‹ La Macédoine et les MacédoniensChapitre 45 sur 47 · L ORDRE INTERNATIONAL · texte numérisé non relu

L ORDRE INTERNATIONAL

d'équilibre représenté par les trois grands Etats de l'Entente. Il se confond en somme avec l'intérêt de l'Ordre International devant lequel doivent s'incliner les revendications particulières de chaque Etat, même lorsqu'elles n'ont rien en elles-mêmes d'illégitime, à plus forte raison quand elles ne sont qu'appétit de brigandage.

Ce principe d'équilibre est sans doute fort contesté, et le Président Wilson, notamment, a prononcé contre lui d'illustres paroles. On lui oppose l'idée d'une organisation internationale fondée sur le <( droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » et garantie par une autorité supra-nationale. Ainsi le petit pourrait vivre sans crainte à côté du grand, le faible à côté du fort.

En réalité, il n'est pas démontré qu'une Fédération universelle garantirait à tous une égale justice, ne deviendrait pas au contraire un instrument entre les mains des plus puissants et des plus nombreux. La condition des petits et des moyens Etats serait alors atroce puisqu'ils n'auraient plus aucun moyen de défense. Une semblable organisation apparaît d'ailleurs com-

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me hypothétique, lointaine. Si avant elle la paix du monde n'est pas assurée par une autre méthode qui ne peut plus être que le vieux procédé d'équilibre, l'ordre international risque fort desombrer à jamais dans la plus sanglante anarchie. Enfin, la Société des Nations aura d'autant plus de chances d'être juste que le contrat qui la créera sera fait entre puissances de force à peu près équivalente.

Il faut reconnaître que les plus grosses difficultés que rencontre la politique d'équilibre, lui viennent des revendications des nationalités. Mais dans l'affaire de Macédoine cet obtacle n'existe pas. Nous avons vu qu'un partage à base soi-disant ethnique, non seulement ne répondrait à aucun besoin des populations macédoniennes, mais ne pourrait être pour ces dernières qu'une source de misères. Quant aux trois Etats balkaniques, dans ledit partage il leur est légitime de soutenir leurs intérêts, mais aucun d'eux ne peut faire valoir de droit véritable sur aucune partie du territoire convoité.

Assurer l'équilibre du Levant et la liberté des

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mers orientales en établissant dans les Balkans, une force de résistance à la poussée germanique doit donc être, dans la mesure où le sort des armes le permettra, le but essentiel des alliés. Leis revendications particulières de certains d'en tre eux, si intéressantes soient-elles, ne doivent passer qu'après.

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