XIV. — Les symptômes communs à ces variétés sont
Asymétrie latérale dans les luxations unilatérales ; . Disproportion entre les membres inférieurs et le reste du corps dans les luxations bilatérales ;
Perception de la tête fémorale à une place anormale.
XV. — Les symptômes propres à chacune des formes tiennent dans la luxation ballante non compliquée de rétraction, à la mobilité excessive de la tête dans les sens physiologique et anormaux et à la perte de l’action abductrice des fessiers. Dans la luxation postéro-supérieure compliquée de rétraction à la mobilité anormale, à la diminution de l'amplitude de quelques mouvements physiologiques, à la perte de l'action abductrice des fessiers.
Dans la luxation appuyée, ils consistent purement et simplement dans le déplacement en haut de la tête fémorale et le raccourcisse-
. ment qui en est la conséquence.
XVI. — Le pronostie est donc bon pour les luxations supérieures, fonctionnellement grave pour les luxations postéro-supérieures.
XVII. — Chez les sujets où la luxation aura pu être reconnue de bonne heure et surtout incomplète, on obtiendra beaucoup en défendant tout ce qui peut l'aggraver, en réduisant la station verticale et la marche au minimum, en prenant soin de l'appareil musculaire, en surveillant l'attitude du membre qui doit être autant que possible en extension et abduction.
XVIIE, — Nous ne sommes pas fixés sur la valeur définitive des réductions orthopédiques. Il est certain que chez le sujet jeune (jusqu’à 3 ans au moins) on peut facilement et toujours amener la tête
au contact du cotyle, mais que celui-ci n’est pas en état de la maintenir. L'espérance que ce contact prolongé amènerait la formation d'un rebord solide et durable a été souvent déçue. Nous ne pouvons donc conseiller aucune des méthodes qui, dans un but aléatoire, condamnent un enfant sain au dééubitus pendant des années, au détriment de son développement physique et intellectuel.
XIX. — Par contre, la réduction orthopédique suivie du port d’un appareil ambulatoire nous semble devoir être tentée, et toutes nos préférences sont pour la méthode de Lorenz. D'après notre expérience, ces
‘sujets ne peuvent marcher avec cet appareil que dans le cas de luxation unilatérale. C'est dans ce cas seul aussi que nous l’appliquerons.
XX. — La réduction sanglante. est, à notre avis, une excellente méthode. Seule, elle supprime tous les obstacles à la réduction, assure immédiatement le maintien des nouveaux rapports et réalise la restitutio ad integrum.
XXI. — Le procédé de choix est celui de Lorenz, car c’est celui qui ménage le mieux les muscles et permet le drainage dans les meilleures conditions.
XXII. — L'opération doit être précédée de l'extension continue pour supprimer d’avance la rétraction musculaire. | < XXIII. — Les reproches adressés à l'intervention, mortalité, rai-
deurs, attitudes vicieuses, récidives, tiennent à ce qu’on n'est pas arrivé du premier coup à la faire sans faute. :
Rapidement et antiseptiquement conduite par un chirurgien familiarisé avec l'anatomie pathologique, elle doit être sans danger.
Les raideurs peuvent être évitées par une mobilisation précoce, douce, graduelle et par l'extension continue. |
Les mêmes moyens appliqués avant ou après l'opération préviennent, Corrigent ou atténuent les attitudes vicieuses. En fin de cause, on peut recourir à l'ostéotomie oblique sous-trochantérienne.
Les récidives proviennent soit d'un évidement insuffisant du cotyle, soit de l’antéversion du col fémoral. Elles disparaîtront, on peut l'espérer, quand on saura bien creuser la cavité, c'est-à-dire, non
seulement la faire assez spacieuse, mais lui donner l'orientation qui ui est commandée par celle de la tête du fémur.
XXIV. — Dans des cas exceptionnels, la restauration est parfaite en ce qui concerne la forme et la fonction, à ce point qu'on ne soupçonnerait pas que la hanche a été malformée.
Généralement il n’en est pas ainsi, il persiste un peu de raccourcissement et une légère claudication, une certaine diminution dans l'amplitude des mouvements, mais la déviation est en grande partie corrigée, la boiterie est infiniment moindre et na plus le même caractère, l'endurance à la fatigue est considérable, les douleurs sont supprimées. Enfin et surtout, l'avenir n'offre plus une menace d'aggravation, mais une espérance, car l’état fonctionnel s'améliore de plus en plus avec le temps, et ce n’est même qu’un an environ après l'opération que le sujet en retire tout le bénéfice.