CHAPITRE VII
Le soulagement universel de i884.
lilécontentement général du pays contre la politique;da ministère. — La campagne électorale de 1884. — Les libéraux. — Les catholiques. — L' c Union nationale. > — Le programme. — Les élections du zo juin. — Eclatant triomphe des catholiques. — Conclusion : la lutte scolaire doit nous servir d'exemple pour les luttes d'aujourd'hui, d'avertissement pour les combats de demain. — Bienfaits réalisés par le parti catholique au moyen de la liberté. — Les libéraux d*au« jourd'hui. — Leurs aveux; leurs manœuvres. — Ce que serait une nouvelle lutte scolaire. -* Continuons à lutter pour notre enseignement catholique et libre.
' I.e mécontentement contre la politique du ministère devenait général. Pendant les six années de sa domination, le gouvernement libéral avait épuisé toutes les forces vivea^ exploité toutes les ressources du pays; il avait foulé aux pieds notre passé national et compromis l'avenir. Le pays -en avait assez de son intolérance, de son mépris du droit
commun, de sa haine contre la liberté, de sa servilité à. l'égard du radicalisme. Il lui reprochait la centralisation à outrance du pouvoir, l'usurpation de Tautonomie locale, le désarroi sans pareil introduit dans Tadministration. H réprouvait ses falsifications intéressées du régime électoral, llmpéritie et les gaspillages de sa gestion financière, la crise éco« nomique et immobilière qui en était le naturel contre-coup. Il lui en voulait d'avoir, pendant six ans, tout sacrifié à desintérêts de parti, d'avoir réservé ses places et ses faveurs aux créatures de la franc-maçonnerie, d'avoir traité en ennemis ou en suspects tous ceux qui pensaient autrement quelui, d'avoir introduit dans toutes les fonctions, et jusquedans la magistrature et l'armée, le servilisme et l'esprit de combat. Mais il lui reprochait surtout la persécution reli-gieuse et scolaire qui avait été la préoccupation dominante et l'objectif principal de sa politique.
La traque aux prêtres, aux fabriques d'église, aux œuvres charitables; les spoliations accomplies, celles» bien plus graves encore, dont toutes }es institutions religieuses étaient menacées; les parades d'impiété et de libre-pensée renouvelées chaque jour avaient ouvert les yeux des mpins clairvoyants et démontré la nécessité de sauvegarder au plus tôt la foi, la charité et la liberté contre les sectaires qui avaient juré de les exterminer. Quant à la loi de malheur, elle succombait sous l'universelle réprobation, et avec elle étaient condamnées les vexations de tout genre qui avaient accompagné son exécution. Les populations en avaient assez de la guerre scolaire, des prodigalités sco—
laires; de Tenquête scolaire; elles étaient excédées de la pression administrative, de la délation systématique et de l'hostilité violente au moyen desquelles on s'efforçait d'asservir les consciences et de ruiner renseignement privé; elles étaient irritées de cette politique anti-catholique et antinationale qui mettait le libéralisme partout et ne laissait la ^ liberté nulle part, c Le véritable objet de la lutte de demain, écrivait la Gazette^ à la veille des élections de i884« ne l*oublions pas, c'est la loi scolaire. »
Beaucoup de libéraux modérés et d'éléments intermédiaires, effrayés ou dégoûtés de la lutte et résolus" à ne pas laisser sacrifier tous les intérêts vitaux que compromettait leur parti, se détournaient eux-mêmes du eouvemement; le pays entier demandait du calme, du repos, •des économies, du respect pour les droits de chacun; le besoin de réaction et de réparation se manifestait de toutes parts.
C'est dans ces conditions que s'ouvrit la campagne -électorale de 1884.
