HYPOTHÈSE D*UNE INFLUENCE RESSUSCITANTE 0E8 RAYONS DU RADIUM
On sait que certains rayons, découverts depuis quelques années, et en particulier certains rayons que produit le radium, ont la singulière propriété de décharger les corps électrisés; ces rayons doivent donc, dans certains cas, être capables de coaguler les colloïdes^ ; or on a constaté, précisément, que ces rayons peuvent avoir une influence tonsidérable, souvent néfaste, sur les phénomènes de la vie. Peut-être cette influence est^-elle simplement physique et a-t-elle pour résultat, en coagulant les protoplasmas, dô s'opposer à des réactions assimilatrices auxquelles Tétat protoplasmique parait indispensable.
1. V. plus haut, p. 43, les considérations élémentaires sur le rôle de Télectrisation de contact dans la stabilité des çoUoides.
OÉNÉRATION SPONTANÉE 235
Dans cette voie, où l'observation directe est si difQ elle, on doit s^en tenir à des hypothèses, mais il est vraisemblable que Ton découvrira lÀ des choses étonnantes* Les rayons qui déchargent les coifps électrisés, sont eux-mêmes porteurs de charges électriques; ils peuvent peut-être restituer à des corps qui les ont perdues, les charges dont ils avaient besoin pour se trouver à un certain état physique bien défini. Lorsque, par exemple, nous avons tué un microbe par la chaleur, nous ne savons pas trop ce que nous avons fait; peut-être avons-nous seulement coagulé son protoplasma, comme on coagule du blanc d'œuf par la cuisson. Mais alors, si les globules du colloïde coagulé se sont seulement rapprochés,' sans se fondre, pourquoi Tintervention du radium ou d'une radiation éleetrisanle convenable, ne leur rendrait-elle pas la charge électrique qui leur permet de reprendre leur état primitif, leur position d'assimilation^
Si cela était, le radium pourrait rendre la vie à des microbes atteints, si j'ose m'expriraer ainsi, de mort physique, c'est-à-dire à des microbes qui ont perdu précédemment, sous une influence quelconque, Télat colloïde, l'état physique qui permettait à leurs substances chimiques de s'accroître aux dépens des substances du milieu. Alors, il n'y aurait pas synthèse de substances vivantes, mais seulement restitution, à des substances ayant déjà la, structure chimique nécessaire, de l'état physique qui permet à cette structure de se manifester par le phénomène d'assimilation. On peut penser, jusqu'à preuve du contraire, que, dans la gélatine où Burke a vu apparaître ses radiobes, il y a seulement eu reviviscence de bactéries précédemment atteintes de mort physique ; mais alors, ces
radiot>e8 sont des microbes ordinaires qui ne doivent plus différer en rien des autres microbes connus. En particulier, une fois transportés, de cette gélatine où le radium les a ressuscites, dans un bouillon nouveau soustrait à Tinfluence du radium, ils devraient continuer de vivre et d'assimiler ; or, il semble résulter de ce qu'on sait actuellement du travail du savant de Cambridge, que les radiobes ne sont pas &usceptibles d'être semés et de se multiplier dans d'autres conditions que celles où ils sont nés.
Si cela est, on doit faire d'autres hypothèses.