IV. ->■ L'avenir de la lutte
Quiconque aurait essayé en 191 2, avant les guerres balkaniques, de préjuger de l'avenir du conflit macédonien se serait trouvé, sans doute, amené âux conclusions suivantes.
Il aurait constaté que le combat ne se livrait d'une façon sérieuse qu'entre Grecs et Bulgares, l'action serbe étant encore faible, incertaine et beaucoup plus en paroles qu'en actes.
Son attention aurait été frappée ensuite de l'avance lente et continue du bulgarisme dont nous venons d'exposer les causes. Le Bulgare s'infiltrait dans les campagnes macédoniennes parce qu'il avait besoin d'elles et qu'elles avaient besoin de lui ; elles représentaient à son égard un champ d'expansion indispensable et il possédait, de son côté, les qualités les plus propres h les mettre en valeur.
Notre observateur aurait sans doute ainsi résumé les résultats de son enquête.
(( Si la Macédoine reste, comme elle Test à présent, un champ clos ouvert à la concurrence des trois races : grecque, serbe, bulgare, c'est la dernière qui l'emportera infailliblement. )>
La situation en 191 8 est fort changée : la Macédoine n'est plus <( terre à personne » (le Turc étant compté pour personne). Depuis le traité de Bucarest, chacune des nationalités a,