‹ La lutte universelleChapitre 25 sur 85 · LUTTE DIRECTE ET TÉLÉPATHIE · texte numérisé non relu

LUTTE DIRECTE ET TÉLÉPATHIE

A propos de la lutte directe d'un corps vivant contre un corps vivant, on ne saurait passer sous silence les phénomènes, mal conpus encore, et qucl*on a rhabitude d'appeler phénomènes de télépathie ou d'action & distance. Comme dans la plupart des cas analogues, le mysticisme si répandu dans l'espèce humaine a fait mêler à certains faits peut-être susceptibles d'une étude scientifique, d'autres faits purement imaginaires, produits de cerveaux malades ou de mystificateurs habiles. Et il en est réf&ulté que beaucoup d'hommes de science, dégoûtés de l'erreur qui se mêlait à la vérité, ont nié le tout en bloc, sans distinguer le vrai du faux.

Nous avons été amenés à considérer précédemment que la vie d'un être vivant n'est pas localisée dans le corps de cet être, mais occupe en réalité tout l'espace disponible, en tant qu'on considère la vie comme un phénomène complet, comme l'ensemble des phénomènes qui se tiennent. Et l'on peut même se demander ce -qu'on appelle, dans l'espèce, tout l'espace disponible.

S'il s'agit d'êtres unicellulaires vivant en môme temps au sein d'une infusion, dans un bocal de verre par exemple, il n'est pas douteux que, dans toute l'étendue du liquide de l'infusion, des relations d'être à être sont probables; ces influences sont d'ordre chimique (substances excrémentitîelles qui diffusent), d'ordre diaslasique (assimilation physique du milieu ' par l'être vivant), et peut-être aussi d'ordre physique direct ; le corps d'un être vivant est un centre d'où

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rayonnent dans Tambiance des influences variées, d'autant plus importantes que Ton se rapproche davantage de ce corps. Les influences chimiques et diastasiques sont vraisemblablement limitées au liquide de Tinfusion, sauf cependant, Témanation de gaz résultant des fermentations vitales et capables d'influencer d'autres êtres placés en dehors de ce liquide; mais s'il y a des influences d'ordre physique direct, de l'ordre des mouvements vibratoires, par exemple, il n'y a aucune raison pour qu'elles^ ne se propagent pas en dehors du liquide aussi bien que dans son sein; seulement, comme toutes les influences rayonnant autour d'un centre, elles diminuent très vite d'intensité, suivant le carré de la distance exactement; et, par conséquent, si ces influences sont faibles à l'origine, elles deviendront très vite insensibles, même au meilleur réactif, et celte remarque enlève à peu près toute vraisemblance aux histoires de télépathie, dans lesquelles on raconte l'influence directe d'un malheur arrivé en Chine à un Français, sur un de ses parents habitant Paris.

Pour les a maux qui vivent dans l'air comme les hommes, les seules actions à distance que Ton puisse invoquer sont, en dehors des actions chimiques (émananalions de particules odorantes), les actions physiques directes, car nous ne concevons pas aisément les actions dites diastasiques dans un milieu d'une consistance aussi variable que celle des gaz (encore ne faudrait-il pas trop insister sur une telle affirmation, car les brouillards, par exemple, sont à beaucoup d'égards comparables à des colloïdes liquides). Nous avons des surfaces, dites sensorielliEîS, sensibles à de nombreuses actions physiques (lumière,

LUTTE d'un corps VIVANT CONTRE UN CORPS VIVANT 101

chaleur, son) et nous somaies, par conséquent, soumis à des influences vraiment lointaines. Nous sommes tellement habitués à ces actions à distance que nous ne nous en étonnons plus, et cependant nous sommes tout disposés à nier des actions analogues, parce qu'elles nous sont moins familières. ,

Dans la transmission de la voix, par exemple, nous ne trouvons rien d'extraordinaire, et cependant, quelle précision admirable I Tous les hommes présents dans une même salle de dimensions modérées entendent en môme temps les mêmes paroles, émanées de Tun d'eux; c'est donc que, en chaque point de la salle, il arrive une succession très compliquée de mouvements vibratoires, qui reproduit exactement la série de mouvements vibratoires exécutés par Torateur; nous aurons à nous occuper plus tard de cette transmission précise, de cette hérédité physique qui se manifeste dans les phénomènes physiques et dont la vibration sonore est Texemple le plus grossier ; là vibration lumineuse transmet à nos sens des particularités d'une précision bien plus étonnante, et la photographie des couleurs ne le cède en précision à aucun transport d'activité colloïde dans un sérum.

Nous avons, il est vrai, des- organes admirables, nos oreilles et nos yeux, grâce auxquels nous pouvons nous rendre compte de l'existence, en chaque point du milieu, de ces mouvements vibratoires si précis ; je n'insiste pas ici sur la formation de ces instruments merveilleux-, je me suis occupé ailleurs* du fait général que les animaux vivant actuellement ont précisément les outils qui leur sont nécessaires

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