CHAPITRE V
Splendeurs de l'enseignement officiel.
Faute de pouvoir supprimer les nouvelles écoles libres, le gouvernement devait se mettre en mesure d'en soutenir la concurrence et, dans ce but, faire appel à toutes les forces, utiliser toutes les influences dont il disposait. Sa politique suivit deux phases, dont la seconde ne fut d'ailleurs que le prolongement naturel et l'aggravation de la première.
Le gouvernement commença par compléter son personnel et ses établissements scolaires, s'efforçant, pour peupler les écoles officielles et pour rassurer les familles, de masquer le caractère neutre ou irréligieux de son enseignement, contrecarrant l'enseignement libre par des moyens indirects ou non avoués, le persécutant au nom de 1' « intérêt général. » Puis, lorsqu'il s'aperçut que la relative modération de cette politique ne trompait personne et n'avait d'autre effet que de mécontenter les radicaux, le gouvernement, épousant les revendications de la Gauche avancée, engagea contre toutes les libertés publiques une persécution acharnée et ouverte; la Constitution et les lois furent violées, l'enseignement libre publiquement dénigré, traité de criminel et combattu par un ensemble de
mesures dont on ne songeait même plus à cacher l'esprit de parti : ce fut la phase extrême de la lutte ; nous nous en occuperons plus loin.
Dans les pages qui suivent nous nous efiforcerons d'esquisser l'application proprement dite de la loi de malheur et la première période de la persécution libérale.