‹ La luxation congénitale du fémurChapitre 32 sur 58 · CHAPITRE VI Diagnostic · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI Diagnostic

La luxation congénitale de la hanche passe pour l'affection chirurgicale la plus facile à reconnaître, De fait, lorsqu'elle est bien accusée, la claudication caractéristique permet dans l'immense majorité des cas de la diagnostiquer à distance. Et pourtant, parmi les malades dont les observations suivent,un nombre important a été l’objet d'erreurs considérables : les uns, soignés longtemps comme coxalgiques etpar des cliniciens remarquables, d'autres envoyés à l'hôpital comme atteints de malformation alors qu'ils n’en présentaient pas. C'est qu’en effet, soit au début lorsque le déplacement est très léger, soit plus tard si les caractères de la malformation sont masqués au moins en partie par les complications vues plus haut, rétractions, arthrite, etc., le diagnostic peut présenter les plus grandes difficultés.

Les éléments dont il faut tenir le plus grand compte sont : 1° l’âge auquel l'enfant a marché ; 2° le début de la claudication ; 3° l’asymétrie des deux moitiés du corps (luxation unilatérale), ou des parties supérieure et inférieure (luxation bilatérale) ; 4° la boiterie ; 5° l'examen local, la présence de la tête fémorale hors de sa place, seul signe pathognomonique, ainsi que Bouvier l’a dit avec insistance.

On est consulté pour un enfant de 18 mois qui ne marche pas encore. Si l'un des membres est plus court, la mère l'aura généralement vu et .attirera sur ce point l'attention du médecin; s'ils sont égaux; si, d'autre part, il existe des signes de rachitisme, tête, thorax, fémur ou tibia, le plus souvent on attribuera à cette affection le retard sans rien chercher de plus. C'est un tort, car assez souvent la luxation coïncide avec le rachitisme, et un examen de la hanche l'aurait pu faire reconnaître. La flexion du col fémoral, si bien décrite

par Ernest Müller, peut faire commettre l'erreur inverse. Je sais é

bien que la plupart des faits de ce genre appartiennent à l'adolescence, mais ils peuvent se montrer dans la première enfance. Une observation de Lauenstein se rapporte à un enfant de 6 ans. L'obs. 98 qui relate une erreur de diagnostic de ce genre a pour sujet une fillette de 3 ans. Le trochanter dépasse de un, deux centimètres la ligne de Nélaton, et l’on croit à tort à une malformation de la hanche. L'on peut être confirmé dans cette illusion par la marche du sujet présentant non pas évidemment le type de la claudication de la luxation, mais un balancement analogue si, à la déformation du col, se joint un certain degré de genu valgum rachitique (Lorenz). L'examen local soigné et approfondi ne parviendra pas à faire reconnaître la tête fémorale hors de $a situation ordinaire. Si l’on imprime au membre inférieur fléchi des mouvements de rotation, on les verra se communiquer au trochanter, mais la tête fémorale demeurera cachée et ne roulera Pas Sur une étendue anormale dans la fosse

iliaque externe. |

La coxo-tuberculose prête aussi à l'erreur, mais d'une façon particulière. Rarement on prend une coxalgie pour une luxation congénitale. Bien souvent l’on prend une luxation pour une coxalg'ie.

Cette faute est impardonnable quand la luxation est indolente et

s'accompagne de mouvements exagérés. Elle est plus excusable lorsque la rétraction musculaire est forte et qu’il s’y joint des phénomênes douloureux. L’attitude, la gêne fonctionnelle, la limitation de l’abduction, la paresse, les douleurs, l'atrophie musculaire, tout y est. La démarche elle-même peut, dans ces cas, simuler celle de l’arthrite tuberculeuse. L'étude attentive des commémoratifs sera d'un grand secours : l'enfant a marché tard, il a toujours boité, voilà déjà qui ne s’accorde pas avec la pensée de coxalgie. L'examen local décèlera la luxation, c'est-à-dire la présence de la tête fémorale hors du cotyle. Et comme, dans la luxation congénitale, il n'y a, sauf l'exception sur laquelle nous aurons à revenir {complication de coxalgie), ni empâtement ni abcès, on ne sera pas autorisé à penser que l’on est en présence d’une luxation Symptomatique. Enfin la marche de l'affection justifiera le diagnostic. Quelques jours d'extension continue viendront à bout des douleurs (Dubrueil).

La paralysie des muscles fessiers donne lieu à une démarche abso-

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