ACTE DEUXIÈME
ESTHER
Ah! oui, cette fameuse barrette... que vous avez égarée, laissée je ne sais où...
LA MARÉCHALE, à mi-voix.
Ohez une petite Parisienne rencontrée à la gare.
LE GARDE-NOBLE, arec une mine gentiment hypocrite.
C'est oune triste aventoure... En descendant de wagon, Monseigneur il me dit : « Pepino, porte le barrette. » Z'avais déjà le souquetto, vous savez, la petite calotte, avé le barrette, ça m'en faisait deux. Alors, zé mé seuls... perdu dans ces grandes salles... et zémé souis plous trouvé que lendemain matin...
LA MARÉCHALE, Imitant son accent.
Sans savoir chez quelle petite dame j'avais laissé la barrette et le souquetto.
ESTUER, distrait*}.
Était-elle encore jolie dans ce temps-là ?
LE GARDE-NOBLE, effaré.
La dame de la gare ?
ESTHER
Non, la duchesse...
Cristo! qu'elle était bella!... (eaïasant les yeux.) et simpatica, surtout.
ESTHER
Laissez donc ! toutes les femmes sont pour vous belles
et sympathiques. (Elle a passé et s^est approchée de la terrasse.)
Si LA LCTTE POUR LA VIE.
Dites donc, tanLc Kale, quel beau mausolée pour le
maréchal î
LA MARÉCHALE
Un mausolée^ oli donc ?
ESTUER, montraDt Thorlzon.
Là-bas, dans celle petite île verte, au milieu du Cher,
co serait superbe^
LA MARÉCHALE
liaîs^ mon enfant, on ne nous permettrait pas, il faudrait que la propriété fût à nous.
ESTHER
Justement, j'ai envie de Tacheter. 11 me plaît, ce Mousseaux historique. Cela m'amuserait de marcher dans les parcs de ces reines do France, de frôler ma robe aux milmes dalles que leurs traînes de brocart.
LA MARÉCHALE, rèreuse.
Hiî yffet, une colonne commémorative qu'on apercevrait de loin : a Au grand vaincu de Carinthie. » Vois, ma chÈrc enfant^ décide !
C'c^l tout décidé, donnez-moi une de vos cartes, (u
Enirêchate Inl pos^e utni carie d'un noir exagéré.) Oh ! CSt-Ce qUC
VOUS n'en avez pas de moins deuil, de moins drapées ?