Les libéraux étaient divisés : ils se sentaient d'avance condamnés et moralement vaincus. Comme s'ils eussent voulu achever d'éclairer les esprits, ils dépensèrent tout ce . •qui leur restait de force en un dernier accès de rage sectaire; la campagne, de leur côté, consista surtout i étaler dans les journaux et les réunions publiques leurs haines anticléricales et leurs querelles intestines. M. Bara se fit à la Chambre un titre de gloire de toutes les mesures vexatoires et tracassières dont les catholiques, et en particulier
le clergé, avaient eu à souffrir sous son règne (i). A Bruxelles, les radicaux socialistes et les doctrinaires minbtériels se déversèrent mutuellement des injures pendant plusieurs semaines, c Jamais, depuis 1830, écrivait le National, la Belgique n*aeu un ministère plus indigne; il restera légendaire et sera justement flétri dans Thistoire de notre pays sous le nom de c ministère des incapables. > Il s'en ira avec Taversioa •de ses anciens amis et sans avoir Thonneur d'emporter Testime de ses adversaires ; il sera précipité dans la tombe; honni et conspué par l'immense majorité des citoyens belges et en tête de ceux-ci, par tous les vrais libéraux ! (2). » A ces -invectives la presse ministérielle répondsût en traitant les radicaux de la capitale de « lourdauds» » de c hâbleurs de cabaret » de < disciples du grand écart » et de c valetaille indiscrète. > Elle les accusait de c pervertir complètement le sentiment public. » — c L'arrondissement de Bruxelles, déclarait-elle, se prépare la gloire assurément nouvelle d'envoyer aux assemblées délibérantes des représentants ^•capables d'y entrer en marchant sur les mains ou en faisant le saut périlleux (3). »
Dans les meetings préparatoires aux élections, doctrinaires et progressistes rivalisèrent d'intolérance religieuse. Les premiers reprochaient aux seconds de mettre leurs revendications démocratiques au dessus de leur anticléricalisme.
(I) Séance dn 7 février 1884.' <2) Lt National^ 9 jntn 1883.
<3) Le Précurseur^ mai 1884.^
Un radical, M. Hanssens, faillit échouer au poil de TAssocia^ tion libérale de Bruxelles : on lui reprochait d'avoir fait don-^ ner à sa fille des leçons de catéchisme; mais, heureusement pour lui, il se trouva que Taccusation était fausse. M. Picard se vit imputer à crime d'avoir parfois défendu des catholiques devant les tribunaux. Vainement allégua-t-il sa qualité de membre de la Libre-pensée, un enterrement civil auquel il avait fait procéder i la campagne, la défense faite a uninstituteur de parler de religion à seÉ enfants» lesquels d'ailleurs n'allaient pas à la messe et n'avaient pas fait leur première communion. M. Picard fut écarté; un poil ingénieusement combiné le renversa, lui et les quinze autres candidats sortants. Ce fut alors que M. Picard lança contre le gouvernement doctrinaire la phîlippîque indignée où il annonça < les élections du mépris. > Ces excès tapageurs achevèrent de déconsidérer la majorité. A Bruxelles, les éléments honnêtes ou simplement clairvoyants du parti libéral résolurent de secouer le joug des clubs et des associations : ils s'unirent aux catholiques; le Parti Indépendant fut formé.
Tandis que les libéraux s'efforçaient de terroriser le pays par cette agitation factice, les catholiques» de leur côté» se préparaient aux élections.
L'ardeur déployée dans l'organisation de l'enseignement libre et dans la lutte contre la persécution religieuse avait été la préparation lointaine — et salutaire entre toutes — de la campagne de 18S4. Dès 1882, M. Beernaert pouvait s*écrier» en contemplant les progrès de son parti : c Jamais-
les catholiques belges n*ont été aussi unis! » Cette union dans la lutte et dans les œuvres alla en se fortifiant. En 1883, au fort du Kulhtrkampf scolaire, quelques catho liques résolurent de la sceller par une institution nouvelle: ils créèrent X Union nationale pour le redressement des £riej s. Uidée fut accueillie avec faveur. Des comités se formèrent dans les principaux centres d'activité du pays, et bientôt Y Union nationale compta des milliers d'adhérents. L*élan qu*elle donna aux protestations des catholiques et les meetings qu'elle or^^anisa partout contribuèrent beaucoup à la victoire de 1884.
