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ont pour résultat de donner au corps cellulaire sa forme et sa structure. On a, le plus souvent, Uoe tendance fâcheuse à considérer la cellule comme une chose inerte dont la structure et la forme sont des caractères statiques, rigides; on ne pense pas assez que cette structure et cette forme, produit de la vie même de la cellule qui les construit en s'accroissant, sont tes résultats et les témoins d'une activité incessante, qui dure autant que durent la structure et la forme même de Têtre vivant, et qui impose la structure du protoplasma spécifique considéré à Tespace rempli par le contour morphologique qu'elle détermine.

Si donc une activité étrangère arrive à annihiler celle structure et cette forme (lorsque Thôte digère le parasite vaincu), il faut que l'activité étrangère considérée soit spécifique par rapport aux agents qui les déterminent ; que, en d'autres termes, la diastase fournie par le corps vivant de Thôte soit spécifique par rapport à. ce que nous pouvons appeler la diastase morphogène ou formative du microbe considéré.

C'est bien en effet ce que prouve l'expérience, et ce que nous rencontrerons à chaque pas dans l'histoire de la lutte d'un être vivant contre un corps de la 2" catégorie.

Mais ce que nous n'aurions pas pu prévoir aisément, et que l'expérience nous apprendra en outre, c'est que cette diastase morphogène est capitale dans l'histoire du microbe vivant; elle est la condition indispensable de la vie même du microbe et, le plus souvent, un animal, qui a été habitué a digérer, à assimiler physiquement, dans son milieu intérieur, des cadavres frais de microbes, est par là même

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vacciné contre les microbes vivants de la même espèce. On comprend également ce phénomène en se disant que, tant qu'il n'a pas subi de trop grandes détériorations, le cadavre du microbe est encore le milieu mort qui ressemble le plus au microbe luimême et qui est le plus apte à transporter avec lui les activités partielles de ce microbe vivant; on pourrait même dire que, tué dans certaines conditions qu'il s'agira de déterminer expérimentalement, le cadavre contient toutes les capacités d'assimilation physique du vivant ; il ne lui manque que l'assimilation chimique ou proprement dite, caractéristique de la vie.

Ces quelques remarques faites sur la possibilité d'analyser le côté microbe dans la lutte qu'on appelle maladie aiguë, passons maintenant au côté hôte, et disons quelques mots des éléments actifs qu'il est possible de séparer les uns des autres dans l'animal malade.

S 20. — ANALYSE DE LA LUTTEi COTÉ HOTE

Dans un animal élevé en organisation, comme l'homme ou un vertébré quelconque, l'observation grossière suffit à déceler l'existence de parties distinctes que l'on appelle les muscles, les viscères, etc. Le microscope nous apprend ensuite que ces parties distinctes anatomi(^uement sont composées d'éléments cellulaires, ayant des caractères très précis et appelés éléments histologiques. L'étude de ces éléments histologiques a permis de donner une interprétation séduisante de beaucoup d'activités d'ensemble de l'organisme et, comme l'éducation deThomme se fait

surtout par les yeux, on a naturellement cherché, dans la résistance de Fanimal à la maladie causée par un microbe, des phénomènes susceptibles d'être étudiés optiquement, des phénomènes histologiques. On voit aisément le danger d'une telle recherche qui peut amener à attribuer une importance exagérée à des particularités secondaires, uniquement parce qu'elles se voient, et à négliger des activités importantes qui ne se traduisent pas morphologiquement.

Mais M. MelchnikofT a trouvé, dans cette voie, une série de faits si séduisants que, tout en reconnaissant les dangers de la méthode optique d'étude, on ne saurait trop se louer d'avoir vu appliquer cette méthode par un aussi puissant observateur.

Un autre inconvénient philosophique de l'analyse figurée de la lutte qui se poursuit dans un animal malade, c'est que Ton est amené à douer d'individualité des éléments histologiques qui ne sont que des parties d'un ensemble; on est exposé à oublier que l'existence même de ces éléments, que leurs propriétés actuelles sont des conséquences de l'état général de l'individu qu'ils défendent contre l'envahisseur; mais malgré tous ces inconvénients, l'histoire de la phagocytose illustre admirablement la question de la lutte des animaux contre les microbes.

On donne le nom de phagocyte à de petits éléments épars dans l'organisme des animaux pluricellulaires et ressemblant à des amibes. Ces éléments n'ont aucune position stable; ils se déforment et se déplacent au milieu des autres cellules du corps, au gré des attractions et des répulsions qui résultent pour eux des conditions ambiantes.

