‹ La lyre canadienne [microforme]Chapitre 4 sur 163 · LA NOSTALGIE · texte numérisé non relu

LA NOSTALGIE

Ou la maladie du pays.

aim :No,2.) Dela République

Bet ous m'avez dit: “ A Paris, jeune pâtre,

a. 5 Viens, suis-nous, cède à tes nobles penchans. ‘“ Notre or, nos soins, l’étude, le théâtre, ‘ T’auront bientôt fait oublier les champs.” Je suis venu ; mais voyez mon visage.

Sous tant de feux mon printemps s’est fané, Ah! rendez-moi, rendez-moi mon village,

Et la montagne où je suis né!

La fièvre court triste et froide en mes veines ; A vos désirs cependant j’obéis.

Ces bals charmans où les femmes sont reines, J'y meurs, hélas! j'ai le mal du pays, En vain l’étude a poli mon langage ; Vos arts en vain ont ébloui mes yeux.

Ah! rendez-moi, rendez-moi mon village, Et ses dimanches si joyeux !

Avec raison vous méprisez nos veilles,

Nos vieux récits ct nos chants si grossiers.

De la fécric égalant les merveilles,

Votre opéra confondrait nos sorciers.

Au saint des saints le ciel rendant hommage,

De vos concerts doit emprunter les sons,

Ah! rendez-moi, rendez-moi mon village, Et sa vallée et ses chansons !

Nos toits obscurs, notre église qui croule,

Mont à moi-même inspiré des dédains.

Des monumens j’admire ici la foule ;

Surtout ce Louvre et ses pompeux jardins}

Palais magique, on dirait un mirage

Que le soleil colore à son coucher.

Ah ! rendez-moi, rendez-moi mon village, Et ses chaumes et son clocher! -

Convertissez le sauvage idolûtre ; Près de mourir il retourne à ses dicux.

Là bas, mon chien m’attend auprès de l’âtre ; Ma mère en pleurs repense à nos adieux, J'ai vu cent fois l’avalanche et l'orage, L’ours et les loups fondre sur mes brebis, Ah! rendez-moi, rendez-moi mon village,

Et la houlette et le pain bis!

Qu’entonds-je, 6 ciel ! pour moi rempli d’alarmes:

mile

| ‘6 Para, dites-vous ; demain, pars au réveil, ï | &« Cost l'air natal qui sèchera tes larmes ; | 6 Va refleurir à ton premier soleil.” Adieu, Paris, doux et brillant rivage,

30 | Où l’étranger reste comme enchaîné. L Ah! je revois, je rev 0. non village, | Et la montagne où Ju suis né.

ÉNa22290299 20 9 | CDR FETE OC e | $ } | CHANSON BACHIQUE.

| Arr Cennu,.

| | Verse, verse, verue à plein verre LE Verse, verse jusqu’à demain !

Lono®@ RE UVONS tou jours, ne craignons rien, mon frère ; s A 0? :

\tre } CR AS Nous savons bien

Que le vin nous soutient :

Aux buveurs d’eau déclarons tous la guerre, Enivrons-nous de ce bon jus divin.

Verse, verse, verse à plein verre, Vorse, verse jusqu'à demain.

larmes: | le fus épris d’une beauté trop fière;

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mn 10

Un franc mépris De mes feux fut le prix.

Je la pleurai pendant unc heure entière, Mais le bon vin dissipa mon chagrin.

Verse, verse, verse à plein verre, Verse, verse jusqu’à demain,

Et quand je bois je règne sur la terre, Et je me crois Le plus puissant des rois.

Je brave tout, la grèle, le tonnerre ; En franc buveur je nargue le destih.

Verse, verse, verse à plein verre, Verse, verse jusqu’à demain.

Sots médecins, qui dépeuplez la terre, À tous nos maux Vos remèdes sont faux.

Mais le bon vin fut toujours salutaire ; À tous les maux ce remède est certain.

Verse, verse, verse à plein verre, Verse, verse j3qu’à demain.

Un jour le temps, de sa main meurtrière, De mes vieux ans Tranchera les instants :

À mes amis, on fermant la paupière,

LE

A Je redirai, tenant un verre en main :

Verse, verse, verse à plein verre, Verse, verse, verse tout plein !

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