‹ La lutte universelleChapitre 21 sur 85 · S 19* - ANALYSE DE LA LUTTE, COTÉ MICROBE · texte numérisé non relu

S 19* - ANALYSE DE LA LUTTE, COTÉ MICROBE

Nous avons, dans les lignes précédentes, étudié la lutte en bloc du parasite introduit et de l'hôte envahi, en considérant chacun d'eux comme une unité de combat; nous pouvons essayer d'analyser cette lutte, soit, du côté du parasite, en nous occupant des diverses activités, séparables dans le langage, qui interviennent dans le combat, soit, du côté de l'hôte pluricellulaire, en nous arrêtant successivement aux divers éléments actifs, éléments histologiques, milieu intérieur, etc. J'ai fait cette analyse en détail dans un livre récent^ ; je me contenterai d'en indiquer ici les grandes lignes.

D'abord, le parasite introduit dans Thôte agit sur celui-ci par sa présence, ses diastases et ses substances excrémentitielles ; il y a là trois actions d'ordre différent, mais qu'il est difficile de séparer expérimentalement, quoi qu'on en ait pensé dans les laboratoires. On a cru, par exemple, que l'on étudiait directement l'action des diastases ou toxines des microbes dans la lutte contre l'hôte, en injectant à cet hôte des cultures filtrées du microbe considéré.

1. Introduction à la Patliologie générale, Paris^ Alcan, 1906.

* LUTTE D UN CORPS VIVANT CONTRE UN CORPS VIVANT b\)

' Or, premièrement, la culture filtrée contient à la

I fois les diastases et les substances excrémentitielles,

f* ce qui fait qu'on ne' sait quelle part attribuer à ces

deux facteurs dans la lutte observée ;' cependant^ cette objection n'est pas absolument valable, en ce sens que les expérimentateurs ne font pas en général cette différence entre les substances excrémentitielles ou produits chimiques accessoires à Tassimilation et les diastases ou activités partielles transportables de Fêtre vivant; ils confondont en. général sous le nom de toxines tout ce qui sort du microbe dans Tambiance, et par conséquent ils opèrent réellement sur les toxines en injectant les cultures filtrées des microbes.

[ Mais ils n'ont pas pour cela séparé, dans la lutte

du microbe contre Thôte, Faction de la toxine et celle du corps protoplasmique vivant; nous avons vu, en effet, que les diastases sécrétées par les microbes sont spécifiques par rapport aux agents contre lesquels elles luttent. Il n'y a aucune raison pour que la toxine sécrétée dans un bouillon par un microbe qui assimile physiquement les colloïdes de ce bouillon soit comparable aux activités qui émanent du microbe luttant contre Tambiance vivante dans un hôte vivant donné. Et, en effet, on a été fort étonné de constater que les résultats de la bataille étaient tout à fait différents ! Un animal qui est vacciné contre un microbe vivant, à la suite d'une lutte dans laquelle il a triomphé, n*est pas vacciné contre ce qu'on appelle la toxine de ce microbe, c'est-à-dirè contre la culture filtrée de ce microbe en bouillon. Et réciproquement, un animal peut être vacciné contre la toxine comme nous le verrons plus tard et n'être pas réfractai re au microbe.

On a pu, en revanche, dans certains cas, obtenir une vaccination contre le microbe vivant, en injectant à ranimai des cadavres de microbes de même espèce. Les cadavres des microbes n'étant pas des êtres vivants, Tétude de leur lutte contre un animal n'entre pas dans le cadre de ce chapitre et sera étudié ultérieurement, mais on conçoit déjà, à cjiuse de ces résultats contrôlée par des expérimentateurs nombreux, que les microbes se comportent différemment dans le bouillon et dans un animal vivant.

L'être inoculé à, un autre être agit donc par ses diastases et ses substances excrémentitielles ; il agit aussi par sa présence, c'est-à-dire par un ensemble de propriétés qu'ir transporte avec lui et qui ne peuvent être séparées de lui. Ces propriétés sont inhérentes à son corps protoplasmique ; nous savons d'ailleurs que, si la vie d'un être cellulaire doit être considérée comme occupant en réalité tout l'espace liquide de Tinfusion où il se trouve, l'assimilation proprement dite ou chimique est localisée dans le corps protoplasmique où se passent des phénomènes non transportables dans un milieu mort.

Si cependant ces phénomènes peuvent retentir sur l'ambiance, ce ne peut donc être que par une sorte d'irradiation comparable à la lumière qui émane de la flamme d'une bougie, lumière transportable avec la bougie, mais non avec l'air éclairé par elle. Ces actions directes de la cellule vivante sur le milieu sont peut-être ce qui explique la différence entre l'action de la diastase extraite des amibes par Mouton* et celle des amibes elles-mêmes. Une bactérie

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