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CHAPITRE PREMIER L'état vivant et l'influence vitale

s 1. — LA NOTION D'INDIVIDUALITÉ

Il faut une convention bien arbitraire pour doter d'individualité, de personnalité, les corps bruts ou morts; nous n'avons aucune raison valable de nous intéresser plutôt à la maison qu'aux pierres dont est construite la maison ; le langage nous permet de raconter à volonté Thistoire des transformations continues de la maison ou de la pierre, et nous donnons, par suite, le nom de corps à Tensemble Jimité que nous avons choisi arbitrairement comme objet de notre étude. C'est que la notion d'individualité, de ; personnalité, est empruntée aux corps vivants; dè^ ^ qu'on veut la faire sortir du cadre pour lequel elle a été créée, on lui fait perdre toute sa valeur.

Au contraire, lorsqu'il s'agit des corps vivants, celte notion paraît s'imposer immédiatement. Sans trop nous demander pourquoi, nous trouvons des raisons de dire : un homme, un chien, un crapaud, une sangsue, un oursin, un champignon, un poirier, et, si nous détachons une partie quelconque d'un des corps ainsi dénommés, nous n'hésitons pas à dire que c'est : un morceau d'homme, un morceau de chien, etc., un morceau de poirier, quoique ces parties détachées soient susceptibles d'une description personnelle, comme les corps dont on les a séparés.

Et cependant, un homme, un chien, un crapaud n'ont rien d'homogène; si nous vouions les décrire dans le détail, faire leur anatomie, nous constatons au contraire qu'ilssont formés des parties les plus diverses, d'os, de muscles, de nerfs, etc. Ce n'est donc pas l'homogénéité qui, comme cela aura lieu pour les corps bruts, nous fait songer à ne pas séparer, pour les dénommer, les diverses parties d'un être vivant; il y a une autre raison, et celte raison nous la trouvons datis la communauté (ïintérêts de ces diverses parties. Ce mot inlérôis implique l'idée de lutte; dès que nous entrons dans le domaine des choses de la vie, nous rencontrons la lutte à chaque pas; pour les corps vivants bien plus évidemment que pour les corps bruts, l'idée d'earw^e^ce est inséparable de l'idée de lutte,

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