‹ La Macédoine et les MacédoniensChapitre 13 sur 47 · II. — Les Serbes · texte numérisé non relu

II. — Les Serbes

Trouve-t-on en Macédoine des Serbes émigrés et des Macédoniens nettement serbisés, c*est-à-

LES RAGES EN CONFLIT gS

dire ayant une conscience nationale serbe, encadrés par des organisations serbes ? (i).

Avant les guerres balkaniques, l'expansion et l'influence serbes se montraient, il faut le reconnaître, extrêmement faibles, et cela pour deux raisons. L'émigration des Serbes en Macédoine d'abord, était très restreinte, beaucoup plus restreinte que l'émigration bulgare. Alors que le Bulgare tenait ses montagnes et rayonnait de \k dans la plaine, le Serbe n'était même pas maître des siennes. En Vieille Serbie, il devait so défendre contre l'Albanais, « l'Arnaute », qui avait choisi ce malheureux pays comme lieu favori de ses exploits. La situation était telle qu'un grand nombre de Serbes émigraient bien, mais vers le Nord, vers la Serbie indépendante où ils trouvaient refuge et sécurité. Alors que les Yougo-Slaves débordaient du côté de la Hon-

(1) C'est uniquement en cela que peut consister la serbisation des campagnes. Les mœurs du paysan serbe diffèrent, en effet, assez peu de celles du paysan macédonien ou bulgare : même vie rurale et patriarcale avec plus d'individualisme cependant, le caractère plus simple, plus ouvert, mais moins opiniâtre.

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gric et de l'Adriatique, ils reculaient au Sud et à l'Est, c'est-à-dire en Macédoine.

D'autre part, Tautorité religieuse possédait des moyens d'action très insuffisants ; elle n'avait pas à son service d'Eglise autocéphale, a la manière de l'Exarchat ; les Serbes appartenaient à la confession orthodoxe, et, en Macédoine, le clergé orthodoxe, à part quelques exceptions, est dévoué à l'hellénisme. Introduire des prêtres serbes était fort difficile, puisqu'il fallait pour cela heurter les autorités ecclésiastiques, sans pourtant se brouiller avec elles.

C'était cette raison qui empêchait de faire des écoles serbes des écoles confessionnclleâ ; elles admettaient des élèves de toutes îés Eglises chrétiennes en s'efforçant de ne choquer aucune déciles (i). Ce régime n'àvaît sans doute rien de commun avec ce que nous appelons neutralité scolaire. En réalité, les écoles serbes se montraient le moins neutres qu'elles pouvaient,

(1) Èh fait, presque tous les éièv«s des êCôleâ sefbes jippartiennent à l'orthodoxie.

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