LE8 VRAIS INTÉRÊTS MACÉDOMENS 2I
tat ne saurait être atteint que par une liberté religieuse complète et par le libre usage des langues. Ceci implique également la liberté d'enseignement. D'autre part, au point de vue civil, les communautés musulmanes devraient continuer à jouir d'un statut spécial.
Puis, il s'agirait de faire naîtra et de développer entre ces gens de mentalité et d'origines si diverses, un esprit, des sentiments de solidarité. Or de pareils liens ne peuvent se fonder que sur la communauté des intérêts régionaux. Il faudrait que ceux-ci fussent assez profondément ressentis pour prendre peu à peu la prédominance sur les intérêts ethniques.
Seul un régime de large décentralisation pourrait atteindre ce résultat. C'est en gérant eux-mêmes les affaires de leur village, de leurs centres, de leur région, que les Macédoniens peuvent s'y rattacher, s'y dévouer au besoin. Il est à noter que leur éducation a été en grande partie faite, à ce point do vue sous la domination turque. Pendant des siècles, pour avoir un chemin, une école, une église, ils ont été habi-
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tués à ne compter que sur eux-mêmes. Il leur fallait réunir les ressources, en contrôler l'emploi, diriger les travaux. Ils choisissaient leurs prêtres, leurs maîtres d'école. Les paysans du plateau de Monastir ou du Vardar ont fait ainsi un meilleur apprentissage du <( self-governement » que ceux de bien des grands Etats pacifiés et policés. Une division intelligente du territoire d'après les régions naturelles, une autonomie administrative et foncière donnée à chacune de ces régions permettraient à ces qualités de s'exercer et feraient de ces paysans les meilleurs artisans ou instruments de la paix macédonienne.
Au point de vue économique, la prospérité du pays dépend d'une série d'immenses travaux : multiplication des voies ferrées et des routes de terre (i), aménagement et développement des ports, assèchement des marais, reboisement des montagnes. Non seulement de tels travaux accroîtraient la production et
(1) A ce point de vue, un réseau routier considérable sera laissé en Macédoine par les armées belligérantes.