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LA LUTTE POUR L' ESPACE

Voici un jeune plant de pommes de terre, dont les racines occupent une certaine étendue du sol du jardin, ses rameaux et ses feuilles remplissant un cer-

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tain volume du milieu atmosphérique; Tensemble comprend tant dans la terre que dans l'air, un espace nettement limité, et Tdnpeut dire, sans tenir compte de rhélérogénéilé de la plante, de la dilTérence qui existe entre les liges, les racines et les feuilles, que le contenu de cet espace limité est à V état pomme de terre, tandis que le milieu ambiant est, suivant les endroits, à Tétat humus, à Tétat air atmosphérique, etc.

Au bout de quelques jours, la pomme de terre a grandi, tout en conservant pour nous observateur, une apparence si semblable à la première que nous n'hésitons pas à Tappcler du même nom de « pomme de terre. » C'est donc que Tétat pomme de terre, précédemment localisé dans un certain volume, a été imposé à un volume plus grand au détriment de l'air atmosphérique, de l'humus, etc., qui, primitivement occupaient tout l'espace conquis depuis par la pomme de terre. Tel est le premier phénomène que nous constatons, quand nous observons un être vivant, du moins à ce que nous appelons l'état de jeunesse et qui est, nous le savons, l'état où le phénomène vital' n'est pas masqué par des phénomènes antagonistes. Le phénomène que nous remarquons le premier dans l'élude de la vie est une conquête territoriale^ un gain d'espace.

Réduit à cette définition purement spatiale, le phénomène n'est pas d'ailleurs suffisant pour caractériser la vie; nous trouvons, dans certains cas, un phénomène analogue chez des corps bruts. Si, par exemple, nous observons dans un vase un morceau de glace homogène nageant sur une eau pure, nous pouvons remarquer, au bout de quelque temps, dans certaines

côndilions, soit que Tétat glace a gagné du terrain sur l'état eau, soit que l'état eau a gagné du terrain sur Tétat glace, autrement dit, qu'il y a eu gain d'espace par la glace ou par Teau pendant notre observation.

Etai>t donnée Timportance primordiale du contour limitant dans la définition même des corps, il il'est pas étonnant que nous rencontrions, dès le début de nos recherches sur rcxistencedcs corps, des phénomènes do gain ou dp perte d'espace. La première condition pour être est d'être quelque part; un corps •qui est quelque part occupe une portion de Tespace, et nous le définissons précisément au début par le contour de celle portion d'espace; la première lutte que nous rencontrions est la lutte pour l'espace et nous constatons que le premier phénomène vital remarquable est précisément un gain d'espace; c'est ce qu'on exprime souvent en disant que la vie ^e propage. La cristallisation se propage de même dans utl milieu liquide convenable ou Ton sème un cristal; la liquéfaction se propage quand les conditions sont telles, dans un milieu donné, que l'espace occupé primitivement par des corps solides soit envahi par des corps liquides. Dans une première approximation, nous comparerons râlai vital à l'état solide ou à l'état liquide^ et nous constaterons la propagation de l'état vital dans la croissance d'un être, comme celle de l'clat .soliJe ou de l'état liquide dans les cas de cristallisation ou de dissolution. Ce sera le phénomène dUissimUaiion physiiiite, c'est-à-dire un gain d'èspace par un état physique donné qui, limité primitivement à un contour déterminé, sera borti des limites de ée contour en assimilant, en rendant semblable à lui,

des états difîéreûU précédemmeût réalisés en dehors de ce contour.

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