-ANTONIA, à demi voix.

Ohl mon Dieu, déjà...

HEURTEBIZE, continuant à lire.

« Du domaine et château de Mousseaux, meubles et » immeubles, terres, vignes, prés, bois, îles et mou- » lins... »

MARIA-ANTONIA

Et tu as arraché cette affiche?...

HEURTEBIZE

J'en arracherai tant qu'ils en mettront.

MARIA-ANTONIA

Tu as tort, mon pauvre Heurtebize, nous allons être vendus, il faut bien qu'on pose des affiches.

Mouvement de madame de Rocanèro.

HEURTEBIZE

Mousseaux vendu ! Si c'est Dieu possible I Un autre que madame me le dirait que je ne voudrais pas le croire.

MARIA-ANTONIA

Ne te désespère pas... On te laissera ta porte; les vieux serviteurs tels que toi font partie intégrale du domaine.

HEURTEBIZE

Ce n'est pas à moi que je pense, mais on a l'orgueil d'une maison dont on a été, pendant trente ans, le fidèle chien de garde, et je sollicite de madame, toujours si bonne, une faveur dernière.

MARIA-ANTONIA

Quoi donc ?

HEURTEBIZE

Nous sommes aujourd'hui jeudi, jour où le public est admis à visiter.

MADAME DE ROCANÈRE.

. Ah ! oui, la servitude des châteaux historiques.

MARIA-ANTONIA

Vous n'avez pas cela à Rocanère.

HEURTEBIZE, désignant r affiche qu'il tient toujours.

Si j'ai de ces saletés sur mon grand portail, j'aimemis mieux que ce soit un autre que moi qui parle et qui montre.

MARIA-ANTONIA

Non, non, mon brave, fais ton service comme d'habitude, on ne posera les affiches que demain.

HEURTEBIZE, 1res ému.

Merci, madame.

nsort.

Page 1