‹ La lutte scolaire en Belgique (volume 2)Chapitre 17 sur 47 · CATEGORIES · texte numérisé non relu

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Catégorie A. Communes où les écoles officielles ont de 0 à 25 élèves .

— B. Où les écoles officielles ont de 26 à 50 élèves

— C. Où les écoles officielles ont de 51 à 100 élèves . .

— D. Où les écoles officielles ont de ICI à 1000 élèves.

— E. Où les écoles officielles ont plus de 1000 élèves . .

Ces chiffres sont éloquents.

Ils établissent tout d'abord d'une manière définitive la victoire de l'enseignement libre sur l'enseignement officiel et marquent, à ce point de vue, un progrès sensible sur la situation de décembre 1879.

L'avantage reste à la partie flamande du pays : les écoles neutres n'y ont guère au delà du quart des élèves (25. 48 pour cent). Dans certains arrondissements, la proportion est particulièrement frappante : Alaeseyck, Saint-Nicolas, Turnhout donnent aux catholiques plus de go pour cent de la population scolaire ; à Thielt, à Roulers, l'enseignement libre compte près de 96 pour cent du nombre total des élèves.

Les résultats continuent d'être moins brillants dans les provinces wallonnes; cependant, ici encore, le progrès est incontestable. Le Luxembourg est définitivement conquis. La province de Namur est en sérieuse avance : au lieu de 44 écoles, établies dans une trentaine de communes, — situation de 1878, — l'enseignement libre y compte maintenant 344 écoles, fonctionnant dans 229 communes. Le gouvernement ne l'emporte plus que dans les provinces de Liège et de Hainaut. Une autre conclusion ressort de l'examen de ces statistiques, c'est que, grâce à la concurrence et au zèle des catholiques, l'ensemble du pays a fait, en quelques mois de temps, un progrès considérable au point de vue scolaire. Les provinces où la fréquentation des écoles était la plus faible ont vu le nombre des élèves augmenter dans une proportion surprenante, partout où la liberté est venue faire la concurrence à l'enseignement officiel. Sept provinces donnent une proportion de 15 élèves par 100 habitants; seules, les

deux provinces de Hainaut et de Liège affirment le règne des lumières libérales avec une proportion de 12 élèves par loo habitants.

Le coup était rude pour le gouvernement.

Le résultat obtenu d'emblée par les catholiques contre les forces coalisées de l'Etat dépassait toute attente; la loi de 1879 devenait une « loi de malheur » pour ses inventeurs, un bienfait pour ceux dont elle devait ruiner les croyances. Cette situation arrachait à M. de Laveleye cet aveu significatif: «Je ne connais pas de preuve plus remarquable de la force dont dispose l'Eglise que ce qu'elle a fait en Belgique depuis la réforme de l'enseignement primaire en 187g. Deux ans lui ont suffi pour avoir, dans presque toutes les communes du pays, une école de garçons et une école de filles, et pour y attirer un nombre d'élèves beaucoup plus considérable que celui des écoles officielles (i). »

Et quel puissant renouveau de la vie catholique elle attestait, cette génération spontanée d'écoles libres!

Des divisions agitaient l'opinion catholique : elles sont tombées, oubliées presque. Le parti était dépourvu de program.me et de cohésion : le programme est désormais trouvé ; l'union s'est faite autour du drapeau de l'enseignement libre. Les catholiques souffraient du défaut d'organisation ; ils manquaient d'hommes d'action, de vitalité : l'organisation, ils se la donnent en fondant leurs écoles; les recrues, elles leur arrivent en foule, suscitées par la campagne scolaire, par les meetings de protestation, par la création du Denier des écoles. Partout les sacrifices retrempent les caractères. Les jeunes

(I) Revue de Belgique, septembre 1881.

gens se forment à la parole publique et s'habituent au feu; les hommes de dévouement se rapprochent; ils apprennent à se connaître et à s'entendre ; les indifférents eux-mêmes prêtent leur concours à la résistance. Mais nous n'avons envisagé jusqu'à présent qu'un des aspects de la lutte : l'organisation scolaire des catholiques. Occupons-nous maintenant de leurs adversaires : la persécution du gouvernement libéral est féconde en enseignements précieux; elle n'eut d'ailleurs d'autres résultats pratiques que de susciter des héroïsmes nouveaux parmi les catholiques et d'assurer le triomphe final de leurs efforts.

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