En même temps s'élaborait un programme de réformes immédiates et urgentes, que M. Jacobs formula en ces termes à l'Association conservatrice d'Anvers:
I. Réforme scolaire, abolition d*une loi qui gaspille, pour des écoles dont plus de la moitié du pays ne veut pas, le double de ce que coûtaient des écoles qui convenaient à tout le monde.
i. Réforme électorale ayant pour but d'étendre le droit de suffrage dans les limites constitutionnelles, en bala^^ant les tricheries et les chinoiseries qu'on a accumulées depuis dnq ans.
3. Réforme ayant pour but d'étendre l'autonomie des provinces et des communes.
Ce programme devint celui de tout le parti catholique. Les journaux le reproduisirent et le commentèrent à Tenvi Les orateurs en firent le thème favori de leurs discours, pendant la campagne électorale.
Les troupes catholiques arrivèrent au combat admirablement organisées, unies, disciplinées, pleines de résolution. Chacun fit son devoir. On vit des électeurs accourir* de
Constantinople, du Caire, d'Alexandrie, pour déposer dans Fume un bulletin de vote.
La journée du lo juin dépassa toutes les espérances. Le ministère fut battu à Bruges, à Ypres, à Ostende, i Nivelles, à Louvain; il le fut à Anvers, à Namur, à Philippe ville, à Marche; il fut battu à Neufchâteau, où le prêtrophobe Bouvier n'échappa au désastre qu'à une équivoque majorité de sept voix; il fut battu enfin à Bruxelles, où les indépendants renversèrent toute la députation radicale. Deux ministres restèrent sur le champ de bataille : MM. Van Humbeeck et Olin; quant aux catholiques, ils entrèrent à la Chambre avec 34 voix de majorité. < Ce n'est pas une défaite, s'écria la Gazette, c'est un écrasement >
D'un bout à l'autre du pays un cri d'allégresse retentit On respirait enfin. Dans les campagnes, la victoire du 10 juin fut célébrée par des réjouissances populaires, au milieu d'un enthousiasme impossible à décrire. Les petites villes des Flandres firent chanter le Te Deum sur les places publiques; les directeurs des comités scolaires, les membres du Denier des écoles, les instituteurs démissionnaires» entourés de tous les enfants de leurs classes, furent acclamés et remerciés pour 1 énergie de leur résistance. C'était vraiment le < soulagement universel! »
Ma tâche est terminée.
Vingt-deux ans se sont écoulés depuis les élections du soulagement universel, et les catholiques ont conservé
intact lliéritage que leur ont transmis les vainqueurs de 1884. A la politique' d'intolérance et de persécution du cabinet Frère-Orban ils ont fait succéder une politique d*apaisement et de réparation; telles ont. été la sagesse et Timpartialité de leur gestion que leurs adversaires demeurent impuissante à formuler contre eux le moindre grief sérieux. En même temps, les catholiques ont gardé leur vitalité, leur enthou* siasme, leur forte organisation; la liberté, mise au service de convictions religieuses inébranlables, a continué de pro* duire dans nos rangs des fruits remarquables; elle est, plus que jamais, le principe vital de nos œuvres. Détentetirs du pouvoir, nous n'avons eu garde de retomber dans les errements des catholiques de 185a Nous avons conservé la plupart de nos écoles libres et chaque année nous dépen* sons pour leur entretien au-delà de cinq vtilliofis. De pareils résultats sont réconfortants; ils sont plus étonnants, par leur perdurance après vingt-deux années de pouvoir, que l'effort gigantesque réalisé pendant quelques années de lutte, sous l'empire d'une nécessité pressante.
Cette situation brillante est, pour une large part, le fruit de la lutte scolaire. C'est à l'école de la persécution que le parti catholique belge s*est retrempé dans l'usage de la liberté; ce sont les vaillants lutteurs de 1879 ^^ ont fait de notre parti ce qu'il est. Mon devoir, en déposant la plume, est de leur apporter le témoignagne public de la reconnaissance de ceux qui les ont suivis. Ce sentiment est pour jamais ancré au cœur de leurs contemporains puisse*t-il être partagé par les générations qui se lèvent:
c*est pour elles surtout que ces pages ont été écrites.
