CLINIQUE
La symptomatologie est en général bien caractéristique : Le premier signe frappant à l’examen du sujet, c'est l'attitude de la main en pronation forcée et l'impossibilité absolue de la supination.
Nous avons déjà insisté sur ces deux points :
a) La pronation est en général portée à un degré extrême, mais dans quelques observations l’avant-bras est fixé simplement en demi-pronation, ce qui est d’une grande importance au point de vue fonctionnel.
b) L'impossibilité de la supination est absolue dans les cas typiques. Mais un léger mouvement de supination peut exister s'il s'est établi une laxité ligamentaire compensatrice dans articulation du coude.
De plus, et notre observation en constitue un exemple des plus nets, l'articulation de l’épaule peut intervenir et, par sa laxité, favoriser une ébauche de supination.
c) Quelles sont les conséquences de la luxation de la téte radiale ? | S1 la têle est luxée en avant, c’est tout d’abord la limitation du mouvement de flexion. Lorsque l'avant-bras se rapproche du bras, la tête vient se coincer contre l'extrémité inférieure de l’humérus, où elle forme un butoir qui limite, qui arrête
le mouvement.
Au contraire, l’extension n’est pas gènée en général, elle peut même être exagérée comme chez notre malade, le fait est noté dans plusieurs observations.
Le déplacement de la tête en haut devrait s'accompagner
née — 23 — d’une déviation en dehors de l'avant-bras, d’une exagération du cubitus valgus physiologique, or il est supprimé au contraire chez notre malade et l'axe de l’avant-bras prolonge exactement l’axe du bras.
Dans les luxationsen arrière, la limitation des mouvements est exactement inverse, c'est l'extension qui est gênée, la flexion l’est beaucoup moins que dans la luxation en avant.
La palpation ne permet généralement pas de se rendre compte de l'existence d’une synostose ; par contre, il est facile de palper la tête radiale déplacée et de la saisir ou de l’accrocher en avant ou en arrière de l’humérus.
Les deux coudes seront toujours examinés symétriquement de façon à déceler la bilatéralité fréquente de la malformation.
On se rendra compte, par la recherche de la tête radiale, si la luxation est bilatérale ; nous avons vu en effet qu'on peut observer une synostose bilatérale avec luxation unilatérale.
Rappelons aussi que la styloïde cubitale fait parfois une saillie anormale au niveau du poignet ; il faut bien se garder de la prendre pour une déformation de Madelung.
Il faut enfin rechercher les lésions associées et plus particulièrement le degré de laxité de l'articulation du coude, l’atrophie musculaire et aussi si le sujet ne présente pas d’autres malformations congénitales, comme c’est assez fréquent.
nn ARE