LE VIEUX CAPORAL
No. 3.)--Arr du Viain, où de Ninon chez madame Sévigné
Ben avant! partez, camarades, je st:
SE L'arme au bras, le fusil chargé.
J’ai ma pipe et vos embrassades ; Venez me donner mon congé.
J’eus tort de vieillir au service.
Mais pour vous tous, jeunes soldats, J'étais un père à l’exercice. (bi) : Conscrits, au pas.
Ne pleurez pas.
Ne pleurez pas.
Marchez au pas.
Au pas, au pas, au pas, au pas!
Un morveux d’officier m’outrage ; Je lui fends !.. il vient d’en guérir.
On me condamne, c’est l’usage :
A 7 ee
Le vieux caporal doit mourir.
Poussé d’humeur et de rogomme,
Rien n’a pu retenir mon bras.
Puis, moi, j'ai servi le grand homme.
Conscrits, etc.
Conscrits, vous ne troquerez guères - Bras ou jambe contre une croix.
J’ai gagné la mienne à ces guerres Où nous bousculions tous les rois.
Chacun de vous payait à boire Quand je racontais nos combats.
Ce que c’est pourtant que la gloire !
Conscrits, eto.
AN
Robert, enfant de mon village, Retourne garder tes moutons.
Tiens, des jardins vois l’ombrage :
Avril fleurit mieux nos cantons.
Dans nos bois, souvent dès l’aurore J’ai déniché de frais appas.
Bon dieu! ma mère existe encore !
Conscrits, etc.
Qui là-bas sanglote et regarde ?
Eh! c’est la veuve du tambour.
En Russie, à l’arrière-garde, J’ai porté son fils nuit et jour,
Comme le père, enfant et femme,
Sans moi restaient sous les frimas.
Elle va prier pour mon âme.
Conscrits, etc.
Morbleu ! ma pipe s’est éteinte.
Non pas encore.. Allons! tant mieux !
Nous allons entrer dans l’enceinte ;
Cà, ne me bandez pas les yeux.
Mes amis, fâché de la peine.
Surtout ne tirez point trop bas.
Et qu’au pays Dieu vous ramène !
Conscrits, etc.
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