SOMBRE D'ÉLÈVES
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(l) A\ A Cette diminution n*est qu^apparente : elle provient de ce que certaines écoles ou sections, considérées par erreur en 1880 comme primaires «ont été comprises en 1882 parmi les écoles gardiennes.
Plus de 622,000 élèves dans les écoles catholiques primaires et gardiennes! Plus de 42,000 enfants gagnés en deux ans de temps I On était loin du c pitoyable avortément » prédit par M. Frère. Et ces résultats magnifiques s'accentuèrent jusqu*à la fin de la lutte : Tannée 1883 vit la population des écoles libres s'accroître encore de plus de 20,000 élèves. C'était la justification de cette parole de M. Béernaert : « Jamais, avait dit, en 1879, Téminent homme d*Etat, le gouvernement n'arrivera à séculariser les consciences chrétiennes! >
La partie était irrémédiablement perdue pour les libéraux. Le gouvernement s'en rendait compte. Il voyait avec dépit le pays se prononcer chaque jour avec plus de force contre sa gestion. Pour prévenir une débâcle qu'il sentait imminente, il se lança à corps perdu dans le radicalisme, dernière planche de salut contre le c péril clérical »
Le 3 juillet 1883, il avait déposé un projet de loi sur l'instruction obligatoire (1). Quelque temps après, il chargeait M. Laurent de rédiger un avant-projet de loi sur les associations et sur les fondations de bienfaisance et d'enseignement (2). Le premier de ces projets, dont le but à peine
(i> Ce projet établitsait tout un système de pénalités contre les parenU qui refusaient de satisfaire k robltgation scolaire. Les peines allaient jusqu'à Tempri» •sonnement de trois jours, renouvelable de trois en trois mois en cas de résistance prolongée. L'obligation scolaire portait sur toutes les matières spécifiées dans la loi du I*' juillet 1879. Comme moyen de contrainte, le projet érigeait In délation eu permanence et conférait .aux comités scolaires officiels tontes 'torten oe pouvoirs nouveaui.
(2) Le projet de M. Laurent parut en novembre 1885; il éuit compris dan VAvant'Projtt de révision du Code civil (tome III). Jamais la haine sectairo
dissimulé était de frayer la voie au monopole scolaire del'Etat; ne fut pas discuté. Quant au second, il faillit avoir* un commencement de réalisation.
Pour donner un regain de vigueur à l'opfoion libérale,, les hauts dignitaires de la franc-maçonnerie résolurent délivrer un formidable assaut aux biens des congrégations religieuses : ils décrétèrent V < enquête sur la main^morte. » Le 23 janvier 1884» MM. Goblet d'Alviella, Janson, Callier, Lippens, Jottrand et Robert déposèrent un projet d'enquête parlementaire portant : 1® sur les moyens employés par lescongrégations religieuses du pays pour s'attribuer les avantages de la personnification civile; 2^ sur le montant et
que le professeur gantois potuit à TEgUse ne s'était révélée d'une façon ping' brutale que dans le& dispositions nouvelles de ce projet. La suppression virtueUe des congrégations religieuses y éuit rêdamée; les . fondations de bienfatsanoe étaient coodaronées. Dans son commentaire, M. Laurent déclarait que ceux qui bénéficient de la liberté d'assodation sont des « délinquants, » et il qualifiait de « aiminels • ceux qui Ukcnt de la liberté d'enseignement. Citons ce passage relatif aux écoies catholiques:
« Je demamie, écrivait-il, quelle est leur situation légale? C'est demander quelle est b sitn«ition de la révolte contre la loi et contre la souveraineté nationale. » Ceux qui créent des écoles catholiques sont « en insurrection ouverte contre la Loi et la Constitution. > — « C'est un aime, ajoutait-il, et je n'en connais pas de plus grave. » Les fondateurs d'écoles catholiques « usurpent un droit que la Constituiioo ne reconnaît qu'à l'Etat; ils veulent détruire les écoles que l'Eut a créées en vertu de sa mission constitutionnelle. Donc, sous le nom d'éooles privées et libres, ils entendent établir des écoles publiques destinées à prendre la place des écoles légales. C'est le cas d'appliquer le principe dont Partide 90a" du Code dvil contient une application. Les fondateurs sont àif% factieux s en tu doit tenir aucun compte des complots que traînent des rebelles. » M. Laurent conduait que les écoles catholiques, c pour rentrer dans la légalité^ dorvtni être attribuées aux communes. • «- « Tonte école, disait-il, fondée ilUgaUment pour remplacer l'école publique sera déclarée école publique et remise autr' communes, »
Torigine des biens possédés par ces congrégations; 3* sur les moyens qu elles mettent en œuvre pour acquérir et transmettre ces biens; 4"* sur l'emploi qu'elles font de cesbiens; 5* sur les ressources do.it disposent les fabriques d*église» les séminaires épiscopaux et les corporations relK gieuses légalement investies de la personnalité civile.
D'après le plan des Loges, cette enquête devait aboutir à dénoncer ce qu*on a appelé depuis lors et sous d'autrescieux € le milliard des congrégations, > et à déchaîner contre les couvents toutes les convoitises radicales impatientes de s'assouvir. Les auteurs de la proposition partaient de ce prin-cipe que les religieux, en suite de leur vœu de pauvreté, nesauraient rien posséder en propre, et que, partant, ils possé» àKtiX frauduleusement les biens inscrits à leur nom. c Nous* demandons, disait à la Chambre M. Goblet, le Grand Maître des Loges, nous demandons à pénétrer dans les couvents qui s'élèvent sur tou^^ les points du pays, pour réclamer les comptes au nom de la société méconnue, des familles spoliées et des lois violées dans leurs dispositions essentielles. »
Toute la gauche vota la prise en considération do. projet, sauf M. Pirmez et quatre de ses amis. M. Pirmez. donna au pays ce rare spectacle d'un libéral venant défendre la liberté; grâce aux défections que son exemple entraîna, la prise en considération fut rejetée à deux voix, de majorité.
La décomposition commençait