‹ La Macedoine; Le chemin de fer de BagdadChapitre 1 sur 54 · LIBRAIRIE PLON · texte numérisé non relu

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PLON-NOURRIT et C'% IMPRIMEURS-É DITEU KS

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PHKFACK

Une fois encore la (juestion d Oi-ienI monte à 1 liorizon [)olitique: il senilile (|ne nous arrivons à la (in d'une de ces [x'i'iodes de calme relatif (|ui jusqu ici ont réglé par à-coups la vie des peuples des Balkans.

Durant longtemps et dernièrement encore, les sceptiques disaient : il n y a pas de fermenialion dangereuse en Macédoine; il s'agit seulement d'un mouvement artificiel dirigé de Solia et de Belgrade; n'y accordons point trop atten- 1i(jn. D'autres jouissaient d'tme quiétude moins })arfaite: ils reconnaissaient que la situation était détestable en Macédoine, mais ils ci'oyaient que malgré tout elle pouvait encore durer ciiKi, dix, (juinze ans, vingt ans peut-être.

L'éclatante puissance des faits a raison de tous

los proMOslics. .\|irrs une i^cstiitioii l(iii:;iii' cl, ilouloiirciisc. la (|U('sli()ii iiiaciMloniciiiii' [larail arrivei' à iiuiliiiilc.

Quand aliiMiliia-l-clIc.'' Nul ne |i('iil le dii'c, mais II' l'ail : c'csl i|ii Clli' csl [iiisri'.

L'iiisiirrcclion s'clciul au sud des Halkaiis. Depuis (les mois les handivs luacrdonieiiues parcourent le pays avec des allcniali\es de succès et de revers.

Les représailles s opèreul a\ ec uni' Iradiliounelle cruauté. On estime qu'en 1901, par cunséqucnt, avant la période insurrectionnelle, 2.566 Macédoniens ont été assassinés par les Turcs, soit 213 par mois ou 7 par jour.

De tous cùlés on signale des actes monstrueux.

A Bielopolsky-Most, vingt-quatre ouvriers macédoniens ont expiré dans des souffrances atroces. Après les avoir solidement attachés, les réguliers turcs leur ont coupé successivement les bras, les jambes, et ont décliiqueté leur tronc sanglant. Le massacre a duré près de douze lieures.

Ce n'est là qu'un exem[»le.

De pareils actes se multipliani nn peu partoul, en .Macédoine, ne trompent pas: ils constituent des s\mptomes caractéristiques.

Tout indique donc le début d'une série de ces

l'iiils qui, dans l'Iiisloiro, aprî'S un lcni|is plus ou iiiuiiis long-, décillent des grands é(dals.

Les eonsrquencês de 1 exiciision de la rcvidle en jMacé'doiiu' peuvent être cunsidérahles, toute (liiuinution de la souveraineté turque en Elurope entraînant des modifications profondes dans le rapport des forces des grandes puissances continentales. Le monu'nt est donc largement venu de voir clair dans la situation présenle de la péninsule balkanique.

Kn raison de 1 actualité de ses résultats, 1 enquête que je viens de taire siu- place oH'rira peutêtre quelque intérêt. Il \ a peu de semaines encore, je visitais (lonslanlino[d(\ Salonique, Iskub, Sofia, Belgrade.

Dans ces villes, j ai eu l'occasion de voir et de causer avec presque tous ceux qui jouent déjà ou sont destinés à jouer un grand rôle. Sur les bords du Bosplioi'c. [ii'esipu' à l'oudjre du palais du sultan, j'ai visité Sa Béatitude 1 exarque bulgai'C Mgr Joseph. A Salonique et à Uskub, j'ai passé de longues heures au milieu de ces consuls étrangers qui observent, ou de ces Serbes, de ces Grecs ou de ces Bulgares qui, encore inconnus de l'Occident, préparent les grands mouvements de demain. A Sofia et à Belgrade, j'ai entretenu ces inêuics di'qiutés, ces

