‹ La lutte pour la vie; pièce en cinq actes, six tableauxChapitre 66 sur 119 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

bustes, des portraits, des ex-voto, et cela à Paris eomme à Vienne!... nous voyageons avec le matériel.

VAILLANT, très gai.

Est-elle méchante I

ESTHER

Laissez donc; au fond, ma tante n'a jamais été aussi heureuse que depuis son deuil. Si vous l'entendiez quelquefois, quand nous sommes seules, quelle joie d'enfant, que d'expansion et de belle humeur!... Seulement, pour la galerie, veuve de grand homme et surtout prisonnière de ses démonstrations. Comment voulez-vous dire aux domestiques : « Enlevez le chapeau du défunt de l'antichambre, » ou « Feu M. le maréchal ne déjeune pas ce matin. »

VAILLANT, riant.

En effet, c'est assez difficile... mais j'y songe, madi3moiselle, vous n'avez pas les mêmes motifs que le maréchal, vous... si vous déjeuniez là, avec vos amis, à la bonne franquette.

LYDIE, un peu coofuse.

Oh ! père...

ESTHER, souriant, arec une pointe de moquerie.

Merci, monsieur Vaillant!... Cela me ferait certainoment beaucoup de plaisir ; mais voyez-vous ma pauvre tante en tête à tête avec son héros... Non, non, je me sauve; à demain, ma chère, la voilure viendra vous prendre de bonne heure.

VAILLANT, remontant la scène arec elle.

Je ne Tai point vue en bas votre voiture... vous êtes donc venue à pied ?

ESTHER

J^adore i;a„, on se retourne. J'ai mis toute votre rue du Temple eu rumeur... (au domestique.) Paskéwitch, mon

manteau, (Debout sur la porte de l'antichambre et les regardant pËiidaaL qu'an lui met son manteau.) G'est égal ! je SUlS COOtente

d'être venue ici; ces deux couverts, cette petite table, Lydie avec son grand tablier, c'est un Paris que nous nu 1res ètranj^rs nous ne soupçonnons pas, dont vos auteurs ne nous parient jamais. Adieu ! (eho sort accom-

paifnfie par Taillrt^t Jusque sur le palier.) Au rCVOir, mOUSicUr

VaillanU

LYDIE, toujours immobile et à demi voix.

Cette fois, je Pai, mon coup de couteau ;-je Tai en pleine poitrine.

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