VALAQUES, TURCS, JUIFS
Trois nationalités assistent au combat mac^^ donien sans y participer. L'abstention des Valaques et des Juifs est le fait de leur petit nombre. Quant aux Turcs, conquérants dépossédés, iU subissent, par forc^, la loi de leurs anciens sujets*
L — Les Valaques.
Des Valaques ou Koutzo-Valaques, il y ô peu de chose à dire. Ces descendants, dit-on, d'anciens colons latins, parlant une variété de roumain, se sont réfugiés, à la suite de tribulations mal connues, dans les montagnes balkaniques. Ils y exercent l'industrie montagnarde par excellence, l'industrie pastorale. Leurs villages sont disséminés un peu partout, mais c'est
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aux confins de la Macédoine, de k Thessalie et de l'Albanie qu'ils se trouvent en plus grand nombre, (i) Les nécessités de la transhumance font d'ailleurs de ces pâtres des demi-nomades. Ils ont ça et là, dans le Kara Tass et dans le Pinde des habitations temporaires, sortes de chalets de branchages, revêtus d'argile à l'intérieur, couverts en chaume. L'hiver, ils descendent vers les plaines et les régions maritimes, le long de l'Egée et de l'Adriatique.
Les bergers valaques sont propriétaires de leurs troupeaux, composés surtout de moutons et de chèvres. Ils louent aux propriétaires de tsifliks des zones de parcours ; sur les terrains appartenant à l'Etat et aux communes ils ne paient en général aucune redevance.
L'élevage est, en Macédoine, une des principales sources de profit. Les laines et les peaux forment les plu» importantes exportations du marché de Monastir. Aussi le berger valaque.
(1) La population valaque de Macédoine ne peut être évaluée que très approj^imativement. Il egt peu prpbabiç qu'elle dépasse 200.000 âmes.
« le Vlaque » comme disent dédaigneusement les Grecs, si sauvage et si farouche sous sa casaque noire, connaît-il, en général, une aisance plus grande, que son frère, le laboureur macédonien. Les troupeaux d'une famille comprennent souvent plusieurs milliers de têtes. De plus, le métier de pasteur mène facilement à d'autres assez lucratifs, celui de transporteur par exemple. Les muletiers qui, de Macédoine en Albanie, d'Albanie en Macédoine, mènent des convois d'ânes, de mulets ou de petits chevaux au pied sûr, sont presque tous Valaques.
Enfin, de muletiers, les Koutzo-Valaques deviennent commerçants et certains sont arrivés ainsi aux grandes affaires, aux grandes fortunes. La bourgeoisie de plusieurs villes comme Monastir et Verria, en Macédoine, comme Koritza en Albanie comprend ainsi une très forte proportion d'éléments latins. De même, « les grands Hellènes de l'étranger, dit M. Victor Bérard, banquiers de Vienne, marchands d'Odessa, courtiers d'Alexandrie sont en majo-