ACTE TROISIÈME
ANTONIN
Très bien.
VAILLANT
J'en ai rêvé, moi de notre visite à ton laboratoire et de tout cet assortiment de mort aux rats.
LYDIE, à Anlonin, très vite, inlention évidente d'interrompre son père.
La maman? les sœurs ?
ANTONIN
Tout le monde. On est à la joie, vous pensez, grâce au parrain qui nous a fait rendre Tancien bail.
VAILLANT
Grâce à la duchesse, mes enfants... Est-ce drôle que je ne peux pas rappeler autrement?... (a Antonin.) Tu as vu, elle est revenue à Paris, le ménage est ressoudé.
ANTONIN
J'ai vu.
Il regarde à la dérobée Lydie qui s'active à servir. VAILLANT.
On parle dans les journaux d'une grande fêle de charité à Thôtel Padovani. Ils vont partout ensemble; l'autre jour à une chasse à courre chez les Brétigny, on a fait à la duchesse, comment dit-on... Ah ! les honneurs du pied I
ANTONIN, bas et furieux.
C'est à son mari qu'on aurait dû les faire, les honneurs du pied.
Il esquisse un geste avec sa botte. VAILLANT, qui rit tout en mangeant.
Tu lui en veux toujours!... Tout de même... c'est
quelqu'un ce Paul Asiier. Tu ai; lu hier son discours à la Clmmbre? Il ne phrase pas celui-là... quoique fil» (l'académicien. Il va droit à son affaire.
ANTONIN
Ouï, un de nos jolis strug lifeurs,
VAILLANT
Tu dis.
ANTONIN
Strug lifeurs, ou Struggle for lifeurs, c'est le nom quUcrscher, dans son dernier livre, donne à cette rare nouvelle de petits féroces, à qui la bonne invention de la lutte pour la vie sert d'excuse scientifique pour toutes sortes de vilenies.
VAILLANT
C'est pourtant la loi de nature, comme il nous
disait Fautre jour.
ANTONIN
Oui,., la loi des forêts et des cavernes. . mais nous n en sommes plus là, Dieu merci! L'homme s'est mis debout depuis le temps, il a inventé le feu, la lumière, Ja cQoscience et la vie morale, il a fait peur aux fauves.
VAILLANT
Mange donc, petite...
ANTONIN
Maintenant les fauves se revengent. Les entendez-vous gronder, se déchirer autour de Técuelle?
VAILLANT, à Lydie.
Mâtin, comme il parle.