nir'incs miiiislri's. ces m iiirs sdiiM'raiiis (|ii!. sciiliinl ra[)|iniclii' ilr lu ci-isc, (•(iiii|i()-^('iil (Irjà Icuf alliliidc lii>l(irii|ii('. Ainsi peu à |piu. les alfiiircs uiacedoiiiciiiirs oui |i('i'ilu [iroj^rcssivoniont pour moi Iciii' coiiiiilcxili' prciniri'c, les passions opposé l 'S oui a|i|iaiii cl les inlnrls divers se sont iK'Uriiiciil iiiaiiiri'slrs. Ce son! les rrsiillals de ci' Icnl lia\ail d riahoralioii (|ue j'oflVe uiix lecteurs à l'iuslaut où ils sont le |ilus utili's. ils leur serviront pout-rdreà se reoonnaitre <lans lu Irauie eoniplicjurc t]r<~ niulli|ilcs incidents l)alkani([ues. qu e\pli(|uent bien insut'lisaMiini'nt les di'prches des journaux.

La bricveté matérielle de l'élude consacrée dans ce livre à la Macédoine ne doit pas surprendre. Je ne me suis pas projiosé en efî'el de donner un tableau complet et détaillé des éléments si divers de la question italkanique, car plusieurs publications déjà laites en France tournissent à cet égard des rensiMgnemenls abondants (1).

J'ai voulu au contraire montrer dans un texte aussi condensé que possible ce qui est aujourd'hui et ce qui peut être demain en Macédoine.

(1) l'arrxoniple : La Macnloine par Viclor Bek.uj., Colin. Pat is. i'Mii; La Question d'Orient depuis le Iraiti' de Diitin. par .Max Choublier. Rousseau, Paris. 1899.

C.tilc mrlliodç [irrst'iili' deux aNiiiiluf^cs : elle ma [iiini ili'xoii' l'acililci- 1 assiiiiilalion il un siiji'l i|iii i;i'iicral('iiii'nl ri'hiilr li's ( IcciilciilaiiN pai' .su coiniilcxile inOnie, el surtoiil cllft mv pt:rmet cl allribucr la place qui lui ronvionl à nu rlrnient nouveau delà question d'itiicid li('auc()U[i moins connu que la question maerdonii'iiuc, cl cciifudant iniiniment plus importai! I.

Ce qui modifie l'érolnlion de la (jnesliaii d'Orieiil, re qui bouleverse roniplèleiiieiil les données du pvoidème et par eoiiséijuent sa solnlimi jiossihle. r'esi hi position non relie prise par l'Allentaiine dans l' Empire olluman.

Dans son discours au Ueiclisiai; i\i[ l!> mars 190;i, M. de Bulowa drclarr : « LAIicmai;ne ne pratique pas en (Jrieiil une p(ilili(|ui' acli\i'. » Ce sont là paroles de diplomate. Kllcs ne correspondent que de fort loin à la réalité. Aucune diplomatie n est plus active dans le Levant, que la diplomatie allemande. Le résultai de ses efforts est très net.

Hier, l'influence de ICmperiMir allcmaml à Constantinople n'était rien, anjourd liui elle est tout: silencieusement ou avec celai, dii' jonc un rôle prcjiondérant dans tout i-r (|iii se l'ait en Tunpiie.

Une entreprise naissante, celle du chemin de

VI l'UKFAC.K

for de Hagdad, sviiilinlisc cille iiilliiciuc ri |i('inict d rii aji]iri''('i('r I ilcndiic.

(1 csl donc Mil- II' rliciiiiii i li ■ IVr dr Ba;;ilail. plus encore' (|uo sur les aO'aircs niacrdoiiicmics. (|ii(' je lue proftosi' de coriccntiorralli'iiliuii. I.i's deux t'tudesso coiii|d('lciil d ailleurs mil liii'lli'iiicnl. et ce que lecteur couslatera eu 'l'uiquie d Asie lui porineltra de mieux saisir ce qui se passe au sud des Balkaus.

