‹ La lyre canadienne [microforme]Chapitre 83 sur 163 · LE BAPTÊME DU PAUVRE · texte numérisé non relu

LE BAPTÊME DU PAUVRE

Romance.

Am : Un beau navire, etc.

eee méditais une ode ou pis peut-être,

EE Quand tout à coup grand bruit dans le quartier : “ À Pentresol un garçon vient de naître :

‘ Notre portière accouche d’un portier. ” Quoique vêtu-de langes un peu sales, Je l'ai vu beau, toat comme un fils de roi, Pleurer au bruit des cloches baptismales.

Dors, mon enfant, rien n’a sonné pour toi.

À ton baptême, un curé, bon apôtre, Quelques voisins, quelques brocs de vin vieux, Cela suffit ; te voilà comme un autre, Cohéritier du royaume des cieux. .

Convive ailleurs d’un plus friand baptême, Si quelque saint, gras martyr de la foi, Bénit tout, haut, puis murmure : « Anathême !” Dors, mon enfant, dors, ce n’est pas sur toi,

10è Liv,

PT NN TERRESTRE tr

Tu n'as point vu la robe et la finance

Crier bravo, lorsque tu vagissais,

Tu n’as point eu, comme un enfant de France, À digérer un discours peu français,

Pour premier bruit, le monde à ton oreille

N’a point jeté des paroles sans foi :

Près d’un berceau, si la trahison veille,

Dors, mon enfant, dors, ce n°est pas chez toi. .

Dors, fils du pauvre !..On dit qu’il est une heure Lente à passer sur les fronts criminels 3 Le fils du riche alors s’éveille et pleure,

Au bruit que font les remords paternels.

Lorsque minuit descend plaintif des dômes, En secouant leur linceuil et Peffrai,

On dit qu’alors il revient des fant ‘ïes: Dors, mon enfant, Dieu seul entr: chez toi.

À l’hôpital, sur le champ de bataille,

Chair à scalpel, chair à canon, partout

Tu souffriras ; et lorsque sur la pailie

Tu dormiras, la faim crira : debout !

Tü seras peuple enfin . . . mais bon courage ! Souffrir, gémir, c’est la commune loi.

Sur un palais j'entends gronder l'orage ; Dors, mon enfant, il glissera sur toi.

France,

le

2 toi.

ne heure

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