Nous verrons plus loin comment les inâuences nerveuses et
Tétat physique du lait, de l'assimiler physiquement pour lui permettre ensuite d'être utilisé par le vean, dans le phénomène d'assimilation chimique. Chose étrange, et qui étonnera ceux pour qui la digestion est une dissolution, cette digestion du lait par la présure commence par une coagulation.
Quoiqu'il en soit, nous savons reconnaître la présure à son action coagulante sur le lait; l'extrait de la caillette du veau contient une diastase que nous savons caractériser par ses résultats. C'est donc un bon sujet d'étude pour la lutte que nous envisageons maintenant, et, précisément, des savants ont fait récemment, indépendamment l'un de. l'autre, des expériences concernant la lutte des animaux vivants contre la présure.
M. Morgenroth a étudié la lutte des chèvres contre cette diastase; M. Briot s'est adressé aux lapins. L'expérience consiste à injecter une certaine quantité* de présure dans le milieu intérieur d'un animal vivant.
On peut se demander quel rapport existe entre la présure et le milieu intérieur des chèvres ou des lapins; nous ne savons reconnaître la présure qu'à son action coagulante sur le lait; nous ignorons a priori si cette diastase peut avoir une action sur les colloïdes vitaux des deux animaux en expérience, et, en réalité, l'expérience dont nous nous occupons ici doit être considérée comme réalisant la lutte d'un être vivant avec un colloïde quelconque; la présure nest diastase que par rapport au lait; par rapport à la chèvre ou au
les caractères acquis par une longue habitude enlèvent à cette lutte des sécrétions intestinales contre les aliments leur caractère local et précis Cv. § 27).
lapin, elle n*est qu'un colloïde comme les autres, mais ce colloïde a l'avantage que nous sçiurons toujours reconnaître, en employant le lait comme réaclif, la présence ou l'absence de sa propriété physique principale.
Tous ces préliminaires établis, voici le résultat de Texpérience : la présure est digérée par le lapin ou la chèvre, pourvu qu'on ne Tait pas injectée en trop grande quantité. Mais cette digestion n'est pas un phénomène banal; c'est un phénomène spéciflque par rapport à la présure; et en effet, le sérum des animaux traités a acquis une propriété nouvelle que Ton énonce en disant qu'il est devenu an/i/>r^^uran(; il est devenu capable d'empêcher la présure active de coaguler du lait.
Nous avons été préparés à ne pas nous étonner de ce résultat; dans tous les cas où cela a été possible, nous avons reconnu que la digestion par un corps vivant développe ordinairement la partie de l'activité de ce corps vivant qui est précisément capable d'effectuer la digestion considérée ; c'est cette activité partielle, communiquée au milieu, que nous appelons la diastase digestive capable d'assimiler physiquement la substance à digérer.
Dans l'expérience actuelle, les éléments vivants de la chèvre ou du lapin, obligés de lutter contre la présure, ont sécrété, dans le milieu intérieur, la diastase antiprésurante, capable de détruire la présure, et de lui enlever par conséquent, entre autres propriétés, la seule par laquelle nous sachions la reconpaitre, celle de coaguler le lait. Non seulement la ! présure, ayant lutté avec la chèvre, a été vaincue
I et est devenue incapable de se manifester à nous
activement, mais même, la chèvre a produit, dans son milieu intérieur, un excès de la diastase capable de désarmer la présure.
Le fait est général.
Toutes les fois que Ton injecte un colloïde dans un animal vivant, si Tanimal ne meurt pas et digère le colloïde, il fabrique dans son milieu intérieur un excès de cette diastase capable de détruire le colloïde, ôt cette diastase est spécifique par rapport au colloïde injecté. Le résultat est particulièrement facile à mettre en évidence, lorsque le colloïde injecté est connu comme ayant une action diastasique sur un autre colloïde défini, car, alors, on possède un réactif précis permettant de constater sa disparition en même temps que l'apparition, dans le sérum de Tanimal vainqueur, d'une propriété antagoniste de son action diastasique. On a obtenu ainsi, pour Témulsine, la trypsine, etc., comme pour la présure^ des sérums antiémulsifs, antitryptiques, etc.
En dehors des cas où Ton peut reconnaître le colloïde à une action diastasique exercée par lui, il y en a d'autres où le colloïde est reconnaissable à son aspect personnel; alors on peut encore remarquer l'apparition, dans le sérum de l'animal, d'Une propriété spécifique par rapport au colloïde injecté, en faisant agir le sérum sur le colloïde, m vitro. Ainsi, le sérum d'un animal dans le péritoine duquel on a injecté du lait de vache, et qui n'en est pas mort, donne un précipité avec le lait de vache, mais pais avec le lait de truie ou de chèvre ! Il contient dorfc une diastase spécifique par rapport au lait de vache comme l'antiprésure était spécifique par rapport à la présure.
§ 36 — QéNÉRALISATION DE LA NOTION DE DIASTASE- — LA OIASTASE FORMATIVE OU MORPHOQÈNE ET LA TUBERCULINE DE BEHRING
Le langage employé dans le cas de la présure est si .commode que j'ai proposé de le généraliser à tous le^ cas^, ce qui est possible à cause de l'élasticité donnée^ dans les pages précédentes, à la définition du mot diastase. En réalité, nous avons appelé diastase une propriété active transportable et voilà tout. Pourquoi ne donnerions-nous pas le nom de diastase du lait de vache à'ia propriété qu'a ce lait d'avoir précisément la consistance sous laquelle nous le connais** sons? Nous dirions alors que, le lait de vache étant inoculé à un cobaye, sa diastase formaiive lutte contre le cobaye, et est la cause de Tapparition, dans le sérum de ce cobaye vainqueur, d'une propriété an lidiastasique spécifique par rapport à elle.
De même, pour le Cas où nous injectons à un cobaye des globules de sang d'oie, nous dirons que le globule de sang d'oie contient une diastase formative dont le résultat est de donner aux matériaux dont il est formé l'aspect de globule de sang d'oie; cette diastase formative étant vaincue dans la lutte contre le cobaye, il apparaîtra, dans le sérum de ce cobaye, une propriété antidiastasique correspondante et, en effet, ce sérum aura ensuite le pouvoir de digérer in vitro les globules de sang d'oie.
On pourra se demander quelle était la nécessité d'introduire cette innovation dans le langage; j'ai déjà fait remarquer précédemment combien il était utile