(lonsidéfée eu elle-même, i'all'aire de Bagdad offre un inlérèl capital. Elle prrsenle les aspects les plus variés: œuvre teclini(pie. il faut en connaître les conditions de réalisation matérielle: opération tinaiicière, on doit sup[)uter les millions qu elle mettra en mouvement et le pour cent d intérêts qu'elle donnera aux capitaux engagés: destinée à féconder d'énormes étendues de terres endormies depuis lantiipii té. il convient d'entrevoir ses conséquences économiques: accomplie dans le but avoué d'accroître les forces militaires de la Turquie, il y a un intérêt de premier ordre à bien savoir les cliaugements qui en résulteront dans le rapport des forces armées et par conséquent dans les groupements politiques.

Ces multiples aspects du chemin de fer de

Baj;(la(l fciiil de celle ('iiln'|iris(' le t\jie |iiirfiiit (le la grande atlaiie iiioudiale à ! e|i()(|iie coiileiii|Mii-aiiie.

A démêler la \erile sur les éludes des ingénieurs, sur les rivalilésdes diplomates, sur les cunibinaisons des financiers, sur les calculs des niililaires, le chercheur consciencieux éprouve un peu de ce plaisir âpre r\ t'nri ipie de\ail ressentir jadis le trappeui' iln luiuvean monde s'avançant seul dans l'iiieduiiu du Finirrsi américain.

Tout luimuie capable de s intéresser aux grands efforts des [leuplcs groupés en nations énormes ou sini[)lement vivantes se passionnerait pour une telle étude, que pimente l'attrait de difficultés multiples. Ce fut mon cas. mais ce travail, je 1 ai fail avec une particulière ardeur, car. pipur des raisons (pii n'apparaissent nettement (pi à la lin de 1 ouvrage, il était nécessaire, selon moi. ipi un Français indépendant, ne voyant ahsolumenl (pu' 1 inléi'(M général de son pays, exprimât uneopim'ou documentée sur celte considérable entreprise.

I*ar son importance propi'c. par les cons(''quences universelles qu'entraînera inéluctal)lement son exécution, le chemin de fer de Bagdad comporte pour ceux (pii auroni rendu sa réali-

sjilidii |)().s,si)jl(' de lourdes rL'S[ioiisal)ilil('s. Le lalilcaii (les Iciitativcs qui oui déjà (Hr l'aili's |h'iiui'lli-a de cousIaliM-. laiilid des cxcuiiilrs d'une eiierii'ie pleine dCs|u-il de >uile el lanhil i\r>. abseuees de diseeriieuienl nelasles. I,e> uns el les aulresdni\en| ("'Ire signalés sau.sréliceiiees. Il esl eneiu'e juissilde d afîii" jinui' donnei' à I eulie- [iiise du cliiMuin de l'er di' Hai^dad le caraelère que l'inlérèl de la France el celui de IKm-ope, une fois de plus confondus, comniandenl de lui ini[)OS('i'. L avenir jieul eiicoi-e rdi'e saineiividé . niais il n'y a |dus de lenqis à perdre.

Avanl de terminer celle préface, je tiens à exprimer le vœu de ne pas voir les « purs coloniaux fran(;ais » porter sur 1 esprit de ce livre un jugement trop liàtif.

Ceux qui s'occupent en France de l'expansion outre nu'r ont rendu le très grand service — parmi beaucoup d autres — d'intéresser les premiers l'opinion publique française aux choses de l'au-delà des frontières; mais parmi ces coloniaux parfois il esl de fort exclusifs (pii opposent constamment, comme deux conceptions adverses, la politiijue coloniale à la politi(iue continentale.

