L ORDRE INTERNATIONAL
kan d'une force susceptible de le garder, pas assez redoutable cependant pour s'attribuer une hégémonie orientale.
Entre ces deux grandes politiques simples, l'une dans sa brutalité, l'autre dans sa sagesse et sa loyauté, se place celle des autres Etats engagés dans la question balkanique. Ceux-là sont guidés par des idées plus incertaines, tiraillés par des intérêts plus divers.
Du côté Allemand, l' Autriche-Hongrie, que la vision d'un colossal empire germanique laisserait assez froide, s'est pourtant faite la complice des ambitions du Hohenzollern, par crainte du slavisme tchèque ou serbe.
La Bulgarie, passionnée d'indépendance, a accepté la vassalité germanique pour acquérir contre le Grec et le Serbe la prépondérance balkanique que lui avait value la paix de Bucarest.
Du côté de l'Entente, l'Italie sent que ses désirs de maîtrise de l'Adriatique et d'expansion méditerranéenne ne peuvent se concilier avec le triomphe du pangermanisme. Mais elle re-
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doute aussi toute puissance, même moyenne, qui pourrait se lever en Orient.
La Grèce est menée par trois grands intérêts : sauvegarder son indépendance, achever l'affranchissement de l'Hellénisme en Orient, et conserver le plus possible des territoires macédoniens que le traité de Bucarest lui a attribués. Depuis son entrée en guerre elle n'a pas eu à choisir entre ces points de vue : elle s'est débarrassée de l'empire germanique et a défendu en même temps celles de ses conquêtes que le Bulgare n'avait pas occupées.
Quant à la Serbie elle a cherché avant tout à vivre, à respirer et, dans un lointain entrevu, à réaliser l'unité et l'indépendance yougo-slavc. Pour compenser des espoirs déçus elle s'est tournée vers la Macédoine et n'y a trouvé que ruine et misère. Il lui faut devenir libre d'abord et obtenir un accès à la mer. Toute autre préoccupation doit céder devant celle-là.
De ces intérêts entremêlés celui qui doit primer tous les autres est évidemment l'intérêt