Lorsqu'un microbe vivant est introduit dans un

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hoTTime, sa présence modifie, comme nous Tavons vu, tant par son action directe que par ses diaslascs . et ses substances exc/ômcntiticlles, i'élat des colloïdes, tant vivants que morts, qui existent dans son voisinage-, il est donc tout naturel que les phagocytes repartis au milieu de ces colloïdes, soient influencés eux-mêmes par l'introduction de ce microbe dans leur ambiance. En effet, suivant les cas, ces phagocytes sont attirés ou repoussés par les microbes inoculés; quand ils sont repoussés, on ne peut dire qu'ils livrent bataille, et nous ne nous occuperons pas de ce cas &. propos de la lutte universelle; quand ils sont attirés, le cas est plus intéressant pour nous. Leur substance molle et déformable arrive à englober cotnplètement les microbes et Ton conçoit aisément les conséquences importantes que présente ce phénomène dans Thistoire de la maladie aiguë considérée.

En effet, à partir du moment oii le microbe est englobé par le phagocyte, il est séparé du reste de l'animal par une muraille de protoplasma vivant appartenant à l'espèce de l'animal lui-mômo. L'înfluence du microbe sur son hôte ne se manifeste donc plus qu'à travers le phagocyte et, tant que le phagocyte est vivant, on peut même dire que c'est le phagocyte seul qui rayonne autour de lui-même son influence physique et chimique personnelle. En d'autres termes, la lutte engagée entre l'hôte et le microbe se trouve localisée entre le phagocyte et l'envahisseur; le reste de l'animal peut être considéré comme n'étant plus intéressé à la lutte.

Il Test cependant comme nous allons le voir, mais indirectement, par Tintcrmédiaire du protoplasma du phagocyte. Si, dans Thypothèse où nous nous som-

mes placés, le phagocyte continue de vivre, il n'en est pas moins modiQé dans ses conditions de vie par ia présence du microbe à son intérieur; son influence rayonnante en est elle-même modifiée; le rôle que joue le phagocyte considéré dans Téquilibre général de l'organisme n'est plus celui d'un phagocyte ordinaire de l'espèce, mais d'un phagocyte parasité, d'un phagocyte malade; et nous savons que TelTort fourni par le phagocyte dans la lutte est spécifique par rapport au microbe avec lequel il lutte. Ainsi donc, même protégé par un phagocyte vainqueur contre le microbe introduit, l'organisme animal n'en subit pas moins une influence spécifique par rapport au microbe considéré ; le phagocyte ne peut être considéré comme un soldat isolé ; il se maintient sans cesse en équilibre avec le milieu intérieur de l'animal auquel il appartient et n'obtient ce résultat qu'en modifiant ce milieu intérieur, au moins dans son voisinage, par des émissions de diastases en particulier.

Par conséquent, tout en admettant que les phagocytes digèrent et assimilent sans mourir les microbes qu'ils ont englobés, on conçoit néanmoins un retentissement spécifique de la lutte sur l'organisme; l'organisme ayant vaincu le microbe par l'intermédiaire de ses phagocytes en conservera une modification spécifique par rapport au microbe; c'est cette modification, considérée dans son ensemble, que Ton appelle V immunité acquise; on confiprend que, par le fait des diastases émanées des phagocytes, une partie au moins de cette immunité soit transportable dans le sérum de l'animal guéri ; c'est le principe de la sérothérapie dont nous dirons quelques mots au pro- i

chain chapitre. I

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Mais ordinairement, le phénomène est encore plus complet; même jdans les cas où, finalement, les microbes sont englobés, tués et digérés par les phagocytes, il y a d'abord une période de lutte dans laquelle les phagocytes sont tués sous l'influence de l'introduction brusque des microbes dans leurs conditions d'équilibre ; si l'on parle de phagocytes comme des soldats isolés , on dira que les premières troupes, surprises par l'ennemi, sont vaincues, et que, seulement ensuite, des troupes suffisamment préparées, s'habituant peu à peu à l'influence néfaste du microbe, arrivent sur le champ de bataille avec des éléments de lutte appropriés aux circonstances; on doit même considérer alors la mort des premières troupes engagées comme étant utile aux troupes nouvelles, car la mort et la destruction de ces corps protoplasmiques succombant à une lutte spécifique contre des microbes donnés, répand, dans le milieu intérieur de l'hôte, des produits utiles pour la lutte; ces produits des cadavres de troupes de la première heure seront des auxiliaires pour les troupes nouvelles et leur assureront la victoire.

Ce phénomène de phagolyse, ou de destruction des premiers phagocytes engagés dans la lutte, introduit donc encore, dans le milieu intérieur de l'hôte, des éléments transporkibles de résistance aux microbes envahisseurs.

J'ai étudié longuement ailleurs ^ l'histoire de la phagocytose et je me contente de signaler ici, sans plus de détail, cette illustration remarquable d'un chapitre morphologique de la lutte universelle. Chose

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