‹ La lutte pour la vie; pièce en cinq actes, six tableauxChapitre 62 sur 119 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

ËSTHEfi, montrant le yalet de pied resté dans ratiUchainlire^

Paskéwitch lui a fait une belle peur en ciitracit; elle s'est sauvée dans sa cuisine... Pour qui cti jolicotivert avec ces muguets sur la table? Vous aLtcndeii votre amoureux?

LYDIE

Oh! mon amoureux...

ESTHER

Oui, je sais, on vous a taillée à facettes dans un glaçon très pur, très clair, mais gare un jour si le ilégtl arrive!

LYDIE, sourire gène.

Je n'attends que mon père pour le moment, c'osl son heure.

ESTHER

Je serai contente de le connaître, M. VuillanL C'est un ancien militaire? (iiontrant les mars.) Je voî^ là toutes CCS batailles. . . ces armes !

LYDIE

Non, mon père n'a pas servi. C'est pourtant uneamo de soldat, de héros; l'honneur, l'abnégation , la discipline en personne! Mais il a manqué sa vie comme tant d'autres. Il s'en console en regardant des images. Cela nt* suffit pas toujours à l'égayer. Depuis quelque temps surtout, le pauvre homme est bien songeur, bkn sombre- Que voulez-vous? c'est ce désaccord éternel du r-^ive et de TactioD, de ce qu'on a et de ce qu'on désirej f\nl^ à la longue, décourage de vivre.

ESTHER

Oh bien! moi, le rêve et l'action n'ont juimiis fait

Ik LA LUTTE POUR LA VIE.

qu'un dans ma. vie. J'ai réalisé tout ce que j'ai voulu, du moînB jusqu'à présent. (Regardant sur le buffet.) Elles me tenlenl, vos cerises, on peut?

LYDIE

le crois bien!

£STHËB, Cloquant des cerises et marchant de long en large.

Ahl je ne sais pas ce que j*ai ce matin. Je ne peux pas tenir f?n place. Je me sens des nerfs... une trépidttUQn.

LYDIE, douccmotit.

gu^Hl-u^ (]u'ily a?

ESTHER, gaiement.

Kien, je suis folle, voilà tout. Oh! pas la grande folie, pas à oiirerrner, non, ce que j'appelle « le jardin du Directeur ?), uu petit air de « tourneboulage ». Ça vous éUmxiQ, Yiïus si paisible, si calme.

LYDIE

Vous avnz du chagrin, dites?...

ESTHER, après uo temps.

Vous n'y eulendriez rien à mon chagrin.... d'abord c est surtout de la colère...

LYDIE

Eh bien, tdchez-vous, grondez...

ESTHER

Je huis trop seule à Paris... Personne à qui me conlier,

LYDIE

La maiéliali;.*

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