Mais la reconnaissance, ici, doit se traduire par autre chose que par des hommages: la lutte scolaire doit nous servir d*exemp1e pour les luttes d*aujourd'hui, d*avertissement pour les combats, plus ardents peut-être, de demain.
Que feraient nos adversaires, si les hfisards du scrutin les ramenaient jamais au pouvoir? Ils reprendraient Tœuvre néfaste de 1879; ils la recommenceraient en Taggravant encore. Depuis 1884, les libéraux belges n'ont rien appris ni rien oublié. Us n'ont« semble-t-il, qu*un seul regret : c*e5t de ne pas s'être montrés assez violents lorsqu'ils étaient les maîtres (i); ils ne manifestent qu'une ambition : c'est de reconquérir le pouvoir pour persécuter les catho* liques et détruire le sentiment religieux (2). Les solutions les plus radicales ne les effraient plus : investis du pouvoir, ils décréteraient la neutralité absolue de l'école publique; ils imposeraient au pays renseignement obligatoire et laïque; ils feraient à l'enseignement libre une guerre sans merci; ils fouleraient aux pieds la liberté des pères de famille et l'autonomie des communes; ils s'attaqueraient à la liberté d'association. Pour réaliser ce programme, qui est celui de tout leur P^rti (3), les libéraux n'hésiteraient pas à faire cause commune
(i) « L'histoire ne le te répète pas tonjouit, foivait le Petit Bleu en octobre 1904; si les libéraux de 1879 avaient fait preuve de plus tt énergie^ n le gouvernement de M. Frère-Orban avait eu de la poigne^ U comédie cléricale annit sombré dans le ridicale. Experientia doeet, »
(s) c C*est le sentiment et Tesprit religtenz qu'il faudrait entamer directement, • déclaraient, en décembre 1902, V Indépendance et la Chronique.
(3) Le programme scolaire dii parti libéral a été doctoralement exposé par M. Jasson dans le Ralliement du 24 février 1904 ; en void kt points prindptux :
avec les socialistes. Aujourd'hui déjà ils ferment volontiers les yeux sur les parties les plus subversives du programme révolutionnaire; demain ils suivraient le drapeau rouge lui-même, pourvu que celui-ci les conduise i Tassant de nos droits les plus essentiels. Quant aux socialistes» ils exploitent, dès i présent, avec succès la passion antireligieuse de ces complaisants auxilisures; ils sont prêts à accueillir leurs avances sur le terrain scolaire (i); un de leurs chefs Ta dit
I* Lits communes de setond »rdr€ perdront an prtfit de VEiat leurautomù* mû actueUi en matiirt d'emui^ntmtni primaire.
« Ce tenit à ooap sûr nne réforme doot l'expérieiioe du pasiè a montré la néoeuîté et la légitimité, que celle qui» dans les communes d*iine population en dessous d*an chiffre déterminé, investirait r£ut seal de la mission de pourvoir au finus et à Tcrganisation de l'instruction publique. %
3* L'Etat $eul pourra former Ut instituteurs,
« La liberté d'enseignement n'implique à aucun titre que des institutenis oa des professeurs formés par l'enseignement libre pourront être appelés à snppUnter le personnel auquel l'Etat, après l'avoir recruté et formé dans ses propres établissements, a conféré, avec toutes les garanties nécessaires, des diplômes de capacité. »
30 Suppression des subsides aux écoles libres.
« La liberté d'enseignement n'implique pas davantage qoe l'Etat, la province et b commune auront & subsidier l'enseignement libre et à susciter et (avoriser ainsi sa concurrence à l'enseignement public »
4* Les élèves sortis des établissements libres seront exclus non seulement des fonctions publiques^ mais de toutes les prof euions libérales.
« La liberté d'enseignement n'implique pas non plus que des instituteurs libres puissent, comme c'est le cas aujourd'hui, délivrer les diplômes donnant accès ans fonctions publiques ou à l'ezerdce de professions dont les titulaires, dans un intértt social supérieur, doivent justifier d'une capacité dont il appartient à l'Etat d?appré> der le degré et la mesure. •
Tous les grands organes libéraus, y compris V Indépendance^ ont applaudi A ce programme.
