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de part et d'autre, il provient surtout des qualités différentes des deux races. Les Grecs dominent dans les villes qui sont surtout des centres commerciaux ; ils y forment la majorité de la population chrétienne, et mènent les affaires ; administrant la localité, ils s'assimilent peu à peu les populations hétérogènes, les Turcs exceptés. Il est facile de constater, dans telle petite ville, l'hcllénisation progressive de telle famille. J'en ai connu une à Florina, dont le nom et l'origine étaient nettement bulgares. Son dernier chef, venu des environs de Melnik, s'était marié et fixé à Ostrovo ; la veuve portait le costume des paysannes de cette dernière région et ne savait pas un mot de grec. Certains traits de mœurs : vie en commun de cette veuve et de ses enfants sous l'autorité du fils aîné, marié lui-même, effacement des femmes plus marqué que dans les maisons grecques, soulignaient encore les traditions slavo-macédoniennes. L'Hellénisme pourtant conquérait insensiblement la maison. Le maître et ses frères, commerçants en gros, en contact perpé-
tuel avec les commerçants grecs, parlaient leur langue, prenaient leur allure, leur esprit, leurs manières. La femme de l'aîné était grecque ; les enfants allaient à l'école grecque et ne parlaient plus le bulgare ; les petites filles portaient les prénoms éminemment hellènes de Calypso et de Polyxène ; les garçons s'appelaient Athanase et Thémistocle. Il est vraisemblable que U grand'mère disparue, rien ne rappclera plus l'ancienne nationalité.
La feituaCion est toute différente dans les campagnes. Là, l'hellénisme vit très difficilement pour la bonne raison qu'il n'y a pas d'Hellènes. Dans les territoires rattachés effectivement au royaume, il a sans doute deux puissants instruments : l'église et l'école, mais qui ne sauraient suppléer à un contact quotidien, opérer une pénétration intime. Sur ce point, l'avantage appartient aux Bulgares qui, eux, s'implantent dans toute la Macédoine, la saturent, pour ainsi dire, s'attachent le paysan en partageant sa vie et sc8 travaux.
Los patriotes grecs, M. Venizelos le premier,
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ont bien compris toute l'importance de la question. La Grèce, autrefois presque exclusivement commerçante et maritime, s'est annexée, en Thessalie, en Macédoine, des régions entièrement agricoles ; il lui faut, pour s'y implanter solidement, contribuer à leur mise en valeur, les coloniser. Aussi, le gouvernement et T opinion font-ils de louables efforts pour tourner les Grecs vers la culture et la vie rurale. La vérité oblige à reconnaître qu'ils n'ont guère réussi jusqu'ici. Les institutrices hellènes ont beau faire porter aux: fillettes, dans les fêtes officielles, le costume des paysannes macédoniennes, elles n'en font pas pour cela des paysannes. L'enseignement agricole existe pour les garçons, mais il n'a réussi à former que des professeurs d'agriculture.