CHAPITRE II Étiologie
Dans l’étiologie, deux points attirent l'attention : prédominance du sexe féminin ; rôle de l'hérédité.
90 de nos observations concernent des filles, 22 des garçons, soit un pour cent de 20 garçons pour 80 filles. Les différences sont souvent plus grandes. Le pour cent de Lorenz est de 12 garçons pour 88 filles. En tout cas, la disproportion des deux sexes est toujours évidente. Nous verrons en pathogénie les subtiles théories que l'on a élevées pour expliquer ce fait. Mais il nous est permis de dire d'avance qu'aucune n'est parfaitement satisfaisante.
Depuis la fameuse observatien de Marguerite Cardas, publiée par Dupuytren, les faits sont nombreux qui montrent des familles dont plusieurs membres sont atteints de luxation congénitale. Dans nos observations, nous trouvons cette condition indiquée 18 fois, soit dans 1/6 des cas environ, ce qui est en l’espèce une proportion forte. Les petites Baz... (obs. 103 et 104) avaient une troisième sœur et leur mère atteintes de luxation congénitale. L'hérédité maternelle se trouve dans les observations 8, 16, 28, etc. l'hérédité paternelle se trouve dans une observation 46. Les observations 31, 44, 80 indiquent dans l’ascendance une grand'mère et une tante boitant de naissance. Nous avons 4 groupes de deux sœurs malformées. Deux de nos malades enfin avaient chacune une cousine luxée congénitalement. Le père et le frère d’un de ces enfants présentaient une absence congénitale de la otule et lui-même était ainsi conformé obs. 28.
Quelquefois on trouve dans l’hérédité d’autres malformations congénitales, bec-de-lièvre (obs. 90), imperforation de l'oreille (obs. 101), du rectum (obs. 5), pied bot (obs. 89), hernie congénitale (obs. 98), idiotie (obs. 77).
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Dans 88 cas, l'examen le plus minutieux ne nous a fait découvrir aucune malformation dans la famille. Et nous avons vainement cherché des différences anatomiques ou cliniques entre les cas où l’hérédité se montre d’une façon si manifeste et ceux où l’on ne saurait l'incriminer. |
À côté de ces grands facteurs, il en est d’autres auxquels on fait jouer un rôle. Dans certaines contrées, les luxations congénitales sont très répandues. Elles manquent dans d'autres sans qu'on sache pourquoi (Hoffa). Mollière dit que presque toutes celles qu’il a vues à Lyon lui étaient fournies par l'Ardèche. Le professeur Forgue a fait la même observation à Montpellier où la malformation est très commune,
Les grossesses sont assez souvent pénibles, mais on conçoit la dif ficulté qu’il y a à apprécier rigoureusement cette information quelques années après. TE
Nous n'avons trouvé enfin que des cas isolés de mariages consanguins et d’'hérédité syphilitique. .
Bref, l'étiologie n'est pas ici d’un grand secours pour la pathogénie. Elle nous servira surtout à faire rejeter certaines théories. Il est vrai que c'est quelque chose que de savoir déjà ce qu'il faut ne pas croire.