SCÈNE VII
LA MARÉCHALE, LE GARDE-NOBLE, puis ESTHER.
LE GARDE- NOBLE, regardant s'éloigner Esther, avec des youx flambo. anls.
Cristo! Qa'ellC est bella! (Baissant la voix et les paupières.) £t Simpatîca SUrlOUt. (ll 8'a.jrroch3 de la terrasse où la maréchnle est assise et accoudée, face au public, dans une pose senlimentale.)
Madame la maréçale...
LA MARÉCHALE, d'une voix djlcnte et mouillée de larmes.
Cher comle !
LE GARDE-NOBLE
Vous craignez pas de VOUS enrhoumer sourie balconel Vous seriez aussi bien pour plourer dans l'appartement... Ce soleil d'april est si traître!
LA MARÉCHALE, d'une voix nalurelk.
En effet, vous avez raison, je me sentais toute frissonnante.
Se L'vanl el entrant dans la salle.
LE GARDE-NOBLE
La saison est oun peu prématourée pour les promenades çampétres.
LA MARÉCHALE
C'est un caprice de celte enfant gâtée, une visite aux
bO LA LUTTE POUR LA VIE.
châteaux tic Touraine. Si nous nous installons définilivement en France, elle rêve de passer ses étés dans une do CCS demeures royales.
LE GARDE-NOBLE
Oune \rale petite reine, mademoiselle Esther ; ma renlrctiûn d une maison comme celle-ci demande oune graûde fortune-
LA MARÉCHALE
La tienne est considérable.
LE GARDE-NOBLE, à demi TOix.
Si, si, sîmpatîca, molto sîmpatica.
LA MARÉCHALE
Les Sélény de Buda-Pesth étaient deux frères, le feld-maréchal, mon mari, et le père d'Esther, gouverneur de la banque Impériale. Ils sont morts tous les deux, il y a quelques années, laissant un double et fiplendide héritage, l'un de millions, l'autre de gloire pui-e. Ma nièce et moi nous en partageons la survivance. Elle gère et fait valoir le bien paternel.
LE GARDE-NOBLE, arec intérêt.
Ah! Elle fait valoir?
LA MARÉCHALE
Un merveilloux homme d'affaires...
LE GARDE-NOBLE, exalté.
Si, si, c'est dans le sang, ces choses«lâ.
LA MARÉCHALE
Uûi, je me suis vouée toute à une chère et illustre