(1) En matièie d'enseignement, les socialistes ne restent pas en arrière des libéraux.
Le Parti ouvrier formule ainsi son programme scolaire 1 « Instmctioa
avec raison : c l'école neutre est la pépinière. du socialisme. » La coalition anticléricale, voilà l'idéal politique de nos communs adversaires. Pour déchristianber Técole, pour arracher des âmes à l'Eglise, pour mettre à sac renseignement libre, il y aurait à l'instant accord parfait entre les librespenseurs de toute nuance; tous rivaliseraient d'ardeur pour formuler les solutions les plus voisines du monopole et pour instaurer en Belgique une c politique à la française. » Que dis-je? Dès aujourd'hui les représentants les plus qualifiés des partis d'opposition proclament ouvertement leurs sympathies pour la politique persécutrice qui sévit en France. . Dans la plupart des grandes villes et dans bon nombre de . communes industrielles de la partie wallonne du pays, le bloc anticlérical est, même déjà formé et nos adversaires, tant socialistes que Ubéraux, se sont mis à l'œuvre. Ils essaient, sur le terrain de la politique communale, de faire en petit ce que leurs prédécesseurs ont fait en grand; ils s^efforcent de ramener aux principes de la loi de malheur les dispo-
primaire intégrale, laïque et obligatoire aux frais de l'Etat Entretien par les ponvoin publics des enfants fiiquentant les écoles. Insttuction fnpérienre et Uîqoe aux frais de l'Etat. »
< Si nous étions les maitres, s'écriait à la Chambre, le 31 mars 1903, M. Terwagne, député socialiste d* An vers, nous ferions de l'enseignement un véritable service public, à l'abri des falsifications de l'enseignement religieux. »
Et l'organe des socialistes gantois, le Vcoruii^ ajoutait, quelques mois plus tard : « Nous voulons qu'il n'y ait qu'une école, où tous les citoyens doivent envoyer lems enfants. Dans un pays librt^ l'école officielle devrait seule être possible. U est des libertés qui tuent, qui renferment plus de poison que d« nourriture, — de ces libertés qui sont la cause que la liberté d'autrui est exposée et enchaînée sans cesse. Telle est la liberté d'enseignement »
sidons de notre législation actuelle; ils soutiennent par tous les moyens iin enseignement dont le plus clair résultat, de ravis de ses partisans eux-mêmes, est de former des générations de libres-penseurs; ils se dépensent en efforts pour arracher aux familles dont les enfants faéquen* tent les écoles officielles, la dispense du cours de religion.
Ce sont là des avertissements salutidres et qui commandent aux catholiques une vigilance sans cesse en éveil.
Sans doute, la perspective d une nouvelle* lutte scolaire ne serait pas pour nous décourager : nous pourrions en envisager Tissue finale avec autant de confiance que les catholiques de 1879. Le sentiment religieux est encore profondément enraciné au cœur de nos populations. Le parti catholique est plus aôtif et mieux organisé qull ne rétait à la chute du cabinet Malou: ce qu'il a fait alors^ il le recommencerait avec une générosité et une énergie au moins égales. Le pays» enfin, est, moins que jamais^ disposé i se prêter aux vexations d*un gouvernement oppresseur; il ne supporterait pas longtemps les excès auxquels nos adversaires, maîtres du pouvoir, se laisseraient infailliblement entraîner.
MaiSt pour brève qu'elle serait, une nouvelle période de lutte causerait des ruines effroyables. Notre devoir est de les prévenir et de préserver avec un soin jaloux ceux de nos droits que l'ennemi menace davantage. L'enseignement catholique occupe le premier rang dans les antipathies de nos adversaires : c'est lui que nous devons avant tout sauvegarder. Il est la plus belle conquête que la
liberté ait faite sous le feu de la persécution libérale; il est le rempart inexpugnable contre lequel sel3risent, aujour* dliui encore, les attaques de Tennemi : il est notre ancre de salut dans Tavenir et le gage assuré de nos triomphes futurs. Ne le laissons pas dépérir, et continuons i lutter pour lui, en nous souvenant que la liberté ne garde que ceux qui savent la garder.