Pour(iuoi?

l'IUM'ACK IX

^ a-l-il ciilrc CCS (lcii\ InniicNdacliv ilc iialioluilc une iiilraiicliissahli' cloixin riaiiclic.'

En |ii'i''0(misaiil lune l'sl-im lurtM'' d'ahaiitldiiiiiT I aiilri'.' h'uul-il se CdiidailiiiiM' à rciiiicr 1 d'il (lidil (Ml Id'il f;iuicli('? .Ne [XMil-dii imiiil les a\nir Ions les deux r'i;al('iii('iil (iuvitIs'

.le suis |iiuirnui part cunvaiiu'ii que ci'llc distiiii-liiMi li'iiaco. systématique ot absotiu' entre une [Kililiquc coloniale el une politique contineniale doit être fertile en eousi''(|uences nél'asles eoiinne toute idée non l'onfonne au\ nécessités réelles.

Quand on vient dire « la |i(ililiiiue eontinenlale a détruit 1 empire colonial de la Fraiiie ». il tant s'entendre. La France. à lasuite de luitailles jierdnes sur le conlinenl. a dû céder son ancien empire colonial. Mais ce résultat prou\e-t-il l'antinomie entre la politique continentale et la pcdilique coloniale? Tout au contraire: le fait historique en montre le lien, il établit précisément qu'une France vaincue ou même gravement ad'aiblie en Europe penl nécessairement ses territoires doutre-nier.

(Jue coiiqu'cnd on d ailleurs [lar poliii(|ue continentale? Si c'est la poursuite d'un plan politiipie consistant à annexer la [)artie franc-aise de la Belgitpieel de la Suisse, je suis complèleinent

X l'ItKl'ACE

il ii\ i> (luiiiii' li'llc (irii'iiliiliiiii ili' ihitri' aclii)ii cxli'i-iruM' sriail ilcli'slalilc. (In parle IVaiirai.s à (iciirxci't à ItiiiM'Ilcs. maison nmisx aiiiii' mé- (liucreiiu'nl. I'>i'l^i'> ci Suisses \eiilenl n'slei' tels: l•es|(e(•|l>^■^ leiii- liborlé. D ailleurs aiirinii>luius intérêt à deliuire ces Elals-lani[ions? .le m' lé crois aucunenu'ut.

.Maiutonaut par j)olili(|ue colouiale iireeotiiset-(iii une acquisition /«(/c/m/cdetcrrildires ildu IremiT? Alors je proteste aver énergie.

.M. l'auliat. qui est un idlduial. lui au>-.i. luais un colonial [)rali([ue, a établi dans un ra[>porl au Sénat en 1901, qu en 1897 iioscoloitirs iruircs. l'Alfjérie et la Tiiiii)iie i.rrciilées, ne amtenannil ijue 4.327 colons. En reivnclie, il est crai, elles fcfisaieni vicre 10.097 fonctionnaires, soit un peu plus d'un fonrlionnairc par ileini-rolon.

Ces chiffres me dispensent d'en citer d'aulre>.

Chacun sait que nous avons d'ores et déjà un territoire colonial énorme, susceptible d'absorber l'activité de plusieurs générations. Sachons donc comprendre i|ue si parfois il faut acquérir pour conserver, que si quelques soudures partielles sont encore souhaitables, la période des grandes acqui.silions est à peu près close et que celle de la mise en râleur commence. Accroître sans mesure nos terrilt)ires d'outre-mer.

oo ne siMiiil |ias m mis n'nlnifrr ; cr scriiil . (•(iiiuiic on l'a (lil ti-r's insiciiiciil. au.^iiiciilcr la siiriacc (I r\a|i(iraliiiii de ikis riirci's \i\cs.

A louU's les é|iu(nu'.s un pareil r|iai'|iill('iii('nl (les ('IrniLMils (le imissanci' serai! déleslalile: ne serait-il pas insensé an nnuiienl où en iMirope les compliealions les pkis reilontables nn'nacenl de se proiluire à bref délai?

