NE PRÉSENTE PAS D'INTÉRÊT : FLAMMES, ETC
Nous avons déjà constaté, au cours des chapitres précédents ; que la lutte des corps vivants entre eux était bien rarement directe, et se faisait par l'intermédiaire de corps bruts ; nous n'entrons donc pas ici dans un sujet vraiment nouveau ; la vie même n'est que la lutte du corps vivant contre les corps ambiants, le triomphe (mitigé de concessions) du corps vivant. Dans les cultures d'aspergillus nous avpns constaté en outre un envahissement du milieu de culture par une diastase transportant partiellement l'activité vitale du champignon et, par conséquent, l'étude de la lutte des corps vivants contre les autres corps empiétera aussi sur l'histoire de la lutte, contre les mêmes corps, des corps de la deuxième catégorie. Tout se tient.
Nous avons dit précéden)ment que, à côté des
corps vivants susceptibles d'assimilation totale, se plaçaient d'autres corps, non vivants, mais susceptibles d'assimilation physique, capables, en d'autres termes, d'imposer, sans se modifier eux-mêmes, une partie au moins de leur état physique à certains autres corps placés dans l'ambiance. Ce sont ces corps que nous appelons, sans les définir avec plus de précision, corps de la deuxième catégorie.
Une flammé, par exemple, répond à la définition que je viens de rappeler. En présence de certains corps, dit corps combustibles, ou plutôt d'un mélange de ces corps combustibles et d'autres corps appelés comburants, comme, par exemple, de la paille et de l'air, de l'hydrogène et du chlore, etc., la flamme produit une assimilation physique, c'est-à-dire qu'elle peut imposer l'état flamme à des parties croissantes de l'espace sans subir pour cela la. moindre modification ; j'ai déjà eu l'occasion de comparer la flamme à Têtre vivant*, et de montrer que la difl'érence entre la flamme et la vie tient précisément à l'absence d'assimilation cAtmi^ue dans le Cas de la flamme; si j'allume avec une allumette un mélange d'hydrogène et de chlore, je détermine bien une flamme nouvelle mais qui diffère chimiquement de la première.
Malgré cette ressemblance partielle qui résulte de l'assimilation physique, la lutte de la flamme et de la vie ne présente aucun intérêt, car les êtres en train de viyre ne sont pjas combustibles et, d'autre part, les flammes ne sont pas des aliments pour la vie; nous aurons donc à étudier les flammes dans le chapitre où nous nous occuperons de la lutte des corps de la
i. V. Les Lois naturelles, appendice.
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deuxième et de la troisième catégories, mais ici nous devons les négliger; la lutte n'est instructive pour nous que quand les corps manifestent précisément au cours de cette lutte la propriété active qui les a fait classer dans la première ou dans la deuxième catégorie ; un être vivant qui meurt ne nous intéresse pas plus qu'une flamme qui s'éteint.
Le noir animal présente, à un certain point de vue, des propriétés qui peuvent le faire classer dans la deuxième catégorie, avec cette réserve cependant qu'il ne semble pas agir en dehors de l'espace qu'il occupe en tant que corps défini. Un morceau de noir animal plongé dans un liquide contenant en dissolution des gaz fétides, absorbe ces gaz et leur impose, si j'ose m'exprimer ainsi, Yétat noir animal, au lieu de l'état de diffusion dans* le liquide qui contenait ces gaz préalablement ^ Mais il n'y a pas de corps vivants gazeux ; nous laissons donc de côté pour le moment le cas du noir animal.
i.i 25. — LA LUTTE AUMENTAIRE ET LES ANTI0IA8TA8IE8
Ce qui nous intéresse ici, ce sont les corps qui peuvent servir d'aliments ou de poisons aux êtres vivants, ceux dont la lutte avec les êtres vivants se
1. Le phénomène analogue, que produit la mousse de platine dans un mélange d'air et d*acidc sulfureux, par exemple, se traduit par une réaction chimique, Toxydation do l'acide sulfureux. Ce phénomène d'assimilation physique conduisant à une transfor^ mation chimique rappelle l'interversion dii saccharose par la sucrase (v. plus haut, p. 60). Les chimistes pourront en donner une analyse détaillée; le langage de l'assimilation physique nous permettra toujours de raconter les faits d'une manière synthétique et féconde.
traduit par Tassîmilation physique de l'un des deut adversaires. La plupart de ces corps ont la vie pour origine ; s'ils peuvent lutter avec des êtres vivants, c'est que, le plus souvent, ils soiit des parties transportables de Tactivité d'autres êtres vivants; ceà corps sont les diastases. Nous serons naturellement conduits, par les résultats de nos observations, à généraliser la notion de.diastase et à étudier dans lô présent chapitre la lutte d'un corps vivant contre un colloïde mort quelconque.
Le premier cas de lutte alimentaire que nous ayons envisagé a été celui de la lutte de VaspergilluÈ nigei' contre le sucre de canne ; nous avons constaté qu'une solution de sucre de canne doit être considérée comme ayant un état physique incompatible avec la vie de Taspergillus, d'où la nécessité pour Taspergillus de
• laisser émaner dans le milieu sucré une partie de son activité personnelle, une sucrase^ dont )e résultat est d'imposer au saccharose un état physique incompatible avec sa nature de saccharose, et de réaliser ainsi Tinterversion de ce sucre. Nul doute d'ailleurs que, si le saccharose était en quantité suflisante dans le liquide, l'aspergillus fût au contraire vaincu et tué, le saccharose gardant son état. Dans toutes les luttes que nous envisagerons, il y aura toujours une possibilité de revanche poyr le vaincu.
^ La présure^ que les ménagères emploient pour faire cailler le lait, est le résultat de la lutte du veau
^ contre le lait, dans son quatrième estomac ou caillette ; c'est donc, comme nous Tavons dit précédemmentf la partie transportable de l'activité vitale du
' vêaa ^, qui est précisément capable de lutter contre