‹ La lutte universelleChapitre 26 sur 85 · V. Les Influences ancestrales · texte numérisé non relu

V. Les Influences ancestrales

pour vivre dans les conditions où ils sont placés. Le fait sur lequel je veux attirer l'attention, c'est que, puisque nos yeux peuvent voir la forme des corps éloignés, puisque nos oreilles peuvent entendre les voix lointaines, il existe, à l'endroit où sont situés nos yeux ou nos oreilles, quelque chose qui, analysé par nos sens, nous fait connaître cette forme ou ces voix; et ce quelque chose y existe aussi bien en dehors de la présence de nos yeux ou de nos oreilles ; nous le démontrons d'ailleurs aisément par des appareils que nous avons imaginés à cet effet, et qu'on appelle le phonographe ou l'appareil photographique.

On peut donc dire, dans un langage synthétique, que la forme ou la voix est représentée en un point quelconque du milieu qui entoure un objet, avec une intensité qui diminue proportionnellement au carré de la distance. Il est vrai que la lumière, par exemple, n'est pas produite, mais seulement réfléchie par la plupart des objets visibles ; mais elle prend, au contact de ces objets une telle empreinte de tous leurs caractères morphologiques qu'on peut la considérer sans exagération comme une propriété personnelle émanée des corps ; de plus en plus d'ailleurs, les corps sont considérés comme des transformateurs et non comme des producteurs, et, par conséquent, tant au point de vue lumineux qu'au point de vue acoustique, on peut dire que le corps étudié remplit de son image tout l'espace ambiant; là encore, même pour un corps fion vivant, on constate que, parlant rigoureusement, l'existence d'un corps n'est pas limitée à l'espace qu'il occupe effectivement.

Or, qu'est-ce que le point de vue lumineux et le point de vue acoustique, sinon des résultats d'analyses

LUTTE d'un corps VIVANT CONTRE UN CORPS VIVANT 103

partielles des choses, analyses partielles dont le choix nous est dicté par la nature de nos organes des sens? Il y a encore le point de vue olfactif, le point de vue gustatif, et même, pour parler correctement, on devrait dire le « point d'ouïe »,le « point d'odorat », lé « point de goût » comme on dit le « point de vue ». En un endroit quelconque de Tespace, nous analysons, avec les moyens qui sont à notre disposition, ce qui y arrive d'un corps donné. Cette analyse est suffisante pour nos besoins d'homme, mais en résulte-t-il pour cela qu'elle soit complète? Nous savons pertinemment qu'il n'en est rien, puisque nous avons découvert des appareils permettant de déceler des phénomènes magnétiques, par exemple, dans des endroits où nos organes des sens ne nous indiquaient absolument aucune activité d'aucune sorte. Nous ne connaissons I donc, par le moyen de nos organes des sens, que

i certains éléments de l'activité locale, et si, nous

trouvant à. une certaine distance d'un objet, nous étudions cet objet, nous ne pouvons nous placer qu'au point de vue, au point d'ouïe, au point de goût ou au point d'odorat, c'est-à-dire que notre analyse est sûrement incomplète.

Nous aurons à revenir sur ces questions quand nous parlerons des corps bruts ; supposons pour le moment que l'objet étudié par nous à ces quatre « points de sens », soit un corps vivant; nous ne connaissons que sa forme, sa sonorité, son odeur (et peut-être son goût*). Devons-nous penser, en conséquence, que ce qui émane de l'objet considéré et arrive jusqu'à nous, se réduise a ces éléments appré-

1. Je ne veux pa& discuter la question de la définition du goût on peut, si Ton veut, supprimer ici le ^ena du goût.

LA LVTtJ UNIVEnSELLE

ciables pour notre organisme? Non, évidemment! Mais ici, le corps observé, étant vivant, est doué d'une activité très spéciale qui se traduit par une assimilation d'une précision extraordinaire ; nous avons vu que dans la lutte contre un autre corps vivant, dans un corps à corps, chaque être qui luttait pouvait précisément développer chez son antagoniste des particularités spécifiques par rapport à lui-même ; savonsnous si l'activité spéciale de Tassimilation, de même qu'elle est capable de répandre, dans les colloïdes voisins, des états physiques qui transportent en dehors du corps une partie de sa nature propre, n'est pas également susceptible de rayonner dans l'ambiance des vibrations qui reproduisent certains côtés de son activité avec autant de précision que la lumière réfléchie par sa surface extérieure reproduit sa forme*?

Devons-nous affirmer que cela n'est pas, parce que nous n'avons aucun organe des sens capable de saisir cette activité vitale dans son ensemble ? Si nous avions un tel organe des sens, nous connaîtrions tout ce qui se passe dans tous les corps vivants ; peut-être y a-t-il des cas où un tel organe existe passagèrement en nous ; nous nous en rendrons compte plus facilement après avoir étudié ce que c'est qu'une surface sensorielle, un organe des sens, dans l'acception là plus générale.

1. Ce raisonnement B^applique d^ailleurs de la même manière à des corps non vivants, dans lesquels il existe une activité spécifique; nous n'avons pas le droit de nier a priori l'influence à faible distance des métaux et autres substances inorganiques, et il est peut-être regrettable que des charlatans, en racontant au public des faits imaginaires de méCallothérapie^ aient détourné de ces études les chercheurs sérieux. .

LUTTE d'un corps VIVANT CONTRE UN CORPS VIVANT 105

Page 1