‹ La lutte pour la vie; pièce en cinq actes, six tableauxChapitre 83 sur 119 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

CHEMINEAU

Qui donc?... Ta femrae?

PAUL ASTIER

Ahl ouat... (il déboutonne son gilet.) ma fciume! .. Lydie, la petite Vaillant, (ii arrache sa cravate et la jette.) Un miracle! Je passe avenue Gabriel... Je vois de la lumière au rez-de-chaussée.

CHEMINEAU

Ta garçonnière?

PAUL ASTIER

J*entre, mon cher, et dans les fleurs, dans Téclairage, tout le tremblement des jours de grande séance, je la trouve en train de s'envoyer ad patres.,, « Je suis venue mourir chez nous. »

CHEMINEAU

Charmante !

PAUL ASTIER

Me vois-tu, dans ma situation, avec cette histoire sur

les bras ! (n retire son gilet et le Jette sur le Ut) DOUX minules

plus tard, ça y était.

CHEMINEAU

En voilà une affaire!

PAUL ASTIER, le linge chiffonné, l'air tragique, les manches relerè^s snr ses robustes bras nus.

C'est qu'elle y tenait, la mâtine... 11 a fallu se battre lui arracher la mort d'entre les dents... et encore je ne suis pas sûr qu'elle en réchappe ! C'est qu*elie en a bu une vraie goutte, et pas du poison pour rire. (FooiUant

dans sa poche et en retirant un petit flacon rose.) StrychuinC, aCOnl^

m LA LUTTE POUR LA VIE.

Une, je ne sais quoi, tout ce qu'elle a pu trouver de mieux chez son Antonin...

Il dépose le flacon au bord d'une lable à droite, entre dans son cabinet et yerse l'eau.

CHEMINEÀU.

Antonin?... Ah! oui, le... le... enfin, n'est-ce pas? Le .potard!...

PAUL ASTIER, se retournant tout en se lavant la figure.

Parfaitement...

C El E M [NE AU, s* approchant et regardant la fiole, les mains derrière le dos, comme s'il craignait d'être mordu.

En effet, ça a l'air sérieux, cette tisane-là. (n tend le nez, (lEiire et se détourne.) Drôle d'idée, tout de même... il faut aimer rudement un homme... As-tu de la veine! .. mais as-tu de la veine!... Et comment t'en es-tu tiré?

PAUL ASTIER, rentrant, le cou et les bras nus qu'il essuie.

Un vrai tour de force 1 D'abord le médecin, les drogues, les larmes. Puis, en moins d'une heure, j'ai pu la consoler et la reconsoler, lui prouver clair comme le jour que je n'aimais qu'elle au monde, quelle n'avait qu'à rentrer bien sagement chez petit père. Et tout le tempSj cette idée qui ne me quittait pas : vingt-cinq personnes à dîner chez moi.

Il rentre dans le cabinet et jette sa serviette. CHEMINEAU.

Sapristi! tu es fort!... Moi, de penser à ces vingtcinq personnes, ça m'aurait coupé l'appétit.

PAUL ASTIER

Mal h eureusemen t. . .

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