‹ La luxation congénitale du fémurChapitre 55 sur 58 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — La luxation congénitale du fémur a pour cause une malformation originelle.

IT. — L'étude des lésions chez le nouveau-né montre une disproportion considérable entre les surfaces articulaires. Le cotyle n’a pas accompli tout son développement. Il est rudimentaire, aplati, incapable d’emboîter et de retenir la tête fémorale légèrement atrophiée. Cet

arrêt de développement n’est pas réparti également sur toute sa surface : suivant sa prépondérance sur telle ou telle partie de son contour, la luxation se fait primitivement en haut et en arrière, en haut, . ou en haut et en avant.

IIL. — En dehors même des surfaces articulaires, les os du bassin et souvent aussi ceux des membres inférieurs présentent un développement incomplet. ;

IV. — Les muscles de la fesse, de la cuisse, du mollet et de la plante du pied offrent aussi une atrophie par défaut de formation. Comparés avec ceux du côté sain, ils en diffèrent non seulement à l'œil nu, par leur volume et leur consistance moindre, mais histologiquement par le nombre moins considérable de leurs faisceaux et fibrilles musculaires. |

Y. Dans les luxations unilatérales, les artères du côté malade sont plus étroites que du côté sain. Cette disposition s'observe sur les iliaques primitive et externe et à un degré moindre sur l'hypogas- . trique.

VI. — Assez souvent la luxation congénitale du fémur coïncide “avec d’autres malformations de l'organisme, démontrant l'étendue du vice de développement.

VIL. — La cause de ce vice de développement général ou local parait être elle-même dans une lésion du système nerveux du fœtus, cerveau quelquefois, moelle de préférence, lésion durable ou transitoire de l'ordre des hydropisies.

VIII. — L'’hérédité a dans l'étiologie une influence certaine. On la rencontre dans un sixième des cas.

IX. — Quand le sujet grandit et marche, le déplacement léger ou en germe jusque-là s’accentue et augmente de plus en plus. À la malformation primordiale s'ajoutent des lésions secondaires mécaniques qui portent sur tous les éléments constitutifs de l'articulation et à distance sur le membre inférieur, le bassin et le rachis. =

X. — Les lésions complexes de l'articulation (originelles et mécaniques) s'opposent au bout de peu d’années à la réduction. Les obstacles sont de trois ordres :

Osseux. — Cotyle plus disproportionné qu’à la naissance à la tête fémorale — triangulaire — regardant en avant. :

Col court et en antéversion. ;

Ligamenteux. — Capsule et faisceaux de renforcement conservés dans leurs insertions et leurs dispositions, tous hypertrophiés, rétractés en avant, allongés en arrière.

Cavité divisée en deux parties secondaires (cotyloïdienne et fémorale) par un isthme étroit et vertical S'opposant au passage de la tête.

(À partir de cinq ans le ligament rond est généralement rompu.)

Musculaires. — Rétraction musculaire (par rapprochement des points extrêmes d'insertion) frappant par ordre de fréquence et de gravité : 1° les adducteurs : 2 les fléchisseurs ; 3° les muscles de la tubérosité de l'ischion.

XI. — Dans les déplacements postéro-supérieurs, la tendance est l'aggravation progressive par rétraction musculaire de plus en plus

forte et poussées d'arthrite.

XIL. — Dans les luxations sus-cotyloïdiennes ces complications

. sont rares et bien moindres. Il y a au contraire tendance à la formation d’une néarthrose.

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