La iiijssililliir d nne in|dni-e d e(|iiilibre en Eiii'()|ie eentrali' au piolit de lAUeinagne est mainlenani une vérité admise; cependant nous voyons des Kraii(;ais dominés parla passion coloniale au point île ne pas vouloir en tenir compte.

11 y a peu de semaines on pouvait lire dans un P'and journal parisien que, « sous quelque angle (pion envisage les choses, il apparaît clairement ([ue dans l'atraire autri(diienne la France n'a pas d'intéréis direcis et \itau\ ( 1 1 ».

Pourquoi d ailleurs ferait-on obstacle aux [)rojets d'expansion des llobenzollern vers le sud? « Pour em[»ècberl Allemagne d arri\eràTriesle.

(1) Le Fiijaro. 14 janvier 1903, sous la signature de M. de Coubeitin. .Je cite ici M. de Coubeitia, non point du tout avec l'intontion Ac. li- prendre personnellement à partie, mais parce que les lùrmiiles eniployéus [lar lui présenleiit le réel mérite d"élre beaucoup plus nettes, beaucoup plus expressives que celles de ceux qui dau> le moufle culonial frauçai.s partagent les mêmes idées.

Mais (iiTrlIc \ arriM' iloiic: la iiccsciici' ilc ses iia\ iri's dans la AlcililciTaiirc \ r(''lal)lira un ('(luilil>ii' Idiijdiirs |iriM à se i-(ini|irr en l'aM'iii- drs llolli's aiij^laiscs. l'A ce sera, di' [ilns. la scciifili'- |K)iir la Ilidlandi' (d la Hrlui(|ui'. srcurilr (jui hdiis ini|Mii'li' Irrs luri. à nous anlrcs {''ram-ais. Car cnliii. i AlliMiiagiii' est l)caiu'(ui[( l,ro[) riclie (d lii'aii((iii|i li(i[i ])(ni|il('H' p(iiii"vi\r(> ainsi sans (IrlKiiichi'S inarilinirs id si (dli' ne parxicnl [las à s oii\ fiid Atlriali(|in'. il l'andia lMi'n(|ii idli's'(in\riî la.Manidn- d,. »

Je ferai observer t|uc si I .\lleiuaj;ne peut jamais s éleiulre lihi'eineni jus(|u'à rA(lriali(|ue, |H)nr(|ii(ii donc s'int('rilii'ait-(dle ensuite d occu[ier les ri(dies ports de la Hollande et des Flandres, ipi'elh^ convoite? Avant si l'acilement gagne la partie de Trieste. (die aurait vraiment bien tort de ne puinl jouer celle de Uolterdam et d'Anvers.

Le collaborateur du Flfiuro n'en conclut pas moins : « Ce n'est pas sur le Rbin, c'est sur le Niger et sur li- .Mrkong que résident désormais la grandeur à venir de la France et les secrets de sa puissance (2). »

\()i\i\ (lui dénote, certes, un beau Z('de colonial,

(1) ;.<■ Fiijuiu. 14 iaiivior 1903.

(2) Id.

l'inOKACK XIII

mais je ni' puis m i'iii|ir'clicr de s(iiif;i'r qu a|)i'ès loiil les colonies soni scnliMucnl les accessoires dune niilro|ioli' cl i|ii('. si l'AlliTuagne s'éleiid nn jour jusqu'à Triesle, il en résuUeia pour la I''rauce des conséquences valant bien qu'on s'y intéresse au moins aiilani (pian sorl du .\ii;i'r cl du Mékong.

Le jour où les Pangermanistesauraienl réalisé leur rêve. l'Allemagne abriterait '.i2 millions d'baliitants de plus que la France; l'armée allemande conqderait :

l.:5()().()00 fusils, 7"2.8